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Corruption, fric et fraudes : scènes ordinaires de la vie politique au Monténégro indépendant

La première impression des étrangers qui arrivent à Podgorica est celle de croissance économique. De nouveaux immeubles luxueux en construction, des rues en chantier, des routes en reconstruction, des places publiques réaménagées… Les derniers modèles des marques automobiles sont garés sur les trottoirs. Un habitant sur deux de la capitale monténégrine en possède une, ce qui représente plus de 100 000 voitures au total à Podgorica. Le nombre de familles qui possèdent plus d’une voiture augmente rapidement. On achète des voitures d’occasion, mais aussi les modèles les plus chers. Les vendeurs des voitures d’occasion à la périphérie de Podgorica et ceux de la route Podgorica - Cetinje - Budva offrent tout ce que l’on peut imaginer en industrie automobile. Les Monténégrins sont des passionnés d’automobiles, mais aussi de conduite. En dépit du nombre impressionnant de voitures, qui provoque des embouteillages fréquents en ville, Podgorica possède treize compagnies de taxi. Il semble que ce nombre de taxis par rapport au nombre d’habitants soit unique au monde.

Deux avions, s’il vous plaît !

Il ne serait pas étonnant de voir se créer des associations privées de transport aérien. En effet, il est possible d’obtenir gratuitement des avions de combat sur trois ans. Deux avions, même. C’est ce qui est récemment arrivé à « Nasa krila », le club aérien privé de Podgorica. Milo Djukanovic ancien Premier ministre et ministre de la Défense, lui a accordé l’utilisation triennale gratuite de deux avions de combat type « supergaleb ». Le fait que le club en question ait été fondé par ses amis (son ancien garde du corps et plusieurs agents de police) est bien sûr une pure coïncidence.

Les partis d’opposition ont dénoncé ce cadeau surprenant, et ont posé des questions ennuyeuses sur les lois qui permettent au ministre de la Défense de donner du matériel militaire en cadeau. Le successeur de Milo Djukanovic, Boro Vucinic, a justifié ce cadeau par le fait que ces avions n’étaient plus utilisables par l’armée et que le don avait permis à l’État de « décharger le budget militaire, et de contribuer en même temps à l’affirmation du sport au Monténégro ».

Les députés de l’opposition ont vraiment titillé les partis au pouvoir : ils ont voulu savoir l’origine des moyens financiers qui permettent à d’anciens policiers - les fondateurs du club aérien, d’entretenir et de réparer ces avions. Ranko Kadic, président du parti démocrate serbe a même osé demander : « Cela nous ferait très plaisir, à nous, de faire de la plongée et de la conduite. Pouvez-vous nous offrir un sous-marin et un char de combat ? »

On accuse le gouvernement de dissiper la fortune de l’État, mais en réalité, le gouvernement se comporte en bon maître de maison. L’exemple le plus récent est celui de la privatisation de l’Institut technique marin « Sava Kovacevic » de Tivat, vendu au milliardaire canadien Peter Monk. Le gouvernement affirme que c’est une des affaires les plus réussies dans la récente histoire du Monténégro.

En plus d’environ 280 000 m2 de terrains équipés d’une infrastructure excellente et situés sur la plus belle partie de la baie de Tivat, en complément de 90 000 m2 de bâtiments, l’homme d’affaire canadien a obtenu un équipement technique d’une valeur de 5 476 975 euros, pour un prix total de 3,26 millions d’euros, indique le journal Vijesti de Podgorica. Le syndicat de l’Institut a demandé au gouvernement de ne pas accepter une offre inférieure à 80 millions d’euros, et cette demande a été unanimement soutenue par l’assemblée municipale de Tivat. Cependant, le gouvernement a décidé de céder le terrain, lesbâtiments et des équipements d’une valeur de 5,5 millions euros à M.Monk pour la somme totale de 3,26 millions d’euros. De plus, le milliardaire canadien a obtenu une concession de 30 ans renouvelable deux fois sur les terrains appartenant à l’Institut, bien que cette décision soit illégale car le complexe en question est située sur une zone côtière.

Qui pourrait dire que le Monténégro n’est pas riche ?

Ce sont toujours les étrangers qui se croient beaucoup plus avancés dans tous les domaines que les habitants des Balkans. Un récent sondage du Programme de développement de l’ONU (UNDP) a démontré qu’environ 70 000 habitants du Monténégro étaient pauvres. 12% des citoyens vivent sous le seuil de pauvreté, au fond de la misère. Les experts étrangers n’ont pas réussi non plus à calculer le nombre de riches, mais ils affirment que la différence entre les pauvres et les riches au Monténégro est aujourd’hui la plus impressionnante de la région. Les riches dépensent sept fois plus que les pauvres. Il y a une chose qui n’a pas été démontrée par le sondage mais qui est évidente : les pauvres ont honte de leur pauvreté tandis que les riches n’ont pas honte de leur fortune, même si elle est acquise en peu de temps et de façon plus que douteuse.

Les statistiques nationales présentent une situation sociale idéalisée : le salaire moyen en novembre serait de 250,34 euros, et le panier du consommateur contenant les produits alimentaires et les boissons pour une famille avec deux enfants serait de 273,01 euros.

Les enseignants et les médecins ont les salaires les plus bas. C’est pourquoi le Syndicat des enseignants a longtemps lutté contre le gouvernement, mais aussi contre la Confédération des syndicats, pour augmenter le salaire minimum. De nombreux économistes proposent d’abolir les prix fixés au niveau national et de laisser le marché se réguler. Le gouvernement a proposé en novembre une augmentation du salaire minimum de deux euros. Le syndicat des enseignants a organisé des protestations devant le Parlement. En même temps, les enseignants se sont faits accuser par la Confédération des syndicats de vouloir compromettre sa réputation de protecteur des droits des travailleurs.

Le niveau de salaires des enseignants est un exemple de ce souci constant des syndicats et de l’État de veiller aux droits des travailleurs. Les indemnités pour les transports et les repas sont toujours en retard et certains enseignants attendant deux ans pour obtenir l’assistance financière obligatoire en cas de décès d’un membre de leur famille …

Ces derniers jours, les partis d’opposition et ceux au pouvoir ont débattu sur une proposition de budget. Devinez qui l’a emporté ! Le budget total pour 2007 sera de 616,86 millions d’euros. La recherche scientifique se verra décerner 0,5% du budget, tandis que l’armée et la police, considérés comme des appareils de répression dans d’autres pays, obtiendront la modeste enveloppe de 110 millions d’euros.

Les critiques de l’opposition n’ont pas fait renoncer le gouvernement à l’idée de se construire un nouveau bâtiment au centre de Podgorica, financé par les impôts des citoyens. Il coûtera un peu plus de six millions d’euros. En effet, le gouvernement est actuellement locataire, puisque son bâtiment est par magie devenu la propriété du Parti démocrate des socialistes (DPS).

Le Monténégro entame son huitième mois d’indépendance, mais de nombreux indépendantistes sont plus préoccupés par leur propre enrichissement et la construction de villas, que par la construction d’un État de droit. Les médias monténégrins ont publié les noms des personnalités qui construisent des maisons de manière illégale : Mladen Vukcevic, président de la Cour suprême du Monténégro, Miomir Mugosa, maire de Podgorica, Rajko Kuljaca, maire de Budva.

Les hommes politiques n’aiment pas exposer leurs richesses en public, même s’ils y sont obligés par la loi. La Commission de contrôle des conflits d’intérêts a décidé d’entamer des procédures contre 38 députés nationaux et élus des assemblées locales pour avoir caché leurs revenus et leurs propriétés, dont le vice-ministre du travail, le maire-adjoint de Podgorica, le directeur exécutif de l’Agence de construction de Podgorica…

Ces personnes appartiennent probablement à la même catégorie sociale que ces gens qui ont réservé toutes les chambres d’hôtel à Zabljak en janvier, qui ont payé si cher pour passer les fêtes de fin d’année sur la côte ou à étranger, et dont les enfants font leurs études dans le monde entier…

Le Courrier des Balkans, 10 janvier 2007 

janvier 10, 2007 - Publié par xxx | 6) Leur société, Monténégro | | Un commentaire

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  1. « Nicolas Sarkozy et le gang du béton armé »

    Nicolas Sarkozy et ses lieutenants ont-ils tiré parti, depuis plus de vingt ans, de leur position d’élus locaux au sein du plus riche département de France, les Hauts-de-Seine ?

    Certains élus des villes de ce département se sont lancés dans une course effrénée aux opérations immobilières, ce qui a fait des Hauts-de-Seine un des départements les plus courtisés par les géants du BTP français. Des opérations, à des coûts exorbitants, où les promoteurs ont obtenu des conditions financières très avantageuses, au détriment des contribuables.

    En parallèle, on a constaté que ces mêmes élus ont pu se payer, après quelques années de mandat, des appartements ou des résidences luxueuses. Se pose alors la question suivante : y a t-il derrière ces opérations immobilières une volonté de s’enrichir par un détournement d’argent public ? Pour s’en faire une idée, intéressons-nous aux pratiques de Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly et de ses proches élus locaux du 92.

    Des projets qui coûtent souvent beaucoup plus chers que prévu

    · Nicolas Sarkozy : la piscine municipale de Neuilly-sur-Seine

    La construction du nouveau centre aquatique a été le dernier grand chantier lancé par Nicolas Sarkozy en tant que maire de Neuilly sur Seine. Or, la Chambre Régionale des Comptes dans son rapport sur la gestion de la ville entre 1999 et 2003 vient justement d’épingler la ville pour une mauvaise gestion de ce projet : un coût de 28 millions d’Euros au lieu des 14 millions d’Euros initialement prévus. De plus, le conseil municipal n’a pas été informé de l’évolution de ce projet et a été mis devant le fait accompli du doublement de son coût. (1)

    · Manuel Aeshliemann : 816 000 € versés par les Asnierois pour un parking qui n’a jamais vu le jour

    Manuel Aeschlimann, député-maire d’Asnières-sur-Seine et conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’opinion publique, avant même le début des travaux, engloutit 816 000 Euros en versant une indemnité à l’entreprise qui avait été sélectionnée, Omniparc, pour le marché public du parking de l’Hôtel de ville. Le tribunal administratif avait en effet annulé le marché parce que la mairie n’avait pas respecté les règles de libre concurrence en favorisant Omniparc. Or, le maire, ignorant la demande d’annulation du préfet, avait décidé de poursuivre les travaux, qui ont été définitivement suspendus après l’annulation du marché par le tribunal administratif. A la suite de cette décision, Omniparc réclame donc à la ville une indemnité de 816 000 Euros pour compenser les travaux d’études réalisés entre temps. L’opposition locale s’indigne du montant exorbitant de cette indemnité. Elle n’a jamais eu de réponse de la part de la majorité quant à la justification de ce montant. (2)

    Collusion avec les promoteurs, passe droit et contrat de complaisance

    · Nicolas Sarkozy : à la limite de l’abus de biens sociaux

    En avril 1997, Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly sur Seine, concède un rabais au promoteur Lassere sur l’achat des terrains municipaux lui permettant d’économiser 775 000 Euros sur les droits à construire. Deux mois après avoir accordé ce cadeau, Nicolas Sarkozy signait avec le même promoteur un contrat de réservation pour son duplex de 233 m2, 300 000 Euros en dessous du prix de marché. (3)

    Au-delà même des problématiques financières se pose une question déontologique : comment Nicolas Sarkozy peut-il se permettre d’acheter un bien privé à un promoteur, à qui il a attribué, en tant que maire, de nombreux marchés publics portant sur des opérations immobilières.

    · Patrick Devedjian : détournement de biens publics ?

    Patrick Devedjian est le vice-Président du Conseil Général du 92 et le conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Du temps où il était maire d’Antony (1983-2002), il lance la ville dans des projets ambitieux, dont deux ZAC, l’une sur l’ancienne gare de marchandises d’Antony, l’autre autour de La Croix-de-Berny. Des opérations immobilières complexes, qui malgré des dizaines de millions d’Euros investis par le contribuable, ne voient jamais le jour. La chambre régionale des comptes rapporte des erreurs de gestion commise par la ville aboutissant à des plus-values foncières qui ont davantage bénéficié aux promoteurs qu’à la ville et de nombreuses irrégularités au regard de la loi (4).

    Il se trouve qu’à la même époque, Patrick Devedjian, qui a longtemps loué un petit pavillon, devient propriétaire d’une élégante villa de 1500 m2 au bord du dernier espace vert d’Anthony, alors que la ville croule sous le poids d’une dette de 77 Millions d’Euros, atteignant cette année-là le seuil d’alerte de remboursement (5).

    · Patrick Balkany : même combat ?

    Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois-Perret et proche ami de Nicolas Sarkozy s’est également lancé, dès les années 80, dans de très vastes opérations immobilières réalisées sur le front de Seine, entre Neuilly sur Seine et la Défense. Il profite ainsi du boom immobilier qui se profile et va faire, durant quelque temps, la fortune des promoteurs et des grandes entreprises de BTP.

    En 1988, Patrick Balkany achète au promoteur immobilier COGEDIM, un appartement de 512 m² sur 2 niveaux pour… seulement 7 Millions de Francs (plus d’un million d’Euros) ! D’autre part, la COGEDIM a obtenu de la SEMARELP, une société d’économie mixte présidée par… Patrick Balkany, de nombreux droits à construire en bords de Seine. (6) Quand à la ville de Levallois, elle est classée depuis parmi les villes les plus endettées de la France. Sa dette atteint aujourd’hui 250 millions d’Euros, soit plus de 4 000 Euros par habitant.

    Conclusion

    Curieusement, des élus locaux du 92, initialement sans ressources particulières, se retrouvent en possession d’appartements ou de résidences luxueuses, quelques années après le début de leur premier mandat. Ces élus sont les mêmes qui ont réalisé d’importantes opérations immobilières au sein de leur ville. Ces opérations ont souvent été effectuées sans concertation ni avec les élus de l’opposition, ni avec les administrés, et ont aboutit à l’alourdissement de la dette, dont le remboursement s’étale désormais dans certaines communes sur plus de trente ans.

    Est-il normal qu’un élu puisse impunément s’enrichir en profitant de sa position, au détriment des contribuables ?

    Est-il normal que ce soit au contribuable de devoir assumer indirectement l’enrichissement de ses propres élus ?

    Si Ségolène Royal et François Bayrou ont accepté de signer la charte Anticor, qui définit treize propositions pour une gouvernance plus éthique (7), Nicolas Sarkozy a lui refusé. Aurait-il quelque chose à se reprocher ?

    Le choix politique de l’élection du 6 mai 2007, n’est donc rien moins que cela : pour l’extension de ce système de combines entre le pouvoir politique et financier, généralisé au niveau national ou contre ?

    liste des références (1) Le rapport de la chambre régional des comptes au conseil municipal de Neuilly-Sur-Seine

    (2) Le Parisien, 14 septembre 2004, Marisa Faion, « Parking du centre : 816 000 € pour une construction fantôme »

    (3) Lefigaro.fr, 27 février 2007, « Le Canard Enchaîné attaque Nicolas Sarkozy sur son appartement »

    (4) Chambre régionale des comptes d’Iles de France, 11 Octobre 2005

    (5) “Nicolas Sarkozy, Enquête sur un homme de pouvoir”, Frédéric Charpier, Presse de la Cité

    (6) Le Canard Enchaîné, novembre 1990 : « Un lieutenant de Pasqua s’offre un palace à prix d’amis”

    (7) anticor.org, h

    Commentaire par Duhen Jean Charles | mai 1, 2007

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