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La tuberculose s’étend en Macédoine

Depuis dix ans, la Macédoine assiste à un retour en force de la tuberculose. Cause principale : le niveau de vie peu élevé du pays depuis le début de la transition économique. Le milieu médical dénonce également un manque patent de prévention.

Parmi les pays européens en voie de développement, la Macédoine est numéro un… en ce qui concerne le nombre de malades de la tuberculose. Une situation qui dure depuis dix ans. Cette maladie dangereuse et contagieuse est réapparue. Les recherches indiquent que l’une des raisons principales de son retour est le niveau de vie peu élevé.

L’Institut des maladies pulmonaires de Skopje mentionne la tuberculose dans le groupe des maladies liées à la pauvreté, aux côtés de la jaunisse et de la gale. Le risque est grand que la transition économique et que la baisse du niveau de vie nous maintienne encore longtemps en tête du classement.

Les catégories de la population les plus sensibles à la tuberculose sont les couches sociales les moins favorisées et les intellectuels. Mais, avec la chute rapide du niveau de vie, on observe depuis plusieurs années une pénétration de la tuberculose dans la classe moyenne de la population.

Entre sept cents et mille personnes contractent la tuberculose chaque année en Macédoine. L’an dernier, l’Institut d’épidémiologie et l’Institut des maladies pulmonaires ont enregistré 658 nouveaux malades de la tuberculose. Cela représente un taux de contamination de 32 personnes pour 100.000 habitants. Selon Stefan Talevski, le directeur de l’Institut des maladies pulmonaires de Skopje, l’objectif actuel de la prévention et du traitement est d’atteindre un taux maximum de contamination de 25 à 27 personnes pour 100.000 habitants par an. Chez nos voisins, cet objectif est de 10 personnes pour 100.000 habitants par an…

En Macédoine, la tendance actuelle de la propagation de la tuberculose reste croissante. Nous ne sommes pas le seul pays au monde cette situation. Au cours des dix dernières années, la tuberculose s’est élevée au rang de problème mondial. Dans les pays développés, plusieurs raisons ont concouru à cela : le nombre croissant des malades du sida, les grandes migrations de population, la croissance du nombre de toxicomanes…

En Macédoine, les raisons principales sont la pauvreté, la faim, le manque de logement et le refus d’une thérapie convenable par manque de sensibilisation. Le pays compte quatre régions endémiques : Skopje, Kumanovo, Tetovo et Gostivar. Dans l’Est du pays, la situation est bien meilleure. A Bitola et Gevgelija, la maladie est presque absente.

Le secteur non gouvernemental est très actif dans la prévention sur le Sida et les questions relatives à la drogue. La sensibilisation s’exerce par différentes formes : dépliants, séminaires, actions médiatiques. Pendant ce temps, la lutte contre la tuberculose a reculé au même niveau qu’il y a cent ans.

Pour Stefan Talevski, il ne suffit pas d’organiser chaque année une ou deux journées d’action complètement stéréotypées. Il faut lancer une campagne forte et transparente afin de sensibiliser l’ensemble de la population au problème de la tuberculose. Il faut expliquer les soins, mettre en avant le nombre de patients guéris. Il faut expliquer que les médicaments et les soins sont gratuits, et montrer le danger dans lequel le malade place sa famille et ses proches s’il refuse de se soigner.

Extrait du “Courrier des Balkans“, 18 janvier 2007

janvier 18, 2007 - Publié par xxx | 6) Leur société, Macédoine | | Pas de commentaire

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