La droite échoue à durcir encore la législation anti-avortement

La droite conservatrice au pouvoir en Pologne a échoué vendredi à durcir encore la législation anti-avortement (voir l’article du 4 avril), qui est déjà l’une des plus restrictives d’Europe, en ne réunissant pas la majorité qualifiée nécessaire pour amender la Constitution.
Peu après le vote, le président de la Diète (chambre basse) Marek Jurek, membre du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) et l’un des promoteurs des amendements à la Constitution, a annoncé sa démission.
Les députés ont successivement rejeté cinq amendements, proposés par l’extrême droite catholique de la Ligue des familles polonaises (LPR), le président conservateur Lech Kaczynski ou encore un député de son parti.
Trois des amendements ont obtenu une majorité simple mais une majorité des deux tiers des votants est requise pour modifier la loi fondamentale.
Le dernier amendement qui visait à instituer “la dignité de l’homme dès la conception” a recueilli, grâce à sa formulation plus vague, le plus grand nombre de voix, 269, alors que 296 suffrages étaient nécessaires lors de ce vote. La gauche sociale-démocrate et la majorité des députés de la droite libérale, également dans l’opposition, ont voté contre les amendements.
Les organisations féministes craignaient que l’un ou l’autre de ces amendements n’ouvre la voie à une interdiction absolue de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). L’avortement n’est actuellement autorisé que pour les cas de viol, d’inceste et de danger pour la vie ou la santé de la mère, de même qu’en cas de malformation irréversible du foetus.
La Pologne, l’Irlande et Malte sont les seuls pays de l’UE où l’avortement est soumis à des conditions aussi strictes. Le Portugal vient de libéraliser sa législation.
L’initiative d’amender la constitution a été lancée par la LPR, avec le soutien de la frange la plus conservatrice de l’Eglise catholique de Pologne, incarnée par la station fondamentaliste Radio Maryja.
D’abord hésitant, l’épiscopat polonais a fini par accorder son soutien au projet.
Opposés à une interdiction absolue de l’IVG, le président Lech Kaczynski et son frère jumeau Jaroslaw, le Premier ministre, ont été contraints de suivre le mouvement.
Pour reprendre l’initiative, ils ont proposé leurs propres amendements, affirmant vouloir empêcher une éventuelle libéralisation de l’avortement lors d’un retour de la gauche au pouvoir.
Alors que l’extrême-droite souhaitait inscrire dans la loi fondamentale “la protection de la vie humaine dès la conception et jusqu’à la mort naturelle”, les frères Kaczynski ont proposé une interdiction de réduire à l’avenir “le degré actuel de protection de la vie”, assortie d’une “protection légale” du foetus et d’une “aide de l’Etat” aux femmes enceintes.
Le débat a déchaîné les passions en Pologne. Plusieurs milliers de “défenseurs de la vie” ont manifesté fin mars à Varsovie à l’appel de Radio Maryja.
En sens inverse, les organisations féministes et la gauche ont organisé plusieurs manifestations en faveur des “droits de la femme”.
Le débat a divisé la classe politique, jusqu’au sein du parti conservateur PiS des frères Kaczynski.
Largement autorisée avant, l’IVG a été très strictement limitée par une loi votée en 1993, après la chute de la dictature.
Il est cependant assez facile d’avorter illégalement. Les journaux publient quotidiennement des annonces transparentes vantant “des services gynécologiques complets“. Selon les organisations féministes, jusqu’à 200.000 avortements clandestins seraient pratiqués chaque année en Pologne.
AFP, 14 avril 2007
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la Pologne devient helas l’etat fasciste europeen par excellence, en preparation une loi anti homo pour exclure tous les “differents” ce pays est a vomir