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La famille de Banaz reconnue coupable du meurtre

Il clamait à la cour qu’il aimait ses filles.

Il disait au jury que bien qu’il soit musulman, ses enfants avaient autant de liberté que ceux des familles britanniques.

Mais la réalité est différente est Mahmod Mahmod est maintenant condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa fille Banaz, assassinée au nom du prétendu « honneur ».

Et peut-être que ce qui touche le plus c’est que la police aurait eu une chance d’éviter le meurtre.

En 2005, Banaz a fuit un mariage arrangé lorsque son mari commençait à la battre. Elle est retournée au domicile familial dans le Sud de Londres, où ce fut difficile pour elle dès le début.

Elle avait 20 ans, mais son père lui imposait des règles strictes en la battant violement.

Sa sœur Bekhal avait déjà quitté la maison et comprend les frustrations de Banaz : « Elle voulait juste sortir de ça. Etre une personne libre. Pouvoir sortir quand elle le voulait. Ne pas être enfermée, ne pas se faire dire ce qu’elle devait faire ».

Lorsque Banaz rencontra et tomba amoureuse de Rahmat Suleimani, son père est devenu furieux. Elle était une Kurde Irakienne et Suleimani un Kurde Iranien.

  


Mahmod rencontra son frère Ari Aga, un homme d’affaire à succès influent dans la communauté kurde.

Selon leur pseudo sens de « l’honneur », ils décidèrent que le jeune couple devait être assassiné.

Lors du réveillon du nouvel an 2005, Banaz a été retrouvée courant pieds nus dans la rue, recouverte de sang et appelant à l’aide.

L’officier de police Angela Cornes fut la première sur les lieux. Mais, lorsque Banaz lui décrivit avec peine comment son père lui avait donné un brandy et essayer de la tuer, la policière ne réagit pas. Ignorant la ligne de la police, la policière Cornes a conclut que Banaz était simplement « calculatrice et mélodramatique ».

La police, clairement, ne l’a pas prise au sérieux. Aussi, avec une remarquable lucidité, alors qu’elle était sur son lit d’hôpital, le petit ami de Banaz utilisa son téléphone portable pour enregistrer une vidéo où Banaz témoigne.

Cette vidéo est apparue comme une preuve cruciale lors du procès pour meurtre.

Banaz apparaît en état de choc et sous l’effet de l’alcool qu’elle fut forcée de boire.

Elle décrit comment elle a tenté de s’enfuir. « Il est venu dans ma chambre. Il portait des gants. L’un était bleu et l’autre blanc. J’étais vraiment terrorisée. Je me suis levée pour quitter la chambre. J’essayais de sortir par la porte de devant, mais il disait «assied-toi, tu es fatiguée », et je l’ai fait. Puis, il alla dans une autre pièce. A ce moment je suis allé vers la porte arrière où était la clef, aussi je l’ai ouverte et j’ai couru. »

C’était un témoignage complet. Mais ce n’était ni la première, ni la dernière fois que Banaz était allée à la police pour demander de l’aide.

Pas plus tard que le 4 décembre, elle avait fait part de sa situation au commissariat de Mitcham, à côté de chez elle.

La dernière fois qu’elle a été vue vivante c’était le 23 janvier à 17 heures 50. Nous pouvons indiquer l’heure avec précision puisque là aussi elle était allée au commissariat de Mitcham pour demander de l’aide.

La police métropolitaine a établi des procédures très précises lorsque des violences au nom de « l’honneur de la famille » sont suspectées.  Les fonctionnaires ont eu des formations qui incluent l’importance de prendre de telles plaintes sérieusement en compte et de s’assurer que la famille ne soit pas au courant de la plainte.

La police de Mitcham semble avoir oublié ces règles.

Une fois, suite à une plainte de Banaz, les fonctionnaires ont téléphoné au domicile de sa famille et ont demandé de lui parler.

Simon Bray, comandant de la police métropolitaine, admet qu’il y a eu des imperfections : « Il y a eu clairement de nombreux contacts avec Banaz. Et certain certains d’entre eux ont été fait d’une façon que nous aurions certainement menés différemment. J’ai supervisé une enquête pour voir où nous aurions pu mieux faire, savoir ce que nous savions à l’époque ».

Mais Diana Nammi, qui dirige la Campagne Internationale Contre les Crimes d’Honneur, est certaine que le meurtre de Banaz aurait pu être évité. « Le cas de Banaz est un des cas où nous devons critiquer la police et leur demander ‘Pourquoi l’avez-vous laissée tomber ? Pourquoi ne se sont-ils pas occupés sérieusement de cette affaire, et d’autres affaires depuis ?’

Après que Banaz Mahmod ait quitté le commissariat de Mitcham le 23 janvier, plus personne ne l’a revue vivante.

Peu après, elle a été étranglée avec un lacet. Son corps a été jeté dans une valise, conduit au nord de Birmingham et profondément enterré dans le jardin d’une maison abandonnée. C’est là que la police a retrouvé le corps trois mois plus tard.

Sont responsables du meurtre : le père, son frère Ari et leur complice Mohamad Hama, qui a avoué sa culpabilité avant le début du procès.

Mais beaucoup pensent que si la police avait suivi ses propres instructions, avait pris Banaz au sérieux, qu’elle ne l’aurait pas considérée comme « mélodramatique », alors Banaz serait encore en vie.

ICAHK, 14 juin 2007
Voir notre campagne : Justice pour Banaz

juin 16, 2007 - Posté par libertefemmespalestine | 2) Féminisme, droits des femmes et luttes anti-sexiste, Grande-Bretagne | | Un commentaire

Un commentaire »

  1. c horrible! la pauvre ,elle etait si jolie, jespere que son pere (si l’on peut appelé ce dechet “un pere”) ne ressortira jamais de prison….

    Comment par isabelle | décembre 12, 2008 | Répondre


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