Les cheminots hongrois en grève
Leur mouvement, le plus important qu’ait connu le pays depuis huit ans, s’oppose à la privatisation de la Sécurité sociale et à la dévalorisation des… retraites.
Les grèves d’hier en Hongrie sont considérées par les médias locaux comme les plus importantes qu’ait connues le pays depuis huit ans. À la tête du mouvement, les cheminots de la compagnie publique MAV protestent contre le projet de privatisation du système hongrois de sécurité sociale, contre le report d’un an de l’âge de départ à la retraite et contre la baisse d’environ 8 % des montants des pensions. Les deux principaux syndicats de cheminots ayant participé à la grève, VDSzSz et le VSz, protestaient également contre la fermeture de 38 voies ferrées secondaires.
Cette journée d’action, baptisée « la Journée de solidarité », a constitué un large succès pour les syndicats. L’arrêt de travail entre 6 heures du matin et midi a été très largement suivi par les cheminots et les principales gares du pays étaient totalement paralysées hier matin. Le mouvement a également été un succès dans l’éducation où plusieurs centaines d’écoles étaient en grève pour une durée d’une à six heures, les professeurs prenant en charge les enfants sans toutefois assurer les cours. Toujours dans les transports, l’aéroport de Budapest a cessé partiellement ses activités à l’aube, entre 2 heures et 4 heures du matin. Dans une moindre mesure, le secteur de l’énergie a aussi suivi le mouvement.
Interdiction de la marche contre la vie chère
Les syndicalistes ont, au cours d’un point de presse tenu au siège de l’Unsas, fustigé l’attitude des autorités administratives « qui ont autorisé et interdit » leur marche. Ils se rencontrent aujourd’hui au siège de la Cnts pour discuter de l’orientation à donner à leur plan d’action.
« Nous venons de vivre une séquence particulière de la vie des organisations syndicales », a dit Mademba Sock, Secrétaire général de l’Unsas. Il faisait face hier aux journalistes accompagnés de certains responsables et leaders syndicaux, qui s’étaient repliés au siège de la centrale syndicale de l’Unsas, à la suite de l’interruption par les autorités de leur marche contre « la vie chère ». Ces responsables syndicaux ont vigoureusement dénoncé le comportement des autorités administratives qui, après avoir autorisé la marche, l’ont interdite au dernier moment. « Comment comprendre que l’autorité en pleine manifestation nous appelle pour nous signifier que la marche est interdite ? », a-t-il demandé, soulignant qu’« on cherche à nous apeurer, mais cela ne passera pas.
Une telle attitude nous ramène aux années 88 et 89 », a encore dit le leader syndical. Les responsables syndicaux ont qualifié de « fallacieux » les motifs avancés par l’autorité administrative pour interdire la marche. « Nous jugeons sur pièce. Il y a de fortes présomptions pour expliquer la coïncidence troublante entre notre marche et les échauffourées de ce matin. Quelque part, il y avait une volonté de réprimer la marche. Alors que le langage qu’il y a entre nous et les autorités administratives, c’est l’arrêté d’autorisation du Préfet », a martelé Mademba Sock. « Mais, nous sommes dans un processus qui ne fait que commencer. Car il n’est pas question pour nous de baisser la garde. Le Préfet aurait dû nous informer vers les coups de douze heures que la marche n’aura plus lieu. Ainsi nous aurions pu prendre des mesures nécessaires », a renchéri Malamine de l’Udts. Pour sa part, Cheikh Diop de la Cnts/Fc a voulu lever toute équivoque sur la connotation de leur marche, en déclarant que leurs préoccupations sont syndicales.
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