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Violence contre les femmes : Coups, brutalité et sévices sexuels

La violence contre les femmes marocaines devient encore plus alarmante, notamment en ce qui concerne la violence conjugale. Arrêt sur ces sévices à l’occasion de la journée internationale du 25 novembre.

« Fatima a reçu un coup de couteau à l’œil dont elle a perdu l’usage. Khadija avait été battue à mort et tout son corps est meurtri de coups, de blessures, de brûlures de cigarette… Roqiya ne pouvait plus se laver et n’avait même pas de quoi se nourrir ou nourrir ses enfants. Aicha n’en pouvait plus d’être forcée de voir des films pornographiques qui, non seulement la dégoûtaient, mais qu’elle était forcée d’imiter au péril de son équilibre mental. Touria encaissait les coups et les chocs électriques à chaque fois qu’elle protestait contre le fait que ses enfants étaient malmenés et guidés à la mendicité par leur père. Samira n’en pouvait plus de voir son mari ramener sous son propre toit maîtresses et prostituées qu’elle était forcée de servir et qu’elle voyait coucher sur son propre lit... »

Ce sont là autant de témoignages qui sont plus révélateurs que de savants sondages, études ou enquêtes. Ils révèlent crûment des formes de violences extrêmes dont sont victimes les femmes au Maroc encore au 21e siècle. Ces témoignages, parmi tant d’autres, ont été rapportés par Jamila Bargach qui les a recueillis auprès de femmes battues au centre d’hébergement des femmes en détresse, Tilila. La militante associative s’exprimait lors d’un colloque international organisé par la Ligue Démocratique pour les Droits des Femmes (LDDF), le 24 novembre dernier à Casablanca.


Chaque année, le 25 novembre est l’occasion pour les défenseurs des droits des femmes du monde entier, de se mobiliser pour dénoncer et combattre les violences à l’encontre des femmes. Mais aussi, et surtout, pour présenter des recommandations et des propositions de lutte contre cette injustice. Laquelle affecte une femme sur trois en moyenne, au moins une fois dans sa vie, selon un rapport du secrétaire général des Nations Unies, publié le 10 octobre 2006.

Et c’est grâce au combat des femmes que diverses mesures ont été prises partout dans le monde : plan d’action national, observatoire national, loi cadre, stratégie nationale, compagne européenne de sensibilisation, compagne internationale…etc.

Au Maroc, une loi cadre contre la violence à l’encontre des femmes a constitué la principale revendication des associations marocaines cette année.

« Au Maroc, ce sont les associations de femmes qui ont soulevé la question de la violence. Elles ont joué un rôle important pour briser bien des tabous et ont établi un plaidoyer pour une stratégie nationale de lutte contre la violence à l’encontre des femmes. Quotidiennement les centres d’écoute, de conseil et de soutien relevant des associations de femmes accueillent des dizaines de femmes victimes de violence et leur apportent aide et soutien », souligne Fouzia Aâssouli, président de la LDDF.

Selon les documents de la LDDF, depuis quelques années, plusieurs mesures ont été prises par certains départements ministériels en partenariat avec les associations : campagne de sensibilisation médiatique chaque année, cellules d’accueil des femmes victimes de violence dans certains tribunaux, plan opérationnel pour la mise en œuvre de la stratégie nationale élaborée par le Secrétariat d’Etat à la famille, observatoire national, mise en place d’un numéro vert national au profit des femmes victimes de violence et création des cellules d’accueil dans certains centres hospitaliers.

Seulement, malgré l’émergence d’une prise de conscience du phénomène de la violence subie par les femmes, les mesures prises restent éparpillées et manquent d’efficacité. Sans parler de l’absence d’enquêtes nationales spécifiques permettant de rendre visible la question de la violence, de mesurer son ampleur et d’évaluer l’efficacité des politiques de lutte mises en place. En clair, l’Etat n’en fait pas assez !

Pour montrer la véritable ampleur du phénomène, la LDDF a établi un rapport en se basant sur les cas de 1218 femmes violentées qui se sont rendues, entre janvier et juin 2007, au « centre d’information et d’observation des femmes » et au réseau des centres d’écoute et d’orientation juridique et psychologique LDDF-Injad.

Selon ce document, les questions de violence contre les femmes représentent plus de 80% des dossiers traités. Dans ce cadre, la violence perpétrée dans le cadre du mariage est la plus dominante (plus de 80 des cas). Suivent les cas de violences commises par le fiancé, le copain et l’ex-mari avec plus de 11%. Les violences commises par des membres de la société représentent près de 4%.

Au-delà des chiffres, dans chaque cas relevé, même le moins dramatique, c’est l’âme d’une femme qui est ensanglantée. Et c’est grave !

Le reporter, 1 décembre 2007

Voir aussi : 74% des femmes mariées victimes de violences  et ensemble pour une loi contre les violences domestiques

décembre 1, 2007 - Posté par xxx | 2) Féminisme, droits des femmes et luttes anti-sexiste, Maroc | | Pas encore de commentaires

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