Centres de rétention : expulsions et mobilisation
Après l’expulsion vendredi d’un des meneurs de la protestation entamé au centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, un autre leader de ce mouvement a été expulsé ce samedi au Kinshasa. Ce Congolais vivait en France depuis 11 ans.
Nouvelle expulsion d’un des leaders du mouvement de protestation lancé au centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne… Benjamin Badikadila a été envoyé vers le Kinshasa. Des militants de Réseau éducation sans frontière (RESF) ont tenté de convaincre les passagers du vol de s’opposer à cette reconduite. Mais “le capitaine du vol a demandé aux gens s’opposant à l’expulsion de descendre eux-mêmes de l’avion“, a expliqué RESF.
Cet homme âgé de 46 ans vivait en France depuis 1996 et travaillait comme “aide-soignant à l’hôpital de Brie-Comte-Robert” d’après Réseau éducation sans frontière. Congolais d’origine, il est père de cinq enfants, dont les deux derniers sont nés en France et y sont scolarisés. Il faisait partie des sans-papiers qui ont lancé un mouvement de protestation contre leurs conditions de rétention.
Vendredi, un autre leader du mouvement, Paul Wem, un Gabonais vivant en France depuis deux ans, a été expulsé pour Libreville.
Dans ce contexte, une manifestation pour demander la régularisation des sans-papiers et la fermeture des centres de rétention s’est déroulée samedi à Paris. 700 personnes, selon la police, et un millier, selon les organisateurs, ont manifesté à l’appel de plusieurs associations, dont le 9e Collectif des sans-papiers et Act-up. Le défilé était rythmé par des slogans comme “non aux expulsions” ou “régularisation de tous les sans-papiers” et on pouvait lire sur les pancartes “non à la politique des quotas“, “non à la chasse aux étrangers” ou “arrêt immédiat de toutes les rafles“.
Europe 1, 5 janvier 2008
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