Karl Liebknecht : “Malgré tout !”
Publié le jour de son assassinat le 15 janvier 1919, “Malgré tout !” est le dernier texte écrit par Karl Liebknecht. Alors que la contre-révolution s’organise, que le prolétariat allemand subit la répression des Noske et autres dirigeants du SPD, ce texte appelle à continuer la lutte, malgré tout, jusqu’à la libération de l’humanité. Spartakus était le nom du groupe des internationalistes (en particulier Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht) qui luttaient contre la guerre. Ce mot signifiait, en Allemagne, révolution.
Assaut général contre Spartakus !
« A bas les spartakistes ! », crie-t-on partout.
« Saisissez-les, fouettez-les, piquez-les, fusillez-les, écrasez-les, mettez-les en pièces ! »
Des abominations sont commises plus cruels que celles des troupes allemandes en Belgique.
« Spartakus battu ! », jubile toute la presse, de la Post au Vorwärts.
« Spartakus battu ! » Et les sabres, les revolvers et les carabines de la police germanique rétablie et le désarmement des ouvriers révolutionnaires scelleront sa défaite.
« Spartakus battu ! » Et sous la protection des baïonnettes du colonel Reinhardt, des mitrailleuses et des canons du général Lüttwitz, doivent se dérouler les élections à l’Assemblée nationale – un plébiscite pour Napoléon-Ebert.
Les sales tours du « dialogue social »
Leaders syndicaux et patronat ont achevé, vendredi 11 janvier, au siège du Medef, leur négociation sur la « modernisation du marché du travail ». Au menu, 24 pages où les franches attaques sont à peine maquillées par quelques mesurettes censées apporter la « sécurité » aux employés.
Allongement de la période d’essai
En fait, la première source d’insécurité au travail, celle d’être licencié, se trouve confortée. On nous ressort du chapeau un allongement de la période d’essai qui devient en outre renouvelable ! Elle pourra durer de quatre à huit mois selon les catégories, ouvriers ou cadres. Autrement dit, on nous réintroduit le CPE par la bande, celui que les étudiants avaient fait remballer, mais cette fois pour tous les salariés !
Licenciement « à l’amiable » ? Tu parles !
Le licenciement proprement dit pourrait s’effectuer « par consentement mutuel », mais sans recours juridique possible. On nous parle de « licenciement à l’amiable »… comme cela s’est passé pour les salariés du fabricant de skis Salomon ? Là où la récente annonce de leur licenciement ne s’est pas encombrée de formalités ? Quant aux employés de la régie de publicité de France Télévision c’est en direct télévisé, de la bouche de Sarkozy, qu’ils ont appris la fin de leur boulot. Ce prétendu « consentement mutuel », c’est une vaste blague : au cours de ces négociations, le fameux front syndical unitaire a bien été incapable de rejeter ces mauvais coups. Un salarié, lui, aurait seul le rapport de force suffisant pour négocier un aimable licenciement ?
Nouvelles du Centre de Rétention de Vincennes
On nous a confirmé que dans un pavillon, une vingtaine de personnes ont refusé de s’alimenter pendant au moins trois jours. Personne n’en a rien a su. Nous n’avons jamais réussi à prendre contacte avec elles. Nous avons plusieurs fois appelé sur les cabines téléphoniques. Mais à chaque fois, nous sommes tombés sur les mêmes réponses : « Ici tout va bien. Tout le monde mange. La police est correcte avec nous. » Crainte de la police ou réponses dictées par elle ? Nous n’en sauront rien. Ce qui est sûr, c’est que les autorités du centre voudraient que rien ne sorte. Elles organisent des visites guidées aux médias pour nous faire croire que rien ne se passe à l’intérieur. Les grévistes de la faim s’arrêteront devant le silence qui les entoure. Mais la lutte ne s’arrête pas pour autant. Les médias ne portent attention qu’à des événements bien identifiés comme au mois de décembre ou 150 personnes à Vincennes et au Mesnil-Amelot se sont déclarés en grève de la faim. Mais la résistance est quotidienne dans les centres de rétention. Résister c’est se réunir pour discuter quand les flics et leurs caméras en permanence vous surveillent. C’est protester quand la bouffe est périmée. C’est porter plainte quand la police tabasse. C’est gueuler ensemble pour obtenir qu’une personne malade puisse voir un médecin. Et cette résistance a lieu tous les jours de l’année.
Vendredi 11 janvier 2008
Les détenus commencent par nous raconter, le passage des journalistes d’Envoyé spécial dans le centre de rétention de Vincennes. Les détenus voulaient leur dire la manière dont ils ont été arrêté, les conditions dans lesquelles ils sont détenus et dénoncer la politique du chiffre dont ils sont victimes. Mais les « envoyés spéciales » de TF1 ne semblaient pas s’intéresser à ce qu’ils disaient. Ils auraient dit aux détenus qu’ils ne sont pas là pour cela. Le commandant leur a fait visiter le centre, ils ont pris des images et sont partis.
Ils continuent de se réunir. Ils dénoncent la manière dont la police leur attribue arbitrairement une nationalité, comment les détenus sub-sahariens sans passeport sont présentés aux ambassades de Guinée, du Mali ou du Sénégal qui délivrent des laissez-passer sans preuve de leur nationalité. Ils dénoncent les arrestations abusives devant les ambassades.
Grève des enseignants les 16 et 17 janvier
Le syndicat général de l’enseignement secondaire a publié un communiqué le 10 janvier 2008 adressé aux professeurs du secondaire les incitant à participer massivement à la grève du 16 et 17 janvier 2008 en réponse au licenciement abusif de 3 enseignants et aux mutations arbitraires de 97 enseignants du secondaire
Cette forme d’injustice instituée par le ministère de l’éducation et de la formation est dirigée contre les syndicalistes et plus particulièrement contre les maîtres auxiliaires catégorie A (MACA) en raison de leur engagement syndical.
Le syndicat général de l’enseignement secondaire affirme que le droit syndical est légitime pour tout employé quelle que soit sa situation administrative et que de telles pratiques du ministère ne visent qu’à instaurer un climat de peur chez les enseignants.
Le recours à cette grève est mû par la volonté d‘assurer la réintégration des professeurs : messieurs Moez Zohglami, Ali Jallouli et Mohamed Moumni qui ont observé une grève de la faim durant 39 jours afin de faire revenir le ministère sur sa décision illégale.
LLL-Tag 2008 : 10.000 personnes dans les rues de Berlin
“Le souvenir de la mort des dirigeants ouvriers Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg et Vladimir Illitch Lénine reste vivant. C’est démontré par la participation d’environ 10.000 manifestants aujourd’hui dans les rues de Berlin à l’appel d’une cinquantaine de partis, groupes et initiatives de gauche. (…) Le mémorial des socialistes fut à nouveau visité par plusieurs milliers de personnes avec une pensée silencieuse.” C’est ce qu’indique Die Rote Fahne du 13 janvier. Ce chiffre de 10.000 manifestants est aussi indiqué dans le Berliner Kurier, qui n’a rien d’un journal communiste. Même le très réactionnaire Bild, farouchement anti-communiste, reprend ce chiffre de 10.000 personnes.
La Taz revient sur l’ambiance de la journée. “Les drapeaux rouges qui flottent rendent cette journée d’hivers vivante. On entend les chants ouvriers d’Ernst Busch, qui se mélangent avec la musiques des orchestres. C’est ainsi que se trouvent des mélodies de résistance et des rythmes de marche. “Marchons au pas, Marchons au pas, Camarades, Vers notre front…”, “O bella Ciao, bella cia, bella ciao, ciao, ciao…”. De façon déterminée sont repris les slogans. “Voleurs, Brigands, Deutsche Bank, L’ennemi principal est dans notre propre pays” (Diebe, Räuber, Deutsche Bank, der Haupfeind steht im eignen Land). (…)
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

