Un Sanclaudien accusé d’outrage à Nicolas Sarkozy
Romain Dunand a comparu hier à Paris pour avoir comparé la politique de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, à celle de Vichy.
L’accusé de réception fut plutôt rude. Pour un mail qu’il avait envoyé en décembre 2006 au ministère de l’intérieur, Romain Dunand, Sanclaudien de 35 ans, militant de la confédération nationale du travail (C.N.T.) et du Réseau d’éducation sans frontières, était convoqué hier au tribunal de Grande instance de Paris. Le message ne contenait pas de virus mais fit visiblement l’effet d’une bombe dans les services du ministre de l’Intérieur de l’époque Nicolas Sarkozy. Fin 2006, Romain Dunand avait envoyé ce courriel en réaction à l’arrestation à Marignane d’un militant marseillais de Réseau d’éducation sans frontière, Florimond Guimard, lors d’une manifestation en soutien à un père de famille sans papiers en cours d’expulsion.
« Salutations antifascistes »
Dans ce message adressé au nom de la CNT-Jura au ministre Nicolas Sarkozy, Romain Dunand avait entre autres écrit « voilà donc Vichy qui revient. Pétain a donc oublié ses chiens (…)». Il critiquait aussi une « politique qu’il faut bien qualifier de raciste » avant d’adresser ses « salutations antifascistes » au ministre. Des termes qui ont valu à leur auteur d’être interrogé par les gendarmes puis cité à comparaître par le parquet de Paris pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique », une infraction passible de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.
Quand les quarante heures peuvent devenir soixante !
En Autriche, le 1er janvier a vu l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi concernant la durée du travail. Cette loi est un véritable scandale, mais cela n’a pas empêché l’unique confédération syndicale (ÖGB) de l’avoir préparée avec les chambres patronales, ni le gouvernement de coalition (les socialistes du SPÖ et le parti conservateur ÖVP gouvernent ensemble) dirigé par le social-démocrate Alfred Gusenbauer de l’avoir fait voter en juillet dernier, ni les députés de ce même parti de l’avoir votée sans hésiter.
Il faut dire qu’il est de tradition en Autriche que des dirigeants syndicaux soient également députés, de gauche mais aussi de droite.
Cette loi, en augmentant considérablement la flexibilité, rend possibles des journées de travail aux horaires déments. Elle supprime aussi quasiment la notion d’heures supplémentaires et les majorations de salaire qui vont avec. En plus d’avoir des conséquences catastrophiques sur la santé des travailleurs concernés, elle se traduira donc aussi par des baisses de revenus.
270 000 mineurs mexicains en grève
La police et l’armée attaquent les grévistes de Cananea qui luttent pour l’amélioration des salaires et des conditions de santé et de sécurité.
Les membres du syndicat national mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM) sont en grève aujourd’hui pour dénoncer l’attaque récente du gouvernement contre les grévistes dans la plus grande mine de cuivre du Mexique, Cananea, dans l’État de Sonora au nord du pays.
Le 11 janvier, le conseil fédéral mexicain de conciliation et d’arbitrage du travail (JFCA) a décidé que la grève chez Cananea était illégale et ordonné aux grévistes de reprendre le travail dans les 24 heures sous peine de renvoi. Dans les heures qui suivirent, 700 membres des forces de sécurité de l’État et de la police fédérale furent envoyés sur les lieux pour expulser les mineurs de l’entrée de la mine. Les forces de police et de l’armée ont tiré des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur les travailleurs. Entre 20 et 40 mineurs ont été blessés et plusieurs ont été détenus.
Le lendemain, un tribunal statuant en faveur du syndicat a enjoint au conseil fédéral d’annuler provisoirement la décision prise, pour permettre aux grévistes de poursuivre leur mouvement sans la menace de se faire tirer dessus, pendant que le juge examine leur recours. Le SNTMMSRM prévoit que la décision du juge pourrait prendre environ six semaines.
Grève à l’usine Johnson Controls à Geel
L’équipe du matin de Johnson Controls, à Geel, un fabricant de sièges automobiles qui fournit les usines automobiles d’Opel Anvers et Audi Forest, n’a pas pris le travail lundi à 06H00, poursuivant le mouvement de grève entamé vendredi, a-t-on auprès du syndicat socialiste ABVV-FGTB.
Syndicats et direction étaient à nouveau réunis lundi matin, après s’être quittés sans avoir atteint d’accord vendredi soir. Il n’était toutefois pas question de négocier, et les syndicats ont dit attendre une nouvelle invitation de la direction pour poursuivre les discussions.
La direction avait indiqué vendredi ne plus disposer d’un mandat pour négocier, renvoyant la balle dans le camp de la direction européenne de l’entreprise, en Allemagne. Pour elle, il n’y aura pas de négociations sur les exigences salariales des travailleurs tant que le travail ne reprendra pas.
JLG Manufacturing Europe : La grève paie !
Les quelque 360 ouvriers du fabricant d’élévateurs et de plate-formes mobiles JLG Manufacturing Europe, à Maasmechelen, ont repris le travail lundi après s’être fait expliquer l’accord conclu vendredi par la direction et les syndicats, a-t-on appris de source syndicale.
Une action de grève spontanée avait éclaté jeudi chez JLG Manufacturing Europe pour dénoncer le mauvais comportement d’un responsable de production et le manque de communication au sein de l’entreprise. L’accord conclu vendredi entre la direction et les syndicats prévoit notamment la transformation de 30 contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée.
Areva Montrouge : malgré les assignations en justice, la grève continue
Les salariés de l’usine Areva de Montrouge (Hauts-de-Seine), en grève depuis le 10 janvier, continuent leur mouvement malgré l’assignation de 31 d’entre eux devant le TGI de Nanterre mardi, pour entrave à la liberté de travail, a indiqué la CGT à l’AFP.”31 grévistes ont appris vendredi leur assignation en justice pour le 22 janvier, a déclaré Patrick Appiah, délégué syndical CGT de l’usine de Montrouge. Nous ne pensions pas que la direction irait jusque là, et nous regrettons le manque de dialogue. Cela nous motive encore plus pour continuer le mouvement. Sur les 80 grévistes, seuls 31 ont été assignés en justice, nous ne savons pas comment le choix a été fait“, a-t-il dit.
Les grévistes qui refusent la fermeture prévue de l’usine en 2008 et demandent des garanties pour leur avenir, seront reçus lundi par le cabinet de la ministre de l’Economie Christine Lagarde.
“Nous attendons beaucoup de cette rencontre, continue M. Appiah. Nous espérons qu’elle pourra débloquer la situation. Sinon, cela signifie que les pouvoirs publics approuvent la politique menée par Areva.“
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