Les patients font les frais de la privatisation et du sectarisme religieux
Lorsque Hamza Shahrour a été victime d’une crise cardiaque, en juin dernier, ce jeune musulman chiite de 24 ans pensait peut-être pouvoir s’en sortir, étant donné la proximité de l’hôpital Rafik Hariri (du nom de l’ancien Premier ministre sunnite, nommé à la tête de cinq gouvernements).
Or, les médecins ont refusé de soigner Hamza parce que sa famille n’avait pas contracté d’assurance maladie et n’avait pas de quoi payer les milliers de dollars américains exigés pour la caution.
Mais le pire restait à venir. Dans le conflit politique qui oppose le gouvernement libanais sunnite à l’opposition chiite, les médecins auraient refusé de soigner Hamza à cause de sa confession, selon sa mère.
Hamza a été transféré dans la banlieue sud de Beyrouth, à l’hôpital Rasoul el Azam (Grand Prophète) appartenant au Hezbollah, un mouvement politico-religieux chiite, et géré par celui-ci. D’après la mère du jeune homme, l’hôpital dispense des soins médicaux gratuits à la famille, bien que celle-ci n’ait pas d’assurance-maladie. Mais Hamza est décédé pendant son évacuation à l’hôpital, d’un bout à l’autre de la ville, par la Croix-Rouge libanaise.
« J’aurais aimé que mon fils fut de confession sunnite », a confié à IRIN Raheja Shahrour, la mère de Hamza. « Peut-être qu’il serait encore vivant, assis à côté de moi, plutôt que décédé pour n’avoir pas été admis à l’hôpital Hariri ».
Charleroi : Colloque contre les mariages forcés
Des étudiantes et des professeurs de la Haute école provinciale de l’Université du travail (HEPCUT) de Charleroi organisent le 5 mars prochain un colloque, suite au meurtre, en octobre dernier, de la jeune Sadia Sheikh, qui fréquentait leur établissement. La jeune Sadia, âgée de 20 ans, avait été assassinée par son frère en raison de ce qu’on a appelé un “crime d’honneur”.
Le colloque aura pour thème “Crime d’honneur, mariage forcé, vie volée”. Les organisatrices de l’événement sont les mêmes étudiantes qui avaient rassemblé près de deux mille participants pour une marche dans Charleroi, peu après le meurtre.
Briser le silence
Tant les condisciples de Sadia que les responsables de l’établissement d’enseignement ont rappelé le contexte de ce colloque, né parce que le besoin de réagir existait. “Il s’agira d’amener les gens à parler“, a dit l’une d’elles, constatant que le silence des jeunes filles constitue une des constantes de ce type de situation. Il s’agit donc de créer des “lieux de paroles”, où ces jeunes puissent s’exprimer.
Campagnes préventives
Des réflexions ont déjà eu lieu et des pistes ont été tracées, faites de diverses recommandations, ont expliqué les professeurs: un volet préventif fait de campagnes de sensibilisation, de la mise en place d’un numéro vert 24 heures sur 24, à la façon de Child Focus, la création de structures d’accueil spécifiques, la distribution de brochures informatives, l’identification de personnes de référence dans chaque communauté, etc. Pour ce qui regarde le volet répressif, ils réclament l’application stricte de la loi Onkelinx, applicable depuis juin 2007 et qui punit les mariages et les tentatives de mariage forcés.
Les queers défendent leurs droits
Svetlana Djurković, présidente de l’association « Queer » (en anglais : étrange, curieux, singulier) de Sarajevo depuis 2002, est une des rares personnes en Bosnie-Herzégovine à s’être mobilisée pour la défense de la liberté d’orientation sexuelle. Dans les pays des Balkans, ce genre d’associations ne courent pas les rues. Svetlana Djurković nous explique ce que signifie et implique être « queer » en Bosnie-Herzégovine.
Née à Zagreb en 1974, Svetlana a grandi à Sarajevo. En 1991, elle partait aux États-Unis pour un échange universitaire qui devait durer dix mois, mais la guerre qui a éclaté dans son pays natal a fini par prolonger ce séjour de… dix ans ! Diplômée en anthropologie et en sciences sociales, Svetlana a toujours été intriguée par les questions se rapportant au nationalisme, aux conflits ethniques et à la création d’une identité nationale. De retour en Bosnie depuis septembre 2002, elle s’occupe toujours de la question de l’identité, « mais d’une autre manière »…
En effet, elle a fondé en 2002, avec un ami, l’association « Queer », qui existe officiellement depuis février 2004. Sur le modèle européen et américain, cette association s’occupe de la promotion des droits de la personne, par le biais de la protection de la culture et de l’identité des personnes LGBTTIQ (lesbiennes, gays, bissexuelles, transsexuelles, transgendres, intersexuées, queer).
CdBIH : Comment est née l’association « Queer » ?
Svetlana : Dès mon retour en Bosnie en 2002. Il y avait deux personnes au départ, mon collègue Bratić et moi. Je savais qu’il n’y avait pas d’association de ce genre ici. Moi, j’avais déjà milité en Amérique. À Washington, j’ai pris part dans le projet « Femmes en noir », qui était lié au conflit israélo-palestinien. Puis, j’ai travaillé avec les réfugiés de Bosnie. Pendant un temps, j’ai travaillé dans une école aussi. Cependant, j’avais envie de m’occuper de cette question. Six mois avant de rentrer, j’ai quitté mon travail, et je me suis mise à prendre les coordonnés de tous les gens qui étaient liés à ce sujet, d’une manière ou d’une autre.
“Lutter plus pour gagner plus !”
La recette sarkozyenne du « travailler plus » a échoué à changer la donne. Alors que les prix flambent et que les profits explosent, les actions pour les salaires se multiplient.
« Vingt ans d’ancienneté. Payée au SMIC. Pas de prime ni de treizième mois. Un temps partiel… » Samedi après-midi, centre commercial Galaxy, Paris 13e. En deux temps trois mouvements, son cas personnel à l’appui, Marie-Claire Sanson explique les raisons de l’agitation inhabituelle qui règne devant le magasin Bricorama. Avec elle, déléguée CGT, ils sont une dizaine de militants syndicaux, cégétistes et FO, drapeaux rouges et tracts en main, qui dénoncent auprès de la clientèle l’indigence de la politique salariale de leur employeur. Pour 2008, le groupe Bricorama (près de 180 magasins en France et en Europe), coté en Bourse, en pleine santé, qui « vise une progression de 5 à 10 % » de son bénéfice net, offre à ses employés une revalorisation salariale de… 1,5 %. Alors, ce samedi, aux caisses du magasin Bricorama, il n’y a pas de caissières, mais les cadres de l’enseigne, réquisitionnés. Car les caissières sont en grève. Du « jamais-vu », annonce Marie-Claire, la déléguée. De l’inédit comme l’était le récent mouvement des caissières de Carrefour à Marseille. Comme l’était le débrayage chez L’Oréal. Comme l’était la grève des hôtesses d’Air France, etc. Pas de doute, la mobilisation pour les salaires va crescendo, y compris dans des secteurs réputés difficiles pour le syndicalisme comme le commerce. « Aujourd’hui, on passe du slogan “travailler plus pour gagner plus” à celui d’”il faut lutter plus pour gagner plus“, se réjouit le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Ce regain de combativité signe en effet un échec majeur : celui du président Sarkozy sur une question dont il avait fait son principal cheval de bataille électoral. L’opinion des Français est sans appel, comme le confirme notre sondage IFOP-l’Humanité.
Malgré les envolées oratoires du chef de l’État sur le sujet, l’inefficacité des pouvoirs publics est ici flagrante. Dernière illustration en date : la spectaculaire valse des étiquettes sur les denrées alimentaires constatée par l’UFC-Que choisir. Comme on pouvait le craindre, les « conseils » de « modération », les incitations à plus de « concurrence » délivrés par le gouvernement ont fait, sur les géants de la distribution et de l’industrie, l’effet de l’eau froide sur un corps savonneux. Sur l’autre versant du problème, les salaires, le vécu n’est pas moins pénible. La recette du « travailler plus », déclinée avec les nouvelles exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires, n’a, de toute évidence, pas changé la feuille de paie pour le plus grand nombre.
Axle and Manufacturing Holding : La grève continue
Le mouvement de grève entamé mardi chez l’équipementier Axle and Manufacturing Holding se poursuivant, General Motors, qui s’approvisionne beaucoup chez son ancienne filiale, se voit contraint de réduire sa production dans plusieurs de ses usines américaines. Après avoir stoppé hier la fabrication de camions Pontiac sur un site dans le Michigan, le géant de l’automobile a suspendu vendredi la construction des GMC Sierra et Chevrolet Silverado dans trois nouvelles usines américaines. En 2004 déjà, une précédente grève chez Axle, qui fournit à General Motors une grande partie de ses pièces détachées, comme des trains de direction et des châssis pour ses camionnettes et ses 4×4 notamment, avait contraint le constructeur automobile à fermer temporairement plusieurs sites aux Etats-Unis.
Le puissant syndicat UAW, qui représente quelques 3.650 employés, a entamé son mouvement de grève après que les négociations sur les réductions de salaires et autres diminutions des avantages sociaux réclamées aux salariés par Axle soient arrivées dans une impasse. Les efforts demandés aux employés passent d’autant plus mal que Axle vient d’accorder des augmentations et des bonus substantiels à ses dirigeants.
Pour la direction du fournisseur, les réductions de coûts sont indispensables pour assurer la compétitivité de l’entreprise. “Nos concurrents paient entre 20 et 30 dollars de l’heure alors que nous payons 65 dollars” en incluant les avantages sociaux, avait assuré mardi un représentant de la direction.
Solidarité contre la répression au Cameroun !
Après le Burkina Faso la semaine dernière, c’est cette semaine au Cameroun de connaître la manifestations et grèves contre la vie chère et la hausse des prix et répression bestiale de ces mouvements.
Depuis son indépendance en 1960, cette ancienne colonie est pour l’impérialisme français un pays d’importance stratégique, « l’un des piliers de la zone franc » avec la Côte d’Ivoire. La France y est toujours le premier investisseur étranger, avec plusieurs centaines de d’entreprises dans tous les secteurs d’activité, employant plusieurs dizaines de milliers de personnes ; les grands groupes français présents se trouvent dans l’agroalimentaire, le BTP, le secteur bancaire, le pétrole, etc. Les privatisations imposées par les organismes financiers internationaux ont largement profité aux entreprises tricolores.
L’ « aide » de la France au Cameroun est importante ; elle comporte divers volets destinés à faciliter la bonne marche des entreprises capitalistes, y compris un volet militaire, depuis la signature d’accords militaires (en partie secrets, comme à l’habitude !) lors de l’indépendance en 1960 et en 1974. C’est en vertu de ces accords militaires que la France avait fait échouer une tentative de coup d’Etat en avril 1984 ; le gouvernement Biya y a a fait appel plus récemment, en 2005, lorsqu’il s’est senti menacé par des militaires. Une partie importante de cette coopération militaire française est l’entraînement donné aux forces de gendarmerie camerounaise pour le « maintien de l’ordre ». Les gendarmes camerounais ont démontré qu’ils étaient de bons élèves en réprimant à plusieurs reprises de manière sanglante des manifestations : répression de grèves d’étudiants (2 morts fin 2006), de manifestants pacifiques (2 morts cet automne lors de la répression d’une manifestation pacifique contre le manque d’électricité à Abong Mbang), de manifestations de moto-taxis protestant contre les exactions de la police, etc.
Nestlé Sénégal : La gendarmerie contre les ouvriers
Tôt dans la matinée d’hier, les gendarmes ont assiégé la devanture de Nestlé Sénégal, interdisant ainsi aux travailleurs de tenir leur assemblée générale. Ces derniers s’étaient résolus à entrer à l’intérieur de l’entreprise pour y tenir leur Ag. Après constat des «intimidations de la direction», ils ont réitéré leur engagement à observer la grève jusqu’au fléchissement de la direction. A l’issue de l’assemblée générale, certains parmi les travailleurs avaient jugé «mieux» de rester à l’intérieur de la fabrique, tandis que d’autres étaient dehors sur les bancs qui font face à Nestlé Sénégal.
Des heures après, les «gendarmes ont reçu l’ordre» de faire sortir les travailleurs qui étaient encore à l’intérieur, parce qu’ils pourraient «endommager les machines de production de Nestlé Sénégal». Ainsi, la bande à Mor Ndiaye a refusé de quitter les lieux sous le prétexte qu’elle est dans son lieu de travail et que, par conséquent, elle ne va pas vider l’espace. «Vous avez vu, ils veulent nous faire sortir d’ici, mais nous n’allons pas accéder à leur demande», s’énerve Mor Ndiaye, le coordonnateur des délégués syndicaux de Nestlé Sénégal. Face au refus catégorique des travailleurs, les gendarmes ont fini par se replier à la Lgi de Mbao, tout en promettant de revenir avec du renfort.
Par la suite, Mor Ndiaye a déploré «le manège» du directeur des ressources humaines, en l’occurrence Mamadou Touré, qui a déposé à la porte d’entrée de l’entreprise une feuille blanche sur laquelle doivent émarger «ceux qui désirent travailler».
Mais, c’était peine perdue, à en croire M. Ndiaye, qui assure que personne n’a émargé. «On lui a infligé un cinglant revers», déclare M. Ndiaye.
Deuxième jour de grève et de blocage chez DMC
Le mouvement social déclenché jeudi matin sur l’ensemble des sites du groupe textile DMC se poursuit vendredi, à Mulhouse, Logelbach et Saint-Amarin (Haut-Rhin). Les grévistes bloquent les accès aux usines. “C’est bloqué partout aujourd’hui et ça le restera à mon avis jusqu’à ce qu’on ait une réponse à la demande de médiation que nous avons formulée“, indique Graziella Stefana, secrétaire CFTC du comité de groupe. Selon elle, la grève est suivie à “100 %“.
“Il semblerait que nous ayons une médiation lundi, mais pour le moment rien n’est officiel“, poursuit la syndicaliste. Les salariés envisagent de manifester sur le voie publique cet après-midi à Saint-Amarin.
Sur le site de Logelbach, condamné à la fermeture dans le cadre du plan de restructuration prévoyant 204 suppressions de postes annoncé mi-janvier, les 80 salariés sont en grève depuis dix jours pour obtenir une amélioration des conditions de départs. Mercredi, c’est l’annonce par la direction de son incapacité à financer des départs en FNE qui a mis le feu aux poudres et étendu la grogne à l’ensemble des sites. “Le nombre de personnes qui peuvent bénéficier de ces mesures à diminuer et ça va augmenter le nombre de licenciements secs“, explique Graziella Stefana.
L’Internationale communiste et les municipalités
En 1920, l’Internationale communiste définit la tactique des révolutionnaires face aux instances démocratiques. « Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus être conquis par le prolétariat que l’État bourgeois en général ». l’IC précise qu’il « en est de même des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu’il est théoriquement faux d’opposer aux organes gouvernementaux. À la vérité, elles font aussi partie du mécanisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent être détruites par le prolétariat révolutionnaire et remplacées par les Soviets de députés ouvriers ».
En France, pour les élections municipales 1925, le jeune Parti communiste se présente, face au « Bloc national » des partis de droite et au « Bloc des gauches » , sous l’étiquette d’un « Bloc ouvrier paysan » dont l’objectif est précisé ainsi : « Qu’il soit maître de la Mairie, en minorité ou absent du Conseil municipal, le Bloc Ouvrier Paysan fera son travail municipal. En dehors de la mairie, en marge des organismes municipaux constitutionnels, le Bloc des Municipalités Ouvrières et Paysannes fonctionnera et sera animé d’une vie propre.
« Elus ou non, c’est avec les masses prolétariennes et rurales que les communistes feront leur travail municipal. C’est avec les représentants des organisations prolétariennes, avec les groupements de locataires, de mal lotis, d’anciens combattants, avec les comités de marchés, d’usagers, de consommateurs, avec la masse des femmes, des soldats, des apprentis (privés de toute représentation politique), avec successivement toutes les catégories de travailleurs, dont les intérêts immédiats seront directement en jeu, qu’ils envisageront les modalités selon lesquelles l’action du B.O.P. (Bloc Ouvrier Paysan) sera bien l’expression directe de la volonté des masses exploitées ».
Halte à la répression contre les militantes féministes !
Les autorités iraniennes doivent cesser de harceler les défenseurs des droits fondamentaux des femmes et prendre de toute urgence des mesures pour abolir les lois discriminatoires que ces personnes s’efforcent de faire changer, a déclaré Amnesty International dans un rapport publié ce jeudi 28 février.
« Au lieu d’user de son pouvoir pour soumettre à des mesures de répression et d’intimidation les personnes qui protestent et exigent le respect de leurs droits, le gouvernement iranien devrait remédier à la discrimination notamment légale dont souffrent depuis longtemps les femmes, qui constituent la moitié de la population du pays, a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Les autorités iraniennes doivent relâcher les militants des droits des femmes incarcérés et cesser d’emprisonner et de harceler ceux qui exercent de manière pacifique leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion. »
Le nouveau rapport d’Amnesty International est publié lors même que Ronak Safarzadeh et Hana Abdi, deux militantes du Kurdistan iranien, sont maintenues en détention sans avoir été jugées, inculpées, ni même autorisées à consulter un avocat. Elles ont été arrêtées en octobre et novembre 2007 pour avoir exercé leurs droits de manière pacifique.
En outre, l’organisation a présenté les cas de 12 militants des droits des femmes, 11 femmes et un homme, actuellement détenus ou soumis à d’autres formes de persécution parce qu’ils ont fait campagne, de manière pacifique, en faveur d’une modification de la législation.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

