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Violences policières contre les ouvriers de King Land

Les ouvriers grévistes de l’usine King Land à Phnom Penh continuent leur lutte. Après avoir demandé la réintégration de leurs collègues licenciés en juin dernier, ce sont leurs salaires qu’ils réclamaient hier. La direction ne les a pas écoutés, et c’est dans un climat de violence que leur mouvement de protestation s’est achevée.

Les violences ont repris de plus bel hier, devant l’usine de confection King Land, à Phnom Penh. Les autorités étaient présentes pour tenter de calmer 500 syndicalistes membres de Coalition of Cambodia Appareal of Worker Democrat Union (CCAWDU), en grève depuis le 11 janvier. Alors qu’ils demandaient à leur patron le paiement de leurs salaires pour la période de leur débrayage, tout a dégénéré. Le directeur n’est pas descendu les écouter. Ils ont donc bloqué les accès d’entrée au bâtiment, empêchant ainsi les voitures d’aller et venir.

La police est violemment intervenue, « en groupe de 25, demandant à ce que les syndicalistes cessent leur revendication », a précisé la Ligue cambodgienne de défense des droits de l’homme (Licadho), dans un communiqué de presse du 7 février. Ce qu’ils ont refusé. Les autorités auraient ensuite ordonné à deux voitures de démarrer, « si vite qu’elles ont heurté quatre ouvrières, les blessant aux jambes et au torse », a repris l’ONG. Six autres grévistes auraient été insultés par la police, « qui les a frappés à mains nues, et à coups de talkies-walkies », a poursuivi la Licadho. Cinq ouvriers ont dû être hospitalisés. Cambodge Soir Hebdo a tenté en vain de joindre Touch Naroth, chef de la police municipale de Phnom Penh.

 Cet incident n’est que la succession d’une longue bataille entre le CCAWDU et les patrons de King Land. Tout a commencé en juin 2007, lorsque 19 salriés de l’usine, tous délégués syndicaux, ont été licenciés. A l’origine, différents conflits internes avec les dirigeants, qui refuseraient que leurs employés soient membres de ce syndicat. Les grévistes ont eu beau dresser une liste d’une quarantaine d’exigences, dont la réintégration de leurs collègues, aucune n’a été exaucée. Ils se sont donc mis en grève en début d’année, sur les conseils de Ath Thorn, président de CCAWDU. Une situation qui, selon ce dernier, « reflète parfaitement l’absence de protection des travailleurs au Cambodge. »

Cambodge Soir Hebdo, 7 février 2008

février 10, 2008 - Publié par xxx | 1) Luttes de classes, 7) Répression, Cambodge | | Un commentaire

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    Commentaire par Cambodge | mars 27, 2008

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