Solidarité Ouvrière

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Nouvelle grève des ouvriers bangladeshis

Après ceux de l’usine Chentex Garment Ltd, c’est maintenant au tour des ouvriers bangladeshis de MEK (Import & Export) Ltd de Montagne-Ory de se révolter contre leurs conditions de travail. Une trentaine d’entre eux sont en grève depuis mardi.

Ces ouvriers réclament davantage d’heures supplémentaires afin de rembourser les dettes contractées auprès des agents recruteurs. Ils touchent actuellement un salaire de Rs 3 500 en moyenne. Et la direction de l’usine textile qui les emploie refuse d’accéder à leurs requêtes car ils sont considérés comme des «ouvriers peu performants». Ces Bangladeshis, qui sont à Maurice depuis octobre 2007, demandent à être soit rapatriés, soit transférés dans une autre usine textile où ils gagneraient plus d’argent. La tension est montée d’un cran mercredi soir lorsque la direction n’a trouvé de place que pour cinq d’entre eux dans l’avion. Ils voulaient rentrer ensemble au pays.

Le ministère du Travail et des Relations industrielles s’étonne que ces ouvriers n’aient pas profité de la visite faite par ses inspecteurs la veille de la grève pour attirer son attention sur leurs problèmes. Il doit avoir une réunion aujourd’hui avec les Bangladeshis en question en présence d’un représentant de la direction et de leur porte-parole, Reaz Chutoo.

Selon les observations du ministère, bon nombre d’agents recruteurs de l’étranger promettent monts et merveilles aux ouvriers étrangers qui viennent chercher du travail à Maurice. Mais une fois qu’ils y sont, ces travailleurs se retrouvent confrontés à une série de problèmes, dont la difficulté de communiquer dans une autre langue, des dortoirs exigus (une chambre pour 18 travailleurs), une alimentation qui ne correspond pas à leurs goûts, des toilettes défectueuses…

Ces ouvriers étrangers ont donc l’impression de ne pas être traités de la même façon que leurs collègues mauriciens. Ils n’ont, par exemple, pas le droit d’être syndiqués ou de siéger dans des comités institués pour promouvoir la négociation collective. Une prérogative leur sera accordée dans la reforme des lois du travail. Pour le syndicaliste Fayzal Ally-Beegun, bon nombre d’ouvriers bangladeshis préfèrent travailler dans le silence même si leurs conditions d’emploi sont dures. «La direction de certaines entreprises impose des horaires de travail stressants aux ouvriers. On leur demande parfois de travailler de 7 h 30 à 21 heures en semaine et de 7 h 30 à 17 h 15 le week-end. Lorsque ces employeurs sont convoqués au ministère de tutelle, ils affirment que ce sont les travailleurs eux-mêmes qui ont demandé à travailler

Le syndicaliste explique que si ces ouvriers préfèrent parfois travailler dans des pareilles conditions sans protester, c’est parce qu’ils ont peur d’être rapatriés dans leur pays où ils ont des dettes à rembourser. Autres problèmes : le retard dans le paiement des salaires et un langage parfois abusif utilisé par certains surveillants.

L’express, 22 février 2008 

février 22, 2008 - Posté par xxx | 1) Luttes de classes, 5) Anti-racisme et droit des immigré(e)s, Ile Maurice | | Un commentaire

Un commentaire »

  1. [...] grève des 26 travailleurs bangladais à Montagne-Ory illustre bien ce changement. Ces derniers demandaient des logements moins surpeuplés et davantage [...]

    Ping par Travailleurs bangladais : Leurrés par l’eldorado mauricien « Solidarité Ouvrière | mars 2, 2008 | Répondre


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