Solidarité Ouvrière

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Emeutes face à la vie chère et à la répression

Le Cameroun vibre depuis ce matin au rythme de la paralysie des activités dû au suivi du mot d’ordre de la grève des transporteurs. Au menu de la grève, l’on évoque aussi la vie chère et de la problématique la révision de la Constitution. Pour cette matinée,Camer.be vous livre le compte rendu de ses correspondants dans quelques villes du Cameroun

LIMBE, province du Sud-ouest

A Limbé, les rues sont vides, pas de motos, pas de véhicules. L’on aperçoit ici et là des véhicules des forces de l’ordre. Quelques magasins à Limbé Town sont fermés. Au niveau de services publics, beaucoup de travailleurs sont arrivés en accusant un retard à leurs lieux de service ce matin.

Toujours à Limbé, au niveau de Miles 6, l’on a enregistré le cas d’un bus d’une compagnie de transport incendié. Les témoins qui ont assisté à cette scène nous affirment que ledit mini bus a été incendié aux environs de 8 heures ce matin. Des fumées noires sont visibles ici et là.

BUEA, province du Sud-ouest

A Buéa au niveau de Bongo Square, deux policiers ont été désarmés aux environs de 11heures par la population et leurs bonbonnes de lacrymogène emportées. Les étudiants de l’université de Buéa quant à eux ont bloqué tout le quartier Molyko. Les bruits des tirs sont entendus ici et là. La station service Total du coin a également été pillée.

BANGOU : Province l’Ouest, Cameroun.

Au niveau de Bangou, les premiers et les derniers véhicules ont été aperçu aux environs de 6 heures, ce matin. Aucun véhicule n’est perceptible dans les rues. Les motos elles aussi ont disparu, donnant place à quelques cyclistes et des piétons. Au niveau de Bangou carrefour, la route est barrée depuis 11heures par les pneus en flamme. L’on aperçoit quelques fois des motos taximen qui vaque à leurs activités.

Douala, province du Littoral : peur sur la ville

Les activités étaient paralysées à Douala, capitale économique du Cameroun, par cette grève très suivie des transporteurs. La population de Douala n’a pas encore oubliée l’assassinat des deux citoyens lors de la manifestation qui a eu lieu hier au quartier Madagascar.

Au niveau du stationnement de Bonabéri ce matin, l’on a enregistré des accrochages entre quelques jeunes. Un policier est même annoncé pour avoir été pris en otage par la population .

Au niveau de Grand Hangar, toujours à Bonabéri, des coups de feu ont été entendus pour disperser des groupes de jeunes armés de gourdins. Plusieurs pneus sont également en flamme.

Toujours à Bonabéri, deux stations services (Texaco et Total) ont été saccagés par les populations. L’on note également le décès d’un élève au niveau de Sodiko.

Un cortège constitué des centaines de personnes est en train de se diriger à Bonanjo dit on pour soumettre leurs doléances au gouverneur de la province du Littoral.

Les boutiques, magasins, sont fermés. Il en est de même pour plusieurs établissements scolaires qui ont fermé les portes.

Aucune radio privée n’émet en ce moment à l’exception de FM Océan City Radio.

L’un des correspondants de Camer.be qui s’est rendu à pied à l’hôpital Laquintinie de Douala a constaté que deux corps des jeunes tués par la police à Bessengue ce matin se trouvent actuellement à la morgue de cette institution.

Par ailleurs, un homme blessé par balle à la poitrine était acheminé vers cet hôpital sur un pousse-pousse accompagné de plusieurs manifestants. Un kiosque et un vehicule probablement de la police étaient en feu devant l’hôpital.

Dans le quartier d’Akwa, complètement déserté par les taxis mais aussi les véhicules privés comme l’essentiel de Douala, des habitants ont commencé à piller des commerces appartenant à des Chinois et certains grands magasins.

Aucun taxi n’a été vu en ville, également désertée par la plupart des véhicules privés, les habitants de Douala préférant rester chez eux en raison de ce climat très tendu.

Les seules personnes dans la rue sont des piétons, tandis que la plupart des commerces sont demeurés fermés.

Yaoundé paralysée

A Yaoundé ce matin, les taximen ont décidé de ne point surseoir au mot de grève.

Au niveau du carrefour Warda, au Rond point express, ou au niveau du marché d’Essos, il n’ya que les véhicules de la police et des camions à jets d’eau qui circulent. Dans certaines stations de carburant, les parkings sont vides. Les taximen de la ville de Yaoundé pour mener à bien la manifestation de leur colère se sont données dit-on des lignes de conduites strictes.

Au niveau de Etoa Meki, quelques pneus rangés à l’entrée d’un terrain inoccupé est en flamme.

La ville de Yaoundé vibre au son des sirènes de la police locale. L’on aperçoit de temps en temps des taxis en circulation mais, qui ne sont pas en service. Pour une première à Yaoundé, des hélicoptères sont en train de faire le tour de la ville

MBALMAYO, province du Centre :

Des comptoirs en bordures de la route calcinés par les manifestants à Metet et des pneus en flammes du côté du quartier mécanicien. Toutes les stations services sont fermées, pas de motos encore moins des taxis dans la ville.

Le chef lieu du département du Nyong et So’o est envahi par les hommes en tenues.

Selon un témoin à Mbalmayo, la police a interpellé plusieurs personnes. Des accrochages souvent très violents ont été signalés à plusieurs endroits de la ville. Des coups de feu ont été entendus en provenance du quartier New Town, d’où s’élevait également une grosse colonne de fumée. Selon des témoins, des manifestants brûlent des voitures ou des pneus.

Camer, 25 février 2008

février 25, 2008 - Posté par xxx | 6) Leur société, 7) Répression, Cameroun | | 6 commentaires

6 commentaires »

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