Solidarité Ouvrière

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Malgré les pressions, la grève continue

Comme il fallait s’y attendre, le ton menaçant auquel le gouvernement a recouru dans sa vaine tentative d’aspirer la grogne des fonctionnaires a, au second jour de la grève, charrié son lot d’intimidations multiples.

Hier, des médecins, professeurs et docents, responsables syndicaux, étaient devant le juge qui leur a signifié l’illégalité du mouvement de grève de trois jours qu’ils ont déclenché et, du coup, leur a ordonné de l’arrêter. Si le ministère de la Santé , de la Population et de la Réforme hospitalière tend à solliciter systématiquement la justice , à travers le référé d’heure en heure, pour prononcer l’illégalité des grèves qui naissent dans le secteur de la santé, l’ éducation et l’ administration publique poursuivent, elles, de convoquer les vieux procédés faits de pressions et d’intimidations à l’encontre des grévistes.

Pour autant, cela n’a pas entamé la détermination des fonctionnaires à aller au bout de leur action. La grève, entreprise dimanche passé à l’initiative de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique, a connu hier un taux de suivi équivalent à celui enregistré au premier jour . Le maintien du piquet de grève, en dépit aussi de l’ annonce faite la veille de ce que le président de la République a finalement signé le décret portant application de la nouvelle grille des salaires , renseigne sur la tenace volonté des syndicats à faire aboutir leurs revendications dans leur intégralité.

Le bras de fer ainsi engagé entre les syndicats de la Fonction publique et le gouvernement n’est pas motivé par la seule demande salariale. Fondamentalement, la grève observée depuis dimanche passé structure la lutte des syndicats autonomes pour la reconnaissance de leur statut de partenaires sociaux, au même titre que l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

Un combat légitime, tant il relève de l’ostracisme et de l’arbitraire que le gouvernement maintienne ces syndicats autonomes à la représentativité plus qu’avérée à l’écart des négociations intéressant les secteurs professionnels où ils activent.

Et, en adhérant massivement au mot d’ordre de grève lancé par la Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique, les fonctionnaires contestent à la Centrale syndicale le statut de partenaire social unique. Les fonctionnaires, ce faisant, n’orchestrent pas une agitation infondée. Ils militent pour faire valoir le droit de se donner la représentation syndicale qu’ils désirent. Un droit, au demeurant, stipulé par la loi fondamentale du pays. Une telle revendication n’est pas, faut-il le redire, pour plaire au gouvernement qui abhorre les pluralismes en général, celui syndical en particulier . S’il n’était question que de revendication salariale, le gouvernement n’aurait certainement montré autant d’énervement. Les caisses de l’Etat, semble-t-il, n’ont jamais été autant pleines.

Actualités Algérie - Dzira, 26 février 2008

février 26, 2008 - Posté par xxx | 1) Luttes de classes, Algérie | | Pas encore de commentaires

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