Des dizaines de milliers de personnes manifestent pour “l’avenir des retraites”
Des manifestations à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires pour “l’avenir des retraites” ont réuni samedi des milliers de personnes dans toute la France, selon les chiffres collectés par l’AFP auprès de la police et des organisateurs.Sans attendre les “premières propositions” du gouvernement prévues pour la mi-avril, les trois syndicats appelaient à manifester samedi, deux jours après après le lancement de la concertation sur les retraites par le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
Ils revendiquent une “vraie négociation” et refusent l’allongement prévu à 41 ans de la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein.
La manifestation parisienne, entre la Place de la Nation et Bastille, a réuni entre 4.600 personnes selon la police et 10 à 15.000 personnes selon la CGT, qui a par ailleurs tablé sur “quelques dizaines de milliers de personnes” dans tout le pays.
A Paris, les leaders syndicaux, derrière une banderole demandant de stopper “la casse des retraites“, ont souligné que ces manifestations n’étaient qu’un “début”. “C’est une mise en jambes, une initiative indispensable pour que le débat soit public dans le pays“, a déclaré le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.
M. Thibault a expliqué n’avoir pas “voulu perdre de temps, pour que les salariés soient sensibilisés et attentifs et exercent une pression s’ils ne veulent pas être déçus.”
Mumia Abu-Jamal quitte le couloir de la mort
La cour d’appel fédérale de Pennsylvanie a annulé hier sa condamnation à la peine capitale. Le combat pour que justice lui soit rendue demeure plus que jamais d’actualité.
Mumia Abu Jamal, cinquante-trois ans, n’est plus dans le couloir de la mort où il se trouvait depuis 1982. La cour d’appel fédérale de l’État de Pennsylvanie a annulé hier sa condamnation à mort par deux voix contre une. Cela signifie que le journaliste n’est plus aujourd’hui à la merci d’une exécution à tout moment. La décision constitue naturellement une première victoire considérable pour tous ceux, abolitionnistes, militants des droits de l’homme qui luttent depuis des années pour dénoncer l’injustice et l’abomination politique dont il est victime. Elle est un formidable encouragement pour que justice soit véritablement rendu à l’ex dirigeant des Blacks Panthers. Car, en cela, beaucoup de chemin reste encore à parcourir.
La décision de la cour de Philadelphie a confirmé en effet d’un même mouvement la condamnation de Mumia dans le meurtre du policier Daniel Faulkner le 9 décembre 1981. En d’autres termes, aux yeux de la justice US, le journaliste, qui clame son innocence, demeure coupable de meurtre. De plus, la décision maintient la possibilité pour l’accusation de se présenter une nouvelle fois devant un jury pour obtenir une nouvelle condamnation à mort. Et sinon la peine serait simplement commuée en réclusion criminelle à perpétuité.
L’affaire Mumia Abu-Jamal débute aux premières heures du 9 décembre 1981. Ce jour-là, au moment il déposait un client dans le sud de la ville de Philadelphie, Mumia – alors chauffeur de taxi (car déjà privé de l’exercice de son métier de journaliste) – est intervenu lors d’un contrôle policier dont était l’objet son frère William Cook. Eclate alors une fusillade au cours de laquelle le policier, Daniel Faulkner, est tué de deux balles. Quant à Mumia, il est grièvement blessé, touché dans la poitrine.
Retraites: CGT, FSU et Solidaires appellent à manifester samedi
La CGT, la FSU et Solidaires appellent à manifester samedi dans toute la France pour peser sur la concertation engagée sur les retraites, sans attendre les premières propositions du gouvernement prévues pour la mi-avril.Des manifestations “locales, départementales ou régionales sont prévues“, la principale devant avoir lieu à Paris à partir de 14h30, de la Place de la Nation à Bastille.
Les autres syndicats, qui ont pourtant fait front jeudi contre un allongement de 40 à 41 ans de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, que le gouvernement considère comme acquise, ne se sont pas joints à cet appel, jugeant le moment mal choisi.
“Nous regrettons de ne pas pouvoir être plus nombreux à manifester samedi, mais nous espérons convaincre les autres syndicats qu’il faut faire intervenir les salariés“, a expliqué vendredi sur BFM Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire national de la CGT.
Après les manifestations unitaires de retraités le 6 mars, la CGT veut donner de la “visibilité” au débat sur les retraites, pour que les salariés s’en saisissent sans attendre, alors que le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé qu’il ferait des premières propositions à la mi-avril et qu’il envisageait un projet de loi pour l’été.
“On ne peut pas laisser passer en catimini cette troisième vague (de la réforme des retraites, ndlr) parce qu’elle engage des choix de société pour les 30 ans qui viennent“, estime M. Le Duigou, qui aurait souhaité une “vraie négociation” au lieu des simples discussions engagées avec le gouvernement.
M’sila : Les ouvriers de la cimenterie en grève
Les 207 manutentionnaires de la cimenterie de Hammam Dalaâ, à 30 km du chef-lieu de la wilaya de M’sila, observent une grève en signe de contestation contre les conditions de travail jugées déplorables.
Regroupés, jeudi, devant l’entrée de l’usine où ils ont brandi des banderoles, les grévistes ont tenu à faire part de tous les problèmes qui entravent le bon déroulement de l’usine. Une liste de 17 revendications a été adressée à la direction. Entre autres, la régularisation de la situation des employés vis-à-vis de la Sécurité sociale, la présence d’un médecin sur les lieux,un restaurant, des douches, le transport, une tenue complète de travail (combinaison, chaussures, casque, masque), le payement des primes et le règlement du problème des contrats et des jours fériés.
La direction de l’entreprise assure que la porte des négociations et de dialogue est ouverte dans la légalité la plus totale. Concernant les ouvriers non déclarés auprès des services de la Cnas, le directeur a invité le syndicat à lui donner les noms pour une régularisation rapide. Sur ce point, le représentant syndical a confié qu’il y a 25 ouvriers non déclarés. Pour ce qui est de cette grève, que l’inspection du Travail qualifie d’illégale, pour non-respect des délais de dépôt du préavis de grève selon la loi 90/02, article 3, la direction de l’usine menace de poursuivre les grévistes en justice et demander des dommages et intérêts.
Liberté, 29 mars 2008
La Réunion : Poursuite de la grève à La Poste
Les travailleurs de La Poste entament aujourd’hui leur cinquième jour de grève.
Le mouvement est soutenu par l’Intersyndicale CFDT S3C-CGTR PTT-FO PTT-SUD PTT. Il touche le centre courrier de Saint-Benoît, qui regroupe la distribution et le tri de Saint-Benoît, Sainte-Anne, Sainte-Rose et la Plaine des Palmistes. La Poste veut ouvrir un nouveau centre de distribution. Pour les travailleurs, cette délocalisation est l’occasion de faire avancer leurs revendications.
En effet, pendant plusieurs années, ils ont dû subir des conditions de travail difficiles, avec notamment la présence d’amiante, précise Serge Céleste de l’Intersyndicale, ainsi qu’un manque de personnel et des locaux inadaptés.
La première revendication était une compensation financière de 4.500 euros par travailleur. Avant les négociations d’hier après-midi, les travailleurs convenaient d’une compensation de 3.000 euros. La direction a propose un peu plus de 2.000 euros, mais pas pour tout le monde. La Poste veut en effet que cette compensation soit versée en fonction de l’indice, ce qui a pour résultat de pénaliser les travailleurs précaires en contrat de droit privé.
Vaste mouvement de grève chez Météo France
Les syndicats redoutent que le «plan stratégique 2017» ne se traduise par un millier de suppressions d’emplois dans les dix ans.
Le climat social se dégrade sensiblement chez Météo France. L’institution du quai Branly, qui n’avait pas connu de mouvement social depuis 2004, est en grève depuis la nuit de jeudi à vendredi et cela jusqu’à demain matin. Le ciel ne restera pas muet pour autant : les prévisions seront toujours publiées, mais elles seront limitées à 24 heures. En cas d’urgence climatique, les informations seront bien entendu communiquées.
Le mouvement de grève lancé par les syndicats (Spasmet, SNM-CGT, SNITM-FO) a été largement suivi : pendant la nuit de jeudi à vendredi, le taux de participation a atteint, selon la direction, jusqu’à 55,4 % du personnel, avant de retomber hier à 36,1 % pendant la journée. Près de 90 % des centres de prévisions sont touchés. Les syndicats redoutent la suppression en dix ans de 1 000 postes sur les 3 600 de l’Établissement public, ainsi que la disparition d’une soixantaine de centres sur les 115 disséminés dans l’Hexagone. En province, où le mécontentement était également très perceptible, le taux de grévistes était de 48,7 %. Des rassemblements ont eu lieu devant plusieurs centres à Toulouse, Rennes, ou encore Reims.
La direction de Météo France réfute l’interprétation faite par les syndicats des 75 pages du « plan stratégique 2017 » qu’elle leur a remis à la fin de l’année dernière. « Aucun chiffre n’a été arrêté par nos services a indiqué hier Serge Duval, secrétaire général de Météo France. On ne travaille pas sur ces hypothèses, loin s’en faut. »
Il n’empêche, l’heure est à la cure d’amaigrissement. Les effectifs devraient baisser de plus de 500 postes. La masse salariale représente 220 millions d’euros, soit 70 % du budget. L’Établissement public s’apprête à ne pas renouveler la moitié des postes lors des départs en retraite. Jusqu’en 2012, le nombre des retraités sera chaque année d’environ 80 personnes, avant de dépasser la centaine après cette date.
Shell Gabon : La grève continue
La grève à Shell Gabon devrait se poursuivre a annoncé vendredi soir le secrétaire général de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), Guy Roger Aurat Reteno.
Au cours d’un point de presse, à Libreville, il a déploré l’immobilisme observé dans les négociations.
« Nous appelons à une mobilisation de tous les membres de l’ONEP » a déclaré M. Aurat Reteno qui a indiqué que « Marathon a déposé vendredi, par solidarité, un préavis de grève ».
Il a également précisé que « le bureau exécutif de l’ONEP dans l’Ogooué maritime va appeler dans les prochaines heures par voie de presse à une grève générale du secteur de l’industrie pétrolière si aucune solution n’est trouvée à la situation qui prévaut à Shell Gabon ».
Déjà, le 15 mars dernier, l’organisation des syndicats des employés du secteur pétrolier, réunis en conseil national, avait estimé que la situation n’avait que trop duré. Le dossier des revendications se trouvant depuis 5 ans sans solution.
Jusqu’à présent, la direction générale de Shell Gabon n’a pas convaincu ses interlocuteurs de sa volonté à faire aboutir les revendications qui ne se sont limitées qu’à des promesses non tenues.
L’ONEP regroupe 87 sociétés pétrolières alors que l’Union pétrolière gabonaise (UPEGA), une organisation patronale, en compte 56.
L’ONEP qui compte 3351 adhérents, a toutefois reconnu que Total Gabon, premier opérateur pétrolier du Gabon, est la seule société qui respecte les lois du pays en matière de législation pétrolière et de droit du travail alors que les autres compagnies pétrolières rencontrent des difficultés pour s’y adapter.
Mioveni : Plus de 7.000 ouvriers de Dacia dans la rue
Plus de 7.000 ouvriers de l’usine Dacia-Renault, en grève depuis lundi 24 mars pour réclamer une augmentation de salaires, ont manifesté pendant quatre heures, jeudi, dans le centre-ville de Mioveni. Depuis, les négociations ont repris avec le patronat français mais chacun semble déterminé à camper sur ses positions. D’un côté, les salariés veulent profiter du succès du modèle à bas coût Logan qu’ils produisent depuis 2004. De l’autre, les représentants du groupe Renault en Roumanie rechignent à augmenter les salaires de plus de 70% sous la pression d’un mouvement qu’ils jugent illégal.
Pour leur quatrième jour de grève, les salariés de l’usine Dacia-Piteşti ont organisé une manifestation dans les rues de la petite ville de Mioveni [30.000 habitants]. Ils étaient plus de 7.000 à se rassembler, jeudi vers 10h, devant la Maison des syndicats.
En signe de solidarité avec les grévistes, des syndicalistes venus de tout le pays étaient présents lors de la manifestation : ceux de la Poste de Bucarest, Dâmboviţa, Dolj et de l’Olt, les membres des sections du Bloc national syndical de Dolj et de l’Olt mais aussi les syndicalistes d’Automobiles Craiova et d’Arcelor-Mittal de Galaţi
Première dans l’histoire syndicale de la Roumanie, des représentants de la CGT de l’usine Renault de Cléon [Seine-Maritime] sont venus parler aux grévistes des droits dont ils bénéficient en France. « Unité ! », « Voleurs ! », « Nous ne céderons pas » ou « Nous refusons la soumission aux Français », pouvait-on entendre dans la foule.
Le soutien des Nazairiens aux grévistes grecs
Manifestation de solidarité aux salariés grecs en grève de la faim, jeudi après-midi, à la mairie. Le conflit s’enlise, même si l’idée d’aller aux Prud’hommes se précise.
Jeudi 27 mars. 14e jour de grève de la faim pour les trois salariés grecs de la société Elbe, sous-traitante de Freese, elle-même sous-traitante du chantier naval Aker. Baume au coeur pour les trois grévistes, ils ont reçu, jeudi après-midi, dans le hall de la mairie, le soutien de quelque 150 personnes ayant répondu à l’appel de la CGT, pour un rassemblement citoyen solidaire.
Une occasion pour André Fadda, de l’USM-CGT, de rappeler l’historique de ce conflit qui remonte au 11 février, avec « le licenciement verbal des trois ouvriers, confirmé par lettre recommandée le 17 février. Le problème, c’est que les Grecs ne l’ont jamais reçue. Elle a seulement été présentée lors d’une réunion en préfecture ».
Affaiblis et amaigris après deux semaines de lutte, les Grecs n’abandonnent pas le combat. Jeudi matin, ils ont décidé d’adresser un courrier à leur employeur pour obtenir « ce qu’ils n’ont jamais eu » : leur contrat de travail, leurs bulletins de salaires et surtout leurs salaires. « Ces documents ne leur ont jamais été remis, ils ont seulement été montrés à l’inspection du travail et aux pouvoirs publics », persiste André Fadda. Une copie de cette lettre a été transmise à Freese, Aker et à la préfecture.
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