La section algérienne d’Amnesty international saisit le gouvernement
La section algérienne d’Amnesty International compte saisir le gouvernement, les parlements ainsi que différents ministères, de la justice notamment, afin de les sensibiliser sur la violence à l’égard des femmes. Un phénomène qui prend ses dernières années des proportions inquiétantes. Ce qui est sorti lors d’une conférence animée, hier, en son siège.
D’après le directeur exécutif de ce mouvement international, Bachir Mahieddine, c’est à travers des lettres adressées à toutes les parties citées ci-dessus, que ladite section compte dénoncer cette violence et amener le gouvernement algérien à faire dans l’aggravation des peines, sachant qu’en Algérie, l’agresseur n’en court que six mois d’emprisonnements, une peine insignifiante qui l’amènera, sans aucun doute, à récidiver. «C’est un phénomène très grave, les hôpitaux, par exemple, reçoivent quotidiennes des femmes battues soit par leurs frères ou leurs conjoints. Nous allons faire des propositions au gouvernement au courant de l’ année» et d’ajouter, : «afin de marquer la Journée internationale de la femme maltraitée, nous avons consacré toute une semaine où nous avons reçu des ONG, des associations ainsi que la presse que je considère personnellement notre porte-parole, et ce, afin de dénoncer toutes les violences à l’égard des femmes. A leurs tours, les ONG et les différentes associations qui activent dans ce domaine mèneront des campagnes de sensibilisation.»
Il est à rappeler que l’enquête réalisée par la Gendarmerie nationale et rendu publique récemment a confirmé encore une fois la tendance à la hausse de ce phénomène. Pour les deux premiers mois de l’année 2008, 8 928 affaires de violence contre les femmes ont été enregistrés, 172 d’entre elles concernent les plaintes et blessures volontaires, dont 86 sur adolescentes, 50 pour attentat à la pudeur, dont 29 sur mineures, 32 viols, 12 sur mineures, 12 pour meurtres et 17 pour enlèvement, dont 12 mineures. Par apport à l’année précédente, 161 femmes ont subi des violences physiques, 161 femmes assassinés, 51 ont fait l’objet de rapt, alors que 448 ont subi des violences sexuelles. Parmi ses dernières, 278 dont 125 mineures, ont été victimes de viol ou de tentative de viol, 109 dont 38 adolescente, ont fait l’objet d’attentat à la pudeur, 16 ont été enlevées et violées. Notons qu’ en 2007, les chiffres relatifs aux violences sexuelles ont connu une hausse sensible, et ceux de cette année reflètent une hausse considérable des violence à l’égard de cette frange vulnérable de la société. L’enquête a révélé, également, que la tranche d’âge des femmes exposées aux violence sexuelles est entre 19 et 28 ans suivie de celle des mineures.
Il y va sans dire que les femmes battues sont atteintes directement dans leurs intégrités physique, sexuelle et psychique. Humiliées, insultées, battues ou violées, elles préfèrent garder le silence, de peur d’être rejetées, soit par la famille ou d’être répudiées. Quand elles sont pas battues par le frère, c’est le conjoint qui croit que battre sa femme est un droit et un acquis. De ce fait, il se permet de faire subir à sa femme toutes formes de violences. La violence conjugale chez nous est très répandue et elle prend des formes multiples. Le communiqué remis à la presse regorge de détails sur la violence au sein du couple. Il est mentionné que la violence est un moyen utilisé par l’homme pour dominer sa compagne. Elle a des effets sur l’entourage, notamment sur les enfants qui se trouvent perturbés dans leur développement. On la trouve dans toutes les couches sociales, la femme violentée ne quitte que rarement son mari.
Par les chiffres, deux femmes sur cinq ont subi de la violence psychologique au cours de leur vie, 80% des femmes battues vivent dans une relation où l’homme est dominant, 40% des femmes qui, ont subi de la violence physique, disent en avoir été victimes au moins trois fois l ; dans environ 15% des cas, la violence a été fréquente. Ces chiffres reflètent des valeurs minimales. Selon les professionnels, le nombre exacte est plus élevé. Plus d’une femme sur deux connaît dans son entourage au moins une femme frappée par son mari ou ami et plus d’une femme sue cinq connaît au moins une femme frappée actuellement par son mari ou ami. ledit communiqué bat en brèche l’idée répandue qui établit un lien direct entre chômage et violence ou celle qui fait référence à une perte de contrôle. En réalité, le recours à la violence est un moyen pour contrôler et soumettre la femme. Celui qui ne dénonce pas cette violence, la cautionne implicitement. «La violence contre les femmes dans le couple n’est pas une affaire privée. Elle nous concerne toutes et tous.»
La Nouvelle République, 24 mars 2008
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bonne continuation et à bientôt Inch Allah