Les enseignants expriment leur colère face à la politique gouvernementale
Deux cent mille enseignants syndiqués au NUT (National Union of Teachers) ont fait grève jeudi en opposition au plan salarial à la baisse du gouvernement. Les adhérents du NUT ont voté à 3 contre 1 le rejet de ce plan salarial sur trois ans prévoyant une augmentation de 2,45 pour cent cette année, suivie de 2,3 pour cent pour les deux prochaines années.
Les enseignants ont été rejoints par 100 000 fonctionnaires du syndicat PCS (Public and Commercial Service Union), qui s’opposent à un plafonnement similaire de leur salaire, imposé par le premier ministre Gordon Brown à tout le secteur public.
D’après le Guardian, « On s’attendait à ce que plus d’un million d’élèves de 8000 établissements scolaires ratent l’école… et il semblerait que ces prédictions aient été dépassées. Plusieurs municipalités ont rapporté un nombre de fermetures totales ou partielles d’établissements supérieur au double de ce qui avait été prévu ce jour-là. »
Un établissement sur trois en Angleterre et au Pays de Galles est resté fermé bien que les deux autres syndicats d’enseignants, le NASUWT (National Association of Schoolmasters Union and Women Teachers) et l’ATL (Association of Teachers and Lecturers) aient refusé de soutenir la journée d’action.
A Londres, 708 établissements scolaires sont restés complètement fermés et 769 étaient partiellement fermés. Dans le sud-ouest, la grève a provoqué la fermeture de 254 établissements et à Liverpool 187 établissements ont fermé leurs portes tandis que 213 n’ont pu fonctionner que partiellement. Dans le nord-est, il y a eu fermeture de 402 établissements, 500 ont fermé au Pays de Galles et 600 dans le Yorkshire. Le West Middlands a vu 200 fermetures d’établissement et 264 fermetures partielles.
Alleux : Débrayage chez Cordon
Quatre-vingt-cinq employés de l’entreprise Cordon, installée aux Alleux, ont débrayé trois heures hier matin. Pour peser sur les négociations salariales.
« J’ai vingt ans de boîte. Je gagne 1 030 € net par mois. Et la direction chipote pour quelques euros d’augmentation. C’est pour ça que je fais grève ce matin. » Comme quatre-vingt-cinq de ses collègues. Ce mouvement de grève, c’est une première chez Cordon depuis 1991. C’est à cette date que l’entreprise s’est installée sur le site de la zone des Alleux. On y répare des décodeurs télé et des téléphones portables. 85 des 220 employés du site ont donc débrayé à 10 h hier matin, juste après la pause, « pour marquer le coup, dans le cadre des NAO, les négociations annuelles obligatoires sur les salaires », explique Martine Bambion, déléguée syndicale CGT. Le différend portait sur le montant de l’augmentation uniforme mensuelle : la direction propose 40 €, les syndicats 60 €. « La direction voudrait que cette augmentation soit diminuée du montant de l’augmentation légale du Smig de juillet prochain. La majorité des salariés sont payés au Smic ici. Les prix flambent mais les salaires s’écrasent. »
Trois heures de grève
Ces négociations intéressent trois sites du groupe Cordon, Dinan avec 220 salariés, Nîmes 20 salariés et Paris 10 salariés. « En plus, la direction voudrait écarter une dizaine de salariés de cette revalorisation. Sur quels critères ? », s’interroge la déléguée CGT, qui met en avant d’autres revendications, « un 13e mois et l’augmentation de 1 € du ticket restaurant. Mais, face à cela, on ne nous propose qu’une revalorisation de 3,51 € de la prime de transport. »
Fin de grève à La Redoute ?
Dès la signature du protocole d’accord, vers 13 heures, des camions verts remplis de colis ont quitté le site. Le travail a repris, hier, pour l’immense majorité des salariés de La Redoute, à Wattrelos (Nord), sur le site de la Martinoire, près de Roubaix.
La direction a signé un accord avec trois syndicats majoritaires sur six – SUD, CFDT et CFTC -, contre l’avis de l’assemblée générale du matin qui avait voté la reconduite de la grève, et celui de la CGT, de FO et de l’Upar.
Vingt-neuf jours de grève pour obtenir 50 euros net pour les plus bas salaires, 45 pour les salaires intermédiaires, 40 pour les plus élevés. Et l’embauche de 50 intérimaires. Soit un tiers, en salaire, de ce que demandait l’intersyndicale, et six fois moins que le nombre d’intérimaires réclamés. Selon la CGT, l’augmentation des plus bas salaires, après les hausses du Smic du 1er mai et du 1er juillet, équivaut à une «hausse de 11 euros seulement».
Libération, 30 avril 2008
Voir les autres articles sur la grève à La Redoute (Roubaix)
Mobilisation massive des travailleurs d’Airbus
Les employés ont débrayé ce mardi pendant deux heures à Toulouse au moment où le président rencontrait les syndicats. La grève était également suivie sur les autres sites de l’avionneur.
L’appel à la poursuite de la grève lancé vendredi par les syndicats, a été très entendu. De 7000 à 8.000 salariés, selon la police et les syndicats, ont manifesté sur le site de Saint-Martin du Touch, à Toulouse, pour protester contre le manque d’équité entre les sites allemands et français. Au même moment se tenait un comité central d’entreprise extraordinaire sur le site, suivi d’une réunion entre les syndicats et le président d’Airbus France, Fabrice Brégier.
Sur tous les sites, la mobilisation était également forte. Près d’un millier ont manifesté à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et 500 à Méaulte (Somme). Sur tous les sites français de l’avionneur européen, un arrêt de travail, de 09 h30 à 11h30, était observé.
Les syndicats dénoncent le non respect des engagements pris lors de la mise en place du plan de réduction des coûts Power 8. Les trois sites allemands de Varel, Nordenham et Augsbourg devaient initialement être vendus. Mais, faute de repreneur, la direction d’Airbus a décidé de les filialiser à 100%. Une entorse à l’égalité de traitement entre l’Allemagne et la France selon les syndicats, alors que le plan prévoit la vente des sites français de Méaulte, de Saint-Nazaire Ville et du site britannique de Filton.
A l’issue de la réunion, le président d’Airbus France, Fabrice Brégier, a indiqué que l’avionneur continuait à rechercher des partenaires pour reprendre ses sites. Jean-François Knepper, délégué syndical central Force ouvrière, le syndicat majoritaire à Airbus France, a indiqué que pour la direction «rien n’était décidé et que c’était le board des actionnaires qui prendrait la décision finale dans les semaines et les jours à venir». Ce dernier a ajouté «on va attendre ce que décide le board des actionnaires tout en restant mobilisés et en n’excluant aucun autre type de manifestations».
L’envers du décor
Les arrestations et harcèlements d’opposants, de militants des droits de l’homme, de migrants illégaux, sont plus que jamais la norme du régime tunisien.
La bonne santé économique du pays contraste fortement avec la réalité des droits de l’homme et la situation sociale. Avec un taux de croissance soutenu de 5 % en moyenne par année, un revenu de plus de 2 100 euros par habitant, juste derrière l’Algérie (plus de 3 100 euros), la Tunisie donne l’image, dit-on, d’un « pays émergent ». Toutefois cette croissance n’est pas suffisante pour réduire les inégalités sociales et pour endiguer un taux de chômage estimé à plus de 14 %. Il frappe notamment les jeunes diplômés universitaires (17 % officiellement).
La récente grève du bassin minier de Redeyef (Gafsa) soutenue par les habitants de la localité et qui a été brutalement réprimée le montre amplement. Signe encore de ces inégalités, ces 23 « haragas » (1) disparus en mer cette semaine à bord d’une embarcation de fortune au large de Chebba (Mahdia) en tentant de rejoindre l’Italie.
La question des libertés, constitue la face noire du pays et Nicolas Sarkozy ne peut l’ignorer. « La justice est aux ordres, la corruption se généralise, la torture fréquente. Le bilan du régime est désastreux. Nous ne voulons pas d’une simple libération, comme la dernière fois (que le président français est venu – NDLR), qui fasse figure d’alibi », assure Khadija Chérif de l’Association tunisienne des femmes démocrates, quand elle a appris que Nicolas Sarkozy abordera le sujet avec le président Ben Ali.
Parmi ces atteintes aux libertés : Slim Boukhri, correspondant du journal londonien en arabe Al-Quds el Arabi, a été condamné en décembre dernier à un an de prison. L’hebdomadaire Al-Mawqif, organe du Parti démocratique progressiste (PDP) a été saisi à quatre reprises depuis le début de l’année. À la suite d’une plainte en diffamation par des entreprises de distribution d’huile d’olive, il vient d’être condamné à 274 000 euros d’amende, soit une asphyxie financière assurée. En signe de protestation, deux de ses responsables, Rachid Khechana et Mongi Ellouze, sont en grève de la faim depuis samedi.
Mourrir au travail
Trois personnes enfermées dans un atelier de matelas de Casablanca, ont péri dans un incendie dans la nuit de dimanche à lundi, vingt-quatre heures après un incendie identique qui a fait 55 morts dans la capitale économique du Maroc.
Un responsable des pompiers a affirmé que les trois ouvriers, âgés de 18 à 24 ans, dormaient dans l’atelier de 12m2 situé au rez-de-chaussée d’un immeuble dans l’est de Casablanca lorsque le feu s’est déclaré.
“Ils ont tenté d’ouvrir la porte mais elle était fermée de l’extérieur et nous avons dû la défoncer mais c’était trop tard, ils étaient morts carbonisés“, a-t-il ajouté.
Les causes de l’incendie n’ont pas encore été déterminées. L’intervention rapide de la protection civile a permis d’évacuer le voisinage et de circonscrire l’incendie, selon une source préfectorale.
Samedi, 55 personnes avaient trouvé la mort dans l’incendie d’une usine de matelas et de fabrication de meubles à Casablanca, car les propriétaires avaient également fermé les issues pour empêcher le coulage.
Lundi matin, des pompiers détruisaient la façade de l’immeuble de 4 étages pour tenter de retrouver des corps. Une centaine de femmes licenciées d’une usine avoisinante ont manifesté sur les lieux du sinistre en criant à l’adresse du roi: “Commandeur des croyants, venez voir comment se comportent les profiteurs et les malfaiteurs“, faisant allusion aux chefs d’entreprise.
Peugeot Motocycles : Chantage à l’emploi
Le bras de fer a tourné à l’avantage de la direction. Les représentants des salariés de Peugeot Motocycles ont accepté le marché qu’elle leur proposait : si vous réduisez de moitié vos RTT, on ne délocalise pas la production du nouveau modèle de scooter en Asie. Le comité central d’entreprise (CCE) a donc accepté mardi à Mandeure (Doubs) de renégocier l’accord sur les 35 heures en échange de la promesse de maintien de 1.050 emplois.
Le constructeur de scooters avait rencontré l’opposition unanime des syndicats, provoquant en février une grève de 80% des effectifs de ses deux usines de Mandeure et Dannemarie (Haut-Rhin). Son offre de révision n’était assortie d’aucune contrepartie. Celle-ci est venue fin mars, sous la forme du lancement d’un nouveau modèle en 2009 permettant le maintien de tous les emplois.
Les syndicats disposent d’un mois pour renégocier les 35 heures, a souligné Bruno Masson, élu CFE-CGC au CCE. Le projet consiste à faire remonter à 35 heures le temps de travail “effectif” dans les ateliers de production contre 30 à 32 heures actuellement, en combinant la non-comptabilisation des pauses et une diminution des jours de RTT. Il diminuerait le prix de revient qui rendrait le nouveau scooter compétitif face à ses concurrents asiatiques, selon la direction.
La CFE-CGC, qui a basculé dans le camp du “oui”, a joué un rôle décisif car elle possède deux voix sur quatre au CCE en tant que syndicat majoritaire chez les techniciens et ingénieurs. “Nous avions demandé une contrepartie industrielle. Nous estimons avoir été écoutés“, explique Guy Barbier, son délégué central. “Accepter de renégocier ne présage pas que nous allons signer“, prévient-il toutefois.
Le syndicat souligne aussi que la renégociation, qui concerne la production soit environ la moitié des effectifs, ne fera qu’aligner le régime sur celui des autres services (marketing, après-vente, recherche-développement, administratifs) qui pratiquent déjà les 35 heures “réelles”. La CFTC (une voix au CCE), a également voté pour la renégociation.
Ille-et-Vilaine : 7 instits sur 10 en grève contre les fermetures de classes
3 000 manifestants, 75 % de grévistes, plus de 220 écoles fermées département ce mardi… Les professionnels de l’éducation se sont mobilisés en masse. Ils dénoncent la dernière réforme de l’Education nationale qui prévoit de supprimer 11 200 postes en France. A Rennes, le prévisionnel s’oriente vers douze fermetures de classes pour neuf ouvertures.
“Notre grande revendication, c’est l’opposition à la fermeture de postes dans la fonction publique, le ministère prévoyant 11 200 suppressions à la rentrée prochaine en France“, déclare Yves Colnot, secrétaire départemental du syndicat SNUDI-FO.
Cet après-midi, le cortège, au départ de l’Inspection académique, a rassemblé environ 3 000 personnes. Parmi eux des enseignants, des directeurs d’école, mais aussi des parents d’élèves et leurs enfants venus soutenir la cause de l’enseignement. L’Inspection académique ne peut que constater la force du mouvement : « On est d’accord avec les chiffres syndicaux. Environ 75 % des enseignants étaient en grève et près de 220 écoles dans le département n’ont pas ouvert leurs portes ».
Les syndicats quittent la table des discussions
Les syndicalistes devaient être reçus par le Préfet et l’Inspection académique pour faire l’état des lieux de l’école dans le département. Peu avant d’entrer en préfecture pour faire le point, Yves Colnot prévient : “Si on n’obtient pas de réponses claires de la part du Préfet, on ne siégera pas“. Les réponses, ils ne les auront pas aujourd’hui.
Mobilisation lycéenne d’ampleur en province
La province a mobilisé mardi des lycéens et enseignants par milliers contre les suppressions de postes prévues dans les collèges et lycées à la rentrée, une première pour une mobilisation qui n’avait jusqu’ici décollé qu’en région parisienne.
Avec entre 20.000 et plus de 30.000 manifestants selon un comptage effectué par les bureaux de l’AFP et entre 40.000 et 50.000 selon le syndicat lycéen Fidl, ce sont plus d’une trentaine de villes des zones A et B qui se sont mobilisées au total.
Des syndicats avaient en outre ponctuellement appelé les enseignants à la grève, qui ont grossi les rangs des jeunes manifestants.
Les deux syndicats lycéens, la Fidl et l’UNL ont appelé les lycéens à se joindre aux cortèges du 1e mai pour maintenir le rapport de force avec le gouvernement tant que la zone C (Paris, Créteil, Versailles et Bordeaux) n’est pas rentrée.
A son retour et une fois passés les ponts du mois de mai, une journée de mobilisation fonction publique, éducation, lycéens est prévue le jeudi 15 mai, puis une manifestation nationale le dimanche 18 mai à l’appel de la FSU et enfin une nouvelle journée d’action le samedi 24 mai.
“On ne peut bâtir une école qui vise à la réussite de tous en étant guidé par des logiques uniquement comptables et budgétaires, la réforme du lycée doit se faire dans l’intérêt des lycéens et non pas contre eux“, a prévenu l’UNL dans un communiqué.
“La mobilisation d’aujourd’hui a montré que les lycéens sont de plus en plus nombreux dans les rues à refuser la logique budgétaire du gouvernement“, a renchéri la Fidl dans un communiqué séparé.
Représentativité syndicale : Position de la Fédération CGT de l’Industrie Chimique
Intervention de la FNIC CGT à la Commission Exécutive Confédérale du 16 avril 2008 sur la « position commune relative à la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme »
La « position commune » issue de la négociation interprofessionnelle portant sur la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme, qui s’est conclue le 9 avril, constitue une nouvelle attaque de fond contre la représentation des salariés. Elle enterre, de fait, les avancées significatives qu’ont obtenues les organisations syndicales depuis plus de 40 ans.
Mais, surtout, elle signe la mort du syndicalisme que la CGT a toujours porté.
Dès le préambule du chapitre 1 du titre 1 relatif aux critères de représentativité des organisations syndicales de salariés, nous sommes avertis. Il ne s’agit plus d’agir (à défaut de transformer) sur la société mais bien de prendre acte des « évolutions actuelles de la société et de ses composantes économiques et sociales ». Cette phrase, à l’instar de l’ensemble de la position commune, correspond ni plus ni moins à la négation du rapport de forces comme moteur des relations avec le patronat.
Au syndicalisme basé sur la capacité à mobiliser les salariés, à créer un rapport de forces, la position commune substitue un syndicalisme délégataire, un syndicalisme d’opinion. C’est aussi ce qui résulte du nouveau critère de représentativité que constitue l’audience.
Plus grave encore, le critère de l’audience ôte toute indépendance au syndicat. La CGT n’existera plus en tant que telle. Son existence même sera soumise, tous les quatre ans, à la volonté de salariés trop souvent pris en otage par le patronat. Dès lors on peut s’interroger sur un autre critère de représentativité : l’indépendance…
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

