De Renault Cléon à Dacia Pitesti : Même patron, même combat !
Une « collecte de solidarité » au profit des salariés de Renault Dacia en grève depuis trois semaines à Pitesti (Roumanie) organisée mardi à l’usine de Renault Cléon (4.700 salariés), a rapporté un peu plus de 2.000 €, ont indiqué les syndicats CGT et CFDT de l’usine à l’initiative de cette opération. Le site de Cléon spécialisé dans la fabrication de moteurs et de boîtes de vitesses pour l’alliance Renault-Nissan pourrait être touché si la grève roumaine devait durer.
« Solidarité avec les copains de Dacia. Solidarité avec la Roumanie », répètent inlassablement à Cléon les militants devant la grille d’entrée de l’usine “P4 bis“. « Il faut les aider, ils sont sous-payés », explique un ouvrier qui court rejoindre son atelier d’assemblage.
Les 7.500 salariés en grève illimitée sur les 13.000 du site roumain revendiquent une augmentation mensuelle uniforme de 147 € pour tous. Le salaire mensuel moyen chez Dacia est de 285 €. La direction propose une augmentation de 42€.
« Cette lutte ultra-majoritaire des salariés de l’usine de Pitesti a fait naître un élan de soutien et de solidarité chez Renault et dans l’ensemble du secteur automobile », indique à Cléon Gilles Cazin pour la CGT. Des collectes similaires sont organisées sur les sites en France (vendredi à Sandouville) et en Espagne.
« Au vu des profits (2,7M€) et des dividendes versés en mai prochain (913M€) nos camarades de Roumanie ont droit à un vrai salaire. Assez de salaires low cost », poursuit le syndicaliste qui au nom d’une « solidarité ouvrière internationale » veut « lutter plus pour gagner plus ».
Discours plus mesuré pour la CFDT qui appelle à « la construction d’une Europe sociale qui reste à définir chez Renault ». « Ce conflit salarial important constitue une première en Europe centrale. Les salariés veulent être reconnu à leur juste valeur », explique Emmanuel Couvreur secrétaire CFDT.
Pourtant si l’ouvrier Français gagne en moyenne 5 fois le salaire d’un Roumain, la plupart des ouvriers qui badge en main viennent prendre leur quart ne participent pas à la collecte. Ceux et celles qui donnent le font dans la discrétion.
En vitesse. « Tout le monde craint pour son emploi. On a peur. Ceux qui manifestent le font en silence », justifie rapidement un ouvrier au moment de franchir le “hachoir“ P4 comme on le surnomme ici.
Demeure dans les esprits la menace de la direction de délocaliser l’usine de Pitesti en Inde, en Russie ou au Maroc. « Après la Roumanie, ça va être l’Inde et après,,, on va crever », s’inquiète sans préciser davantage sa pensée un autre salarié.
« Avec 120.000 personnes concernées autour de Pitesti c’est un chantage inapplicable », rassure Emmanuel Couvreur. La production de Logan étant bloquée les craintes surgissent aussi lorsque sont évoquées les incidences possibles du mouvement sur la production locale de boîtes de vitesse.
Cléon fabrique 5.000 “collections de pignons“ par semaine notamment dédiés à la Logan. En parallèle, Cléon reçoit des couronnes de boîtes de vitesses fabriquées en Roumanie. « Les approvisionnements sont pour l’instant tenus », temporise la CFDT.
« J’ai donné 2€. C’est grâce à eux (les roumains ndlr) et à la vente de la Logan que l’on a ici un intéressement », conclut un dernier ouvrier. Mardi à 16 h, la collecte avait rapporté 2.056€.
ANI, 9 avril 2008
Alors que chaque jour nous montre la réalité de la barbarie capitaliste, ce site a pour objet de suivre l’actualité du point de vue de la classe ouvrière. En effet, alors que le capitalisme ne nous offre que toujours plus de guerre, de chaos, de misère et d’atrocités, nous pensons que seule l’organisation des travailleuses et des travailleurs est capable d’offrir un autre futur à l’humanité.

