Premier Mai à Paris
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi à Paris, pour le pouvoir d’achat et les retraites, dans le principal défilé parisien du 1er mai, fête du Travail, ainsi que pour la défense des salariés sans papiers, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Plus d’un millier de salariés franciliens sans papiers, selon la CGT, dont certains sont en grève depuis le 15 avril, ont défilé en tête du carré CGT, au lendemain de l’annonce par le syndicat de la régularisation de trois d’entre eux par la Préfecture des Hauts-de-Seine, les premières depuis le début de leur mouvement coordonné dans plusieurs entreprises d’Ile-de-France.
“Les ouvriers sans papiers font le travail et leur travail fait du bien au pays“, proclamait une banderole, tandis que plusieurs manifestants chantaient: “c’est la loi qu’il faut changer, c’est pas les immmigrés, c’est pas les sans-papiers“.
Dans la foule, une banderole appellait à une “riposte du monde du travail“, tandis que des salariés du quotidien Le Monde, masqués et vêtus de tee-shirts blancs, se sont égayés dans la foule pour protester contre le plan de suppression de 129 emplois annoncé récemment.
“Du travail pour tous, des retraites pour chacun“, “Salaires, retraite, solidarité“, ou encore “emplois supprimés, salaires bloqués, retraites comprimées, Sarko, Fillon, ça ne plus durer, ça va pêter“, crient les manifestants.
Répression des manifestations en Turquie
Des policiers turcs en tenue anti-émeute ont fait usage de matraques, gaz lacrymogènes et canons à eau jeudi pour disperser des groupes de travailleurs et d’étudiants qui tentaient de se rassembler sur une grande place d’Istanbul malgré l’interdiction de cette manifestation du 1er-Mai.
Les autorités ont déclaré que 505 manifestants avaient été interpellés et six policiers blessés, tandis que la chaîne de télévision HaberTürk faisait état de 30 blessés.
Des milliers de policiers avaient été déployés dans les rues, les syndicats ayant prévenu qu’ils comptaient passer outre l’interdiction du gouvernement pour se réunir sur la place Taksim, où des inconnus avaient tiré dans la foule, déclenchant une bousculade qui avait fait plusieurs dizaines de morts le 1er mai 1977.
Devant la mobilisation des forces de sécurité, les syndicats avaient finalement renoncé à manifester sur la place, mais des groupes de gauche ont essayé de s’y rendre, munis de bâtons, briques et pierres, leurs visages masqués par des mouchoirs.
Des accrochages se sont également produits jeudi lors d’une manifestation dans la capitale, Ankara. La police a tiré des gaz lacrymogène contre la foule qui jetait des pierres. Au moins une personne a été emmenée à l’hôpital, pour des difficultés respiratoires.
Premier Mai : Prolétaires de tous les pays…
Cette année, les traditionnelles manifestations de la Fête des travailleurs du 1er mai ont permis à des milliers d’ouvriers asiatiques de sortir dans les rues pour demander de meilleurs salaires afin de faire face à la crise alimentaire mondiale.
Ainsi, tant dans les rues de Jakarta, en Indonésie, que dans celles de Manille, aux Philippines, en passant par Tokyo, Séoul, Bangkok ou Singapour, ils ont été des milliers, jeudi, à marcher pour exiger des augmentations de salaire.
« Les travailleurs ont faim et réclament des augmentations de salaire, un contrôle des prix et des réformes économiques conséquentes », a expliqué un syndicaliste philippin en marge de manifestations sous haute surveillance policière dans les rues de Manille.
La présence policière musclée s’est aussi fait sentir à des milliers de kilomètres de là, en Turquie, alors que l’interdiction par le gouvernement d’une manifestation a soulevé la colère des travailleurs.
Brandissant des drapeaux du Parti communiste turc, quelques centaines de manifestants ont tenté de braver l’interdiction et se sont frottés, tôt jeudi matin, aux policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser la foule. Ces manifestants voulaient notamment faire du 1er mai un congé férié.
En Grèce, une grève générale à la suite d’un mot d’ordre lancé par les principaux syndicats paralyse la plupart des transports et des services du pays. Les syndicalistes grecs, à l’instar de leurs vis-à-vis français, veulent profiter du 1er mai pour protester contre des réformes impopulaires initiées par leur gouvernement de droite.
Manifestation contre le prix des produits alimentaires
Un millier de femmes brandissant des casseroles vides ont manifesté mercredi devant le Congrès péruvien pour demander au gouvernement de lutter davantage contre la montée des prix des denrées alimentaires.
Les femmes, dont beaucoup tenaient de jeunes enfants par la main, gèrent des cantines où les Péruviens peuvent acheter un repas pour moins d’un dollar.
La hausse des produits alimentaires de base a fait chuter ce mois-ci la popularité du président Alan Garcia à 26%, son score le plus bas depuis qu’il est arrivé au pouvoir, en 2006.
Plusieurs semaines après avoir réduit les taxes sur les produits alimentaires importés, Garcia a envoyé ce mois-ci l’armée distribuer gratuitement des vivres dans les quartiers pauvres de Lima.
“Les prix de l’alimentation continuent de monter et le gouvernement ne se soucie pas des cantines“, a déploré Maria Bozeta, directrice de l’une des trois associations représentant les cantines à Lima.
Les femmes réclamaient une augmentation de 30% des subventions accordées aux cantines par le gouvernement et qui sont selon elles devenues insuffisantes.
L’Express, 1 mai 2008
Premier Mai : Quelques rendez-vous
Le premier Mai est la date par excellence pour envisager la perspective internationale. Ce jour de revendications est partout dans le monde la journée des travailleurs en lutte. La mondialisation économique actuelle rend encore plus nécessaire la coordination de notre classe. Depuis les rencontres internationales I07 organisées à l’initiative de la CNT et de ses camarades étrangers il y un an à Paris, notre travail internationaliste s’est encore accru. Devançant nos dirigeants, des coordinations se mettent en place: il s’agit des coordinations Redblack et Euro-Maghreb. Des journées de lutte communes dans différents secteurs sont en préparation. Pour ce 1er Mai, notre appel à la mobilisation est commun à huit organisations européennes.
En effet, sur tous les points du globe, les luttes sont les mêmes :
- Pour des services publics gérés par les travailleurs et les usagers : le démantèlement de services sociaux est aujourd’hui à l’oeuvre partout dans le monde. En Europe, le recul est particulièrement sensible. L’éducation, la santé, les transports, l’énergie sont aujourd’hui mis à mal sous prétexte de libération des échanges et aux dépens des travailleurs et des usagers de ces services.
- Pour nos droits syndicaux : ceux-ci sont perpétuellement bafoués. Notre solidarité s’exprime envers les militants marocains, détenus depuis le 1er mai 2007 et libérés ces jours derniers sous la pression
internationale ; envers les militants mexicains ou colombiens victimes d’assassinats, de menaces dues à leurs actions de lutte ; envers les syndicalistes de Véolia en Nouvelle-Calédonie, menacés de prison pour
fait de grève ; envers Romain, notre camarade jugé pour outrage à l’ex-ministre de l’intérieur (désormais président) dans le cadre de la lutte pour la défense des sans-papiers.
- Pour des conditions de travail et de vie décentes : les bas salaires et les horaires à rallonge ne sont pas une fatalité. A l’exemple de la lutte victorieuse des ouvriers roumains de Renault, nous ne pouvons pas
accepter, où que ce soit dans le monde, l’assujettissement de nos vies aux désirs d’investisseurs et d’actionnaires. A l’exemple de la lutte des africains contre la flambée des prix des produits de premières
nécessités (riz, mil, maïs, lait, etc.). C’est nous qui produisons, c’est nous qui décidons !
Aujourd’hui en France, nous subissons de plein fouet une politique rétrograde au service des puissants. Le principe de solidarité, déjà fort minimale, existant en France pour permettre une meilleure répartition des richesses est définitivement mort :
- Les malades payent pour les malades avec les franchises médicales ;
- Les travailleurs pauvres doivent se sacrifier pour les autres travailleurs pauvres avec la diminution de la prime pour l’emploi ;
- Les allocations familiales sautent sous prétexte d’économie ;
- Les discours et politiques sur le chômage s’apparentent à une conversation de bistrot, en culpabilisant les chômeurs ;
- L’engraissement des intermédiaires au détriment des agriculteurs et des consommateurs justifie une hausse des prix sans précédent. Il est vrai que quand le peuple a faim, il ne perd pas son temps à contester.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

