Répression des manifestations en Turquie
Des policiers turcs en tenue anti-émeute ont fait usage de matraques, gaz lacrymogènes et canons à eau jeudi pour disperser des groupes de travailleurs et d’étudiants qui tentaient de se rassembler sur une grande place d’Istanbul malgré l’interdiction de cette manifestation du 1er-Mai.
Les autorités ont déclaré que 505 manifestants avaient été interpellés et six policiers blessés, tandis que la chaîne de télévision HaberTürk faisait état de 30 blessés.
Des milliers de policiers avaient été déployés dans les rues, les syndicats ayant prévenu qu’ils comptaient passer outre l’interdiction du gouvernement pour se réunir sur la place Taksim, où des inconnus avaient tiré dans la foule, déclenchant une bousculade qui avait fait plusieurs dizaines de morts le 1er mai 1977.
Devant la mobilisation des forces de sécurité, les syndicats avaient finalement renoncé à manifester sur la place, mais des groupes de gauche ont essayé de s’y rendre, munis de bâtons, briques et pierres, leurs visages masqués par des mouchoirs.
Des accrochages se sont également produits jeudi lors d’une manifestation dans la capitale, Ankara. La police a tiré des gaz lacrymogène contre la foule qui jetait des pierres. Au moins une personne a été emmenée à l’hôpital, pour des difficultés respiratoires.
La semaine dernière, le gouvernement a accepté de célébrer le 1er-Mai mais a refusé d’en faire un jour férié ou de permettre des manifestations place Taksim. Le 1er-Mai n’est plus officiellement célébré en Turquie depuis le putsch de 1980, la dictature militaire au pouvoir jusqu’en 1983 considérant la Fête du Travail comme une dangereuse occasion donnée aux gauchistes de s’exprimer. Les syndicats ont cependant recommencé progressivement à marquer le 1er-Mai. L’an dernier, des centaines de manifestants ont été arrêtés.
La Tribune, 1 Mai 2008
Alors que chaque jour nous montre la réalité de la barbarie capitaliste, ce site a pour objet de suivre l’actualité du point de vue de la classe ouvrière. En effet, alors que le capitalisme ne nous offre que toujours plus de guerre, de chaos, de misère et d’atrocités, nous pensons que seule l’organisation des travailleuses et des travailleurs est capable d’offrir un autre futur à l’humanité.

