La santé c’est public !
Une mer humaine a déferlé dans les rues de Montréal aujourd’hui pour défendre le réseau public de santé. Plus de 50 000 personnes ont ainsi répondu à l’appel des centrales syndicales et de plusieurs groupes communautaires. On le constate, malgré des discours rassurants, les gouvernements Harper et Charest ouvrent sournoisement la porte au secteur privé, que ce soir dans la prestation de services, les assurances ou les partenariats de cliniques privées avec des hôpitaux. Une situation dangereuse qui risque de nous coûter cher et nous ramener 40 ans en arrière.
Mais la résistance est à l’ordre du jour et le succès de la manifestation d’aujourd’hui démontre à quel point les citoyens sont attachés, et comprennent la valeur, d’un système de santé public, universel et gratuit.
Les Québécoises et les Québécois se souviennent des histoires d’horreur que trop de familles ont connues avant l’assurance maladie et sont nombreux à s’inquiéter de l’ouverture insidieuse présentement offerte au privé par nos gouvernements. On assiste en effet à un accroissement sans précédent du financement privé du système de santé. La perspective de voir disparaître plusieurs soins actuellement couverts par l’assurance maladie pointe dangereusement à l’horizon, ce qui laisse présager un élargissement de la couverture pour l’assurance privée et un accroissement substantiel du coût des primes d’assurances.
SCFP, 3 mai 2008
Sauvagerie anti-ouvrière de l’Etat turc
Fidel à sa tradition d’hostilité contre le mouvement syndical, l’Etat turc a transformé le 1er mai 2008 en une sauvagerie anti-ouvrière par l’utilisation toutes les forces de sécurité y compris des unités de l’Armée.
Il s’agit d’une opération fascisante déclenchée déjà il y a plusieurs jours par le premier ministre Tayyip Erdogan et appliquée à la lettre par les dirigeants de la province d’Istanbul. Plusieurs jours avant la fête du Travail, les autorités avaient annoncé que toute manifestation sur cette place, centre névralgique de la rive européenne de la ville, interdite aux manifestations, serait réprimée.
Les forces de l’ordre sont intervenues de façon musclée jeudi en Turquie, interpellant des milliers au cours des célébrations de la Fête du travail, marquée dans le monde par des défilés pour revendiquer de meilleurs salaires, en pleine crise alimentaire mondiale. L’Association des Droits de l’Homme (IHD) a annoncé que le nombre des manifestants arrêts s’élève à près de 3.000.
Les attaques de la police anti-émeutes ont fait 38 blessés, dont huit policiers, a indiqué le gouverneur d’Istanbul.
“La police agit dans le cadre de la loi… Les personnes qui refusent de se soumettre à la loi sont responsables de ce qui leur arrive“, a dit le gouverneur au cours d’une conférence de presse.
Süleyman Celebi, le président de la grande confédération syndicale de gauche DISK, a annoncé en milieu de journée que les syndicats renonçaient finalement à se rendre sur cette place.
Une cérémonie prévue dans un coin de la place, là où au moins 34 manifestants avaient trouvé la mort dans des violences le 1er mai 1977, pour y déposer une gerbe avec l’accord de la police, a également été annulée.
Les policiers anti-émeutes, déployés par centaines autour de la place, soutenus par des véhicules blindés et des hélicoptères, ont cependant refoulé un groupe de 300 à 400 personnes en scandant des slogans contre le Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir.
D’autre manifestants, par petits groupes, ont tenté aussi, en vain, d’avancer vers la place par plusieurs chemins.
L’an dernier, plus de 700 personnes avaient déjà été interpellées lors de violences autour de cette place entre manifestants et police.
Premier Mai contre la vie chère
Une frange des militants de la coalition d’ONG contre la vie chère a organisé le 1er mai dernier près de la place de l’Indépendance, une contre manifestation à l’occasion de la fête du travail, en signe de protestation contre l’augmentation anormale des prix des produits de première nécessité.
En marge des manifestations officielles, les militants de la coalition arboraient des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire «La révolte des paniers vides», «Pays riche peuple pauvre», «La coalition et cri de femme poursuivra la lutte contre la vie chère», «Toi qui me frappe n’as-tu pas faim comme moi ?».
La présidente de l’ONG Oeuvrer plus pour le Gabon (OPGA), Bernadette Mimbui Sima, s’est indignée que les travailleurs passent sous silence leurs difficultés quotidiennes à l’occasion du 1er mai qui devrait constituer pour eux une opportunité de faire connaître toutes leurs revendications aux autorités concernées.
Dans le manifeste remis au premier ministre, Jean Eyeghe Ndong, par les représentants syndicaux des travailleurs à l’occasion de la fête du travail, aucune mention n’aurait été faite de l’augmentation des prix des produits de première nécessité.
«Ne pas évoquer le problème de la vie chère au Gabon en ce jour du 1er mai, c’est n’avoir rien compris à cette fête d’autant qu’elle constitue une tribune pour le travailleur d’exposer clairement ses difficultés» a expliqué madame Mimbui Sima.
«Nous voulons une fois de plus montrer notre désapprobation contre cette attitude hypocrite qui fait fi des difficultés du travailleur et de l’ensemble de la population dans leur quotidien pour manger ou se soigner» a ajouté la présidente de l’OPGA.
Colère de sans-papiers parisiens contre la CGT
Depuis hier après-midi, vendredi 2 mai, plusieurs centaines de sans-papiers occupent la Bourse du Travail rue Charlot, pour protester contre la manière dont la CGT s’occupe du mouvement de grève en cours.
Nous publions plusieurs communiqués et informations, pour ensuite revenir en fin d’article sur un événement qui était inévitable vue la manière dont le mouvement était mené.
COMMUNIQUE DE LA PART DE LA CSP 75:
VENDREDI 2 MAI – OCCUPATION DE LA BOURSE DU TRAVAIL PAR LA COORDINATION 75,
Par cette action la CSP 75 des sans papiers, regroupant l’ensemble des collectifs d’arrondissement, souhaite interpeller le syndicat CGT.En effet la coordination 75 reconnaît l’exemplarité du mouvement de grève conduit par le syndicat et l’association Droits Devant.
Ce mouvement a la mérite d’avoir mis sur la place publique les problèmes des travailleurs sans papiers et la nécessité pour eux d’etre régularisés.
Cette grève a ouvert une brèche à une régularisation d’envergure pour les travailleurs sans papiers d’Ile de France.
Ainsi près de 1000 dossiers ont été déposés par la CGT auprès des différentes préfectures afin d’être favorablement étudiés.
En revanche, constat a été fait par la coordination 75, que les dépôts de dossiers sont assujettis à un appui de la CGT.
La preuve en a été faite ce mercredi 30 avril lorsque la coordination 75 des sans papiers s’est rendu en délégation pour déposer les dossiers d’un millier de travailleurs auprès de la Préfecture de Paris.
Ce dépôt nous a été refusé. Or nombre de grévistes appartiennent également à différents collectifs membre de la coordination 75 et à ce titre la CGT ne peut fermer les yeux sur le soutien que nous lui avons apporté.
Dandy : Les salariés ne se résignent pas
A un mois de la fermeture annoncée, les ouvriers de Dandy veulent encore espérer trouverun repreneur ou créer une autre activité sur le site.
« Ressources inhumaines ! Contre toi, on a la haine ! » Rue Becquerel, dans la zone d’activités de Pontivy-Le Sourn, impossible de manquer l’entrée de l’usine Dandy. Aux grilles, les pancartes posées par les salariés interpellent les automobilistes. Face à l’entrée, une banderole ceinture le bâtiment administratif. Unicopa en prend pour son grade. Les 238 salariés en contrat à durée indéterminée, dont 80 % de femmes, n’acceptent pas le plan social proposé par le groupe agroalimentaire.
Depuis le 12 mars et l’annonce de la fermeture de l’usine pour fin mai ou début juin 2008, les salariés tentent de trouver des solutions alternatives, de reculer l’échéance. Mercredi 30 avril, au cours d’un comité d’entreprise, les délégués syndicaux ont refusé d’émettre un avis. Ce qui recule d’une quinzaine de jours la procédure légale dans laquelle le groupe Unicopa et ses employés sont engagés.
« Nous sommes dans une phase dite du livre IV où nous discutons des conditions économiques de la fermeture de l’entreprise » explique la déléguée syndicale CGT, Florence Even. « Avant de passer à un livre III qui lui parle du volet social des licenciements. Nous avons refusé de donner notre avis mercredi car le cabinet Secafi Alpha, mandaté pour étudier la situation, n’a reçu qu’un rapport partiel de la direction. Le cabinet a demandé les comptes du groupe Unicopa par activité. Il ne les a pas reçus. »
Que cherchent donc à savoir les « Dandy » ? Un accord sur la filière dinde intervenu en décembre 2006 a été signé par plusieurs entreprises : Dandy/Socavi de Pontivy et Languidic (groupe Unicopa), Le Clézio, de Saint-Caradec (groupe Even), TDI, de Trévé (groupe Even et RVE), RVE, de Crédin (groupe Glon/Houdebine). Et début mars 2008, Unicopa a vendu son activité volaille et produits élaborés à Terrena, n° 2 français de la volaille.
Grève dans les usines Doux
La mobilisation a été forte à Quimper (Kergonan) et Laval, en Vendée, Mayenne et dans le Morbihan. En jeu l’augmentation annuelle des salaires.
L’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FO a mobilisé dans les usines du groupe Doux pour les salaires. Bien que touchée par la grève, la plupart des 22 usines ont pu fonctionner à l’exception de celles de Pleucadeuc et de La Vraie-Croix (Morbihan), où les camions ont été bloqués par des piquets de grève. La mobilisation a été variable selon les cas, entre 10 % et 60-70 % selon la direction, entre 50 % et 100 % selon les syndicats. « La mobilisation est mitigée mais le mouvement touche les gros sites », note Michel Le Guellaud, délégué syndical central CGT.
Son usine, celle de Locminé, n’a pas bougé : la direction locale a lancé un appel à candidature il y a deux mois pour aller travailler dans d’autres usines en raison des sureffectifs : « Cela a dissuadé les collègues de se mettre en grève. » Mais d’autres usines comme celles de Pleucadeuc (dindes) et Laval (poulets) se sont mises massivement en grève.
À La Vraie-Croix (usine Soprat), les services administratifs ont même suivi le mouvement, pour la première fois. L’usine de Châteaulin (Finistère), où se trouve le siège du groupe, leader en Europe pour la volaille, s’est limitée à un débrayage en fin de matinée.
Malgré la répression, des milliers d’ouvriers dans les rues
Des milliers d’ouvriers défavorisés ont manifesté contre les dirigeants du régime iranien pour la Journée internationale du Travail.
Malgré un lourd dispositif de sécurité, des milliers d’ouvriers sont descendus dans la rue pour marquer cette journée. Dans la capitale, les ouvriers se sont rassemblés dans le quartier Pounak, dans l’ouest de Téhéran, transformant l’événement en une grande manifestation contre la dictature religieuse au pouvoir. Les participants ont lancé des slogans contre Mahmoud Ahmadinejad.
Plus de 3000 ouvriers au stade Kheirollahi ont empêché Alireza Mahjoub, un membre du Majlis des mollahs (le Parlement), de prononcer son discours et l’ont forcé à quitter les lieux. Les manifestants ont conspué le guide suprême Ali Khamenei et son président Mahmoud Ahmadinejad, tout en défilant dans les rues autour du stade.
Les forces de sécurité de l’Etat et les membres du ministère du Renseignement (le VEVAK), des agents en civil et des unités spéciales des gardiens de la révolution (le CGR) ont chargé les manifestants pour empêcher la manifestation de se propager.
Le cortège lançait des slogans comme : « Libérez les ouvriers emprisonnés », « Travailler pour vivre, pas vivre pour travailler », « Nous n’avons pas besoin de l’énergie nucléaire, nous ne voulons pas d’un salaire de 185 $ par mois. »
Des milliers d’ouvriers défilent à Rabat
Il est 9 heures du matin de ce jeudi 1er mai. Dans la capitale, plusieurs familles sont sorties accompagnées de leurs enfants pour assister au défilé des ouvriers. Une occasion pour le prolétariat marocain de célébrer, à l’instar de la classe ouvrière mondiale, cette journée à sa manière.
A Rabat, la célébration de cette journée a commencé par la lecture des discours par les ouvriers dans la place de Bab El Had. En effet, ces derniers ont pris d’ailleurs la parole pour demander le gouvernement d’améliorer notamment la situation de la classe ouvrière.
Les cinq principales centrales syndicales (CDT, UGTM, FDT, UMT et UNTM) ont exprimé, lors de ces rencontres en plein air, leurs revendications relatives à l’amélioration de la situation financière et sociale de cette classe.
Parmi ces doléances, il y a le respect du salaire minimum, le droit à l’organisation syndicale et à la grève, la titularisation des travailleurs temporaires, l’application correcte des dispositions du code du travail, la généralisation de l’assurance maladie et la protection sociale à toutes les catégories des travailleurs. La classe ouvrière a demandé également une augmentation de salaire minimum à hauteur de 30%, soit 600 DH, ”l’attachement aux droits syndicaux”, ”l’amélioration des conditions de vie de la classe laborieuse”, ”la dénonciation des atteintes aux libertés syndicales”. Elle a, par la même occasion, exprimé son rejet total des propositions du gouvernement dans le cadre du dialogue social.
Les différents intervenants ont saisi également cette occasion pour exprimer leur attachement à l’intégrité territoriale du Royaume et leur soutien au peuple palestinien. «Nous attendons cette journée avec impatience pour pouvoir exprimer nos doléances et mettre le doigt sur les infractions de la loi que subit la classe ouvrière en silence», souligne Ahmed, un ouvrier dans une usine à Salé qui s’est déplacé spécialement à Rabat pour participer au défilé.
Une fois les discours prononcés, les cinq centrales syndicales ont défilé séparément. Elles ont emprunté la principale artère de la ville, à savoir l’Avenue Mohammed V. Ce défilé a connu une présence massive des ouvriers et des ouvrières du secteur du textile et de la confection, de poste et télécommunication, de l’enseignement et même des chauffeurs de taxis blancs et des diplômés chômeurs.


Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

