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Dandy : Les salariés ne se résignent pas

A un mois de la fermeture annoncée, les ouvriers de Dandy veulent encore espérer trouverun repreneur ou créer une autre activité sur le site.

« Ressources inhumaines ! Contre toi, on a la haine ! » Rue Becquerel, dans la zone d’activités de Pontivy-Le Sourn, impossible de manquer l’entrée de l’usine Dandy. Aux grilles, les pancartes posées par les salariés interpellent les automobilistes. Face à l’entrée, une banderole ceinture le bâtiment administratif. Unicopa en prend pour son grade. Les 238 salariés en contrat à durée indéterminée, dont 80 % de femmes, n’acceptent pas le plan social proposé par le groupe agroalimentaire.

Depuis le 12 mars et l’annonce de la fermeture de l’usine pour fin mai ou début juin 2008, les salariés tentent de trouver des solutions alternatives, de reculer l’échéance. Mercredi 30 avril, au cours d’un comité d’entreprise, les délégués syndicaux ont refusé d’émettre un avis. Ce qui recule d’une quinzaine de jours la procédure légale dans laquelle le groupe Unicopa et ses employés sont engagés.

« Nous sommes dans une phase dite du livre IV où nous discutons des conditions économiques de la fermeture de l’entreprise » explique la déléguée syndicale CGT, Florence Even. « Avant de passer à un livre III qui lui parle du volet social des licenciements. Nous avons refusé de donner notre avis mercredi car le cabinet Secafi Alpha, mandaté pour étudier la situation, n’a reçu qu’un rapport partiel de la direction. Le cabinet a demandé les comptes du groupe Unicopa par activité. Il ne les a pas reçus. »

Que cherchent donc à savoir les « Dandy » ? Un accord sur la filière dinde intervenu en décembre 2006 a été signé par plusieurs entreprises : Dandy/Socavi de Pontivy et Languidic (groupe Unicopa), Le Clézio, de Saint-Caradec (groupe Even), TDI, de Trévé (groupe Even et RVE), RVE, de Crédin (groupe Glon/Houdebine). Et début mars 2008, Unicopa a vendu son activité volaille et produits élaborés à Terrena, n° 2 français de la volaille.

La filiale Tilly Sabco d’Unicopa de Guerlesquin (Finistère), spécialisée dans la volaille congelée pour l’exportation, reste dans le groupe morlaisien. Dans le même temps, Unicopa a annoncé la fin à son activité de production de viande de dinde Dandy. « Nous ne savons pas ce qui se trouve réellement dans cet accord avec Terrana » poursuit Florence Even. « Nous avons le droit de savoir. Si le groupe Unicopa n’a rien à cacher, qu’il nous le montre. »

Suite à la réunion du 30 avril, les délégués ont demandé une autre rencontre. Vendredi matin, la direction a donné son accord pour une nouvelle réunion dont la date n’est pas encore précisée: elle y apporterait des précisions sur ses comptes. En fait, les salariés de Pontivy pensent qu’ils sont sacrifiés pour donner de l’air financier à d’autres filiales. La crise de la filière dinde perdure depuis 2000. « On nous dit que nous coûtons chers. Mais combien coûtent les licenciements ? Et pourquoi ne pas essayer de chiffrer le coût d’une activité charcutière sur notre site » demandent-ils ? « Nous nous apercevons que la direction ferme certaines lignes de l’usine : il y a de moins en moins d’émincés, la ligne d’abats a été supprimé, nous ne faisons plus de sous-vide. »

Une centaine d’emplois seront proposés aux salariés dans une usine du groupe Unicopa, située dans le bassin d’emplois de Loudéac (22). Ainsi qu’un accompagnement pour retrouver un emploi. Un tiers des employés a plus de 51 ans. Certains, comme dans beaucoup d’entreprises de l’agroalimentaire, souffrent de troubles musculo-squelettiques.

Ouest-France, 3 mai 2008

mai 3, 2008 - Posté par xxx | 1) Luttes de classes, France | | Pas encore de commentaires

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