Solidarité Ouvrière

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Grève dans les usines Doux

La mobilisation a été forte à Quimper (Kergonan) et Laval, en Vendée, Mayenne et dans le Morbihan. En jeu l’augmentation annuelle des salaires.

L’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FO a mobilisé dans les usines du groupe Doux pour les salaires. Bien que touchée par la grève, la plupart des 22 usines ont pu fonctionner à l’exception de celles de Pleucadeuc et de La Vraie-Croix (Morbihan), où les camions ont été bloqués par des piquets de grève. La mobilisation a été variable selon les cas, entre 10 % et 60-70 % selon la direction, entre 50 % et 100 % selon les syndicats. « La mobilisation est mitigée mais le mouvement touche les gros sites », note Michel Le Guellaud, délégué syndical central CGT.

Son usine, celle de Locminé, n’a pas bougé : la direction locale a lancé un appel à candidature il y a deux mois pour aller travailler dans d’autres usines en raison des sureffectifs : « Cela a dissuadé les collègues de se mettre en grève. » Mais d’autres usines comme celles de Pleucadeuc (dindes) et Laval (poulets) se sont mises massivement en grève.

À La Vraie-Croix (usine Soprat), les services administratifs ont même suivi le mouvement, pour la première fois. L’usine de Châteaulin (Finistère), où se trouve le siège du groupe, leader en Europe pour la volaille, s’est limitée à un débrayage en fin de matinée.

A Quimper, un quart des ouvriers de Père Dodu ont suivi le mouvement, mais l’usine VSM (viande séparée mécaniquement) de Kergonan, à Quimper également s’est mise en grève à 80 % : 80 tonnes de viandes devenues inutilisables ont dû être jetées.

À Chantonnay en Vendée, 70 % des 175 ouvriers ont participé à la première grève de l’usine depuis 35 ans : « Au bout de trente ans, avoir le Smic c’est vraiment se moquer du monde », explique une des salariées vendéennes. « On est déjà la lanterne rouge des salaires, rappelle en écho une ouvrière du Morbihan. Même nos concurrents, qui ont les mêmes difficultés que nous, ont signé entre 2,5 % et 3 %. »

C’est bien l’augmentation des salaires qui est en cause. La direction tire argument du contexte économique difficile pour ne proposer que 0,5 % d’augmentation alors que les syndicats veulent environ 5 %. La CGT réclame par exemple 2 % d’augmentation en plus des 2,8 % d’inflation.

Marine Champon, directrice de la communication, souligne que d’autres points ont été négociés, qui équivalent pour certains salariés à « une augmentation de 4 %-5 % » : une indemnité de transport (10 €), une augmentation de 30 % à 60 % des primes d’accrochage, une prime de samedi travaillé et une journée d’absence pour hospitalisation par enfant et par an.

Lourdement déficitaire en 2006 lors de la grippe aviaire (45 millions d’euros de pertes), le groupe ne s’est pas relevé comme prévu en 2007, du fait du renchérissement des céréales, du coût de l’énergie et de la parité euro-dollar, explique Marine Champon.

Les résultats 2007 seront connus à la fin du mois, mais les syndicats comptent faire usage du droit d’alerte dans les semaines qui viennent s’ils n’obtiennent pas les réponses qu’ils souhaitent : « En ne proposant que 0,5 %, Doux donne un mauvais signe de santé à ses clients », estime Michel Le Guellaud.

Ouest-France, 3 mai 2008

mai 3, 2008 - Posté par xxx | 1) Luttes de classes, France | | 2 commentaires

2 commentaires »

  1. [...] pour les 5.500 employés français de Doux. Il y a une semaine, l’intersyndicale a donc lancé un mouvement de grève. Qui prend une nouvelle ampleur aujourd’hui : un rassemblement des employés est prévu ce matin [...]

    Ping par Mouvement de grève dans les usines Doux « Solidarité Ouvrière | mai 9, 2008 | Répondre

  2. [...] deuxième journée d’action, qui fait suite à celle du 2 mai, vise à obtenir une augmentation supérieure aux 0,5 % proposés par l’entreprise, au titre [...]

    Ping par Les salariés de Doux restent mobilisés « Solidarité Ouvrière | mai 10, 2008 | Répondre


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