Crise alimentaire : Les discours des gouvernants ne calmeront pas la faim
Avec les émeutes de la faim dans les pays pauvres, les dirigeants de ce monde font mine de réagir. Ainsi le 28 avril, le secrétaire général de l’ONU, Ban-Khi-moon, a lancé un appel d’urgence à l’aide internationale, relayant les demandes de fonds des organisations humanitaires de l’ONU, comme le PAM (Programme Alimentaire Mondial).
Celui-ci distribue chaque année quatre millions de tonnes de vivres par an à 73 millions de personnes dans 78 pays. Mais cette année, avec la hausse des prix alimentaires, il ne sera même pas en mesure de le faire, s’il n’obtient pas des pays riches une rallonge estimée à environ 900 millions d’euros.
Pour le moment ceux-ci ont entrouvert un peu leurs bourses, les États-Unis accordant 125 millions d’euros supplémentaires, la Grande-Bretagne 37 millions, la Commission européenne 117 millions et la France 30 millions d’euros, ce qui double sa participation. Mais on est loin du compte, ce qui fait dire à la porte-parole du PAM en France interrogée par le journal Le Monde : « Si les gouvernements ne nous aident pas, nous allons devoir faire des choix déchirants, réduire les rations ou réduire le nombre de bénéficiaires », ajoutant : « Nous avons déjà supprimé la viande de nos rations car elle est trop chère » !
Si, au XXIe siècle, alors que la planète a largement de quoi nourrir toute la population mondiale, cette situation scandaleuse est possible, c’est parce que le marché dicte sa loi. Les pays pauvres sont contraints d’abandonner leurs cultures vivrières au profit de productions susceptibles d’êtres vendues sur le marché mondial. Et depuis six mois, l’explosion des prix des produits alimentaires de base est due au fait que des capitaux spéculatifs, quittant un marché de l’immobilier en crise, se sont reportés sur les matières premières.
Casablanca : Après l’incendie-crime de Rosamor
En coordination avec le comité de soutien des victimes de l’incendie-crime de ROSAMOR survenu le samedi 26 avril 2008, des dizaines de rescapés miraculeux et des familles des calcinés et des ” sans nouvelles”, s’étaient déplacés pour manifester leur colère en plein Casablanca à l’occasion du 1er mai. Les familles réclament VÉRITÉ ET JUSTICE. Elles parlent de plus d’une centaine de “sans nouvelles”.
Sur l’initiative de l’AMDH, section de Casablanca, il a été organisé une réunion à laquelle ont assisté des militants des droits humains, des militants politiques de la gauche radicale, des rescapés miraculeux de “l’incendie -crime de ROSAMOR”, des proches des victimes (le lundi 28 avril le nombre de décédés a atteint 64: voir ASSABAH du 29 avril) ainsi que des citoyens “simples” et journalistes dont le correspondant de l’AFP.
Poignants, très émouvants, les témoignages des rescapés étaient difficiles à écouter. ça vous prend au coeur, ça vous étouffe, ça vous enrage.
Après enquête, lecture des journaux, écoute des récits des témoins directs, nous pouvons étaler publiquement les vérités suivantes:
Contrairement à ce qui a été avancé par les autorité (ce qui fait que les résultats de “l’enquête” ordonnée par le roi sont biaisés d’avance), l’ “incendie” a commencé aux environs de 10 heures du matin ( voir le témoignage de la rescapée Aïcha Bakhadir dans le quotidien “AL AHDATH AL MAGHRIBIA du mardi 29 avril 2008, et du témoignage du rescapé Madih Elhoussaïne devant l’assistance de la réunion du lundi 28 avril à 20 heures), et que les pompiers ne sont arrivés sur les lieux que midi passé. Le wali de Casablanca a prétendu que le feu s’est déclaré à 11h et que les pompiers étaient sur les lieux 20 mm après ??!!)
Que les ouvrières et les ouvriers(46) piégés dans le dernier étage, ont vu le patron et ses acolytes sortir le coffre, donnaient les ordres pour évacuer les produits, les matières premières, sans soucier du sort de la force de travail.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

