Pour que l’esprit de Mai soit au rendez-vous
Ce jeudi 15 mai les enseignants, les lycéens, les travailleurs de la fonction publique seront en grève et dans la rue. Les parents d’élèves sont appelés à les soutenir.
Les suppressions de postes, le bradage des services publics, l’angoisse devant l’avenir immédiat que ce gouvernement façonne au jour le jour, fait se lever par centaines de milliers les opposants à cette politique qui vise à taper davantage sur les travailleurs et leur famille, pour servir toujours mieux les intérêts des plus riches.
L’ensemble des travailleurs est appelé par les syndicats la semaine suivante, le 22 mai, à réagir contre le passage de l’âge de la retraite à 41 puis 42 ans. Des dizaines de grèves pour l’augmentation des salaires ont eu lieu ces dernière semaines ou se mènent encore, comme chez le « volailler Doux » qui a le culot de proposer 0,5 % d’augmentation, alors qu’officiellement l’inflation dépasse 3 % et qu’en fait tous les salariés payent encore bien plus pour les hausses de l’alimentation, de l’essence, du gaz et finalement de tous les produits de première nécessité.
Les suppressions d’emplois continuent : dernière annonce celle de 4 500 postes à la Caisse d’épargne… alors que la possibilité d’ouvrir des livrets va être offerte aux banques au premier janvier prochain. Ou chez Airbus où l’on apprend que deux usines ne seront finalement pas vendues mais « externalisées » – en clair changeront de nom avant d’être liquidées à terme – avec un projet d’augmenter le temps de travail sous le coup du chantage à l’emploi ! Quant aux chômeurs, ils seront soit contraints d’accepter n’importe quel travail, soit privés de toute indemnité. Sans compter ces travailleurs sans papiers qui se battent depuis des semaines, bons pour travailler comme des forçats, pour payer des cotisations sociales ou des impôts, qui ne peuvent pas marcher tranquillement dans la rue par crainte de se faire arrêter et expulser, victimes de la surenchère de Sarkozy sur le Pen.
Comme les enseignants et les jeunes, tous les travailleurs sont attaqués et ont toutes les raisons de se révolter contre ce gouvernement et contre ce système. Pourquoi pas alors une lutte tous ensemble ? Sur les retraites sur lesquelles les syndicats prétendent refuser le passage à 41 ans de cotisation mais « oublient » de revendiquer le retour à 37 ans et demi, ces organisations qui se prétendent « représentatives » des travailleurs ont refusé de faire coïncider la journée de protestation avec celle des enseignants, des lycéens, des salariés de la fonction publique. Parce qu’on serait plus fort en se battant séparément plutôt que tous ensemble ?
Avant même la journée de protestation de ce jeudi 15 mai, de prétendus syndicats de lycéens, après avoir été reçus par le ministre de l’éducation Darcos, annoncent que la prochaine journée d’action sera la dernière, sans même consulter les principaux intéressés ! Parce que les « cours de soutien » dans 200 lycées annoncés par le ministre compenseraient les dégâts que 11 200 suppressions de postes vont faire dans l’enseignement ?
Non ! Parce que les directions syndicales, comme la gauche gouvernementale, comme Sarkozy et consorts, craignent tous un puissant mouvement du style de Mai 68, lorsqu’une grève générale de 10 millions de travailleurs s’ajouta à la révolte étudiante. C’est pourtant, 40 après, cela qui est à l’ordre du jour si nous voulons vraiment que ça change, et pas dans le mauvais sens. Et rappelons-nous qu’en Mai 68, si les syndicats ont fini par appeler à la grève générale, c’est parce qu’ils ont vu que, comme dans le milieu étudiant, des travailleurs commençaient à se mettre en mouvement sans eux.
Aujourd’hui, le mieux que nous ayons à faire n’est pas de nous contenter de suivre les appels à des journées les unes après les autres, mais de profiter de chacune d’elle pour nous y joindre même quand nous n’y sommes pas appelés.
Si ce 15 mai dans les entreprises il se trouve des syndicalistes de base et des travailleurs pour se mettre en grève et rejoindre dans la rue ceux qui s’y trouveront déjà, ce sera un vrai début pour contraindre le pouvoir et les patrons à reculer.
Editorial des bulletins d’entreprises “L’Etincelle“, 12 mai 2008
Alors que chaque jour nous montre la réalité de la barbarie capitaliste, ce site a pour objet de suivre l’actualité du point de vue de la classe ouvrière. En effet, alors que le capitalisme ne nous offre que toujours plus de guerre, de chaos, de misère et d’atrocités, nous pensons que seule l’organisation des travailleuses et des travailleurs est capable d’offrir un autre futur à l’humanité.


Fort bien. Mais Mai 68 n’a pas le monopole de la protestation… que dire de mai 88…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/28/mai-68-mai-88-mai-08-%e2%80%93-des-graffitis-de-l%e2%80%99ere-intermediaire/
Paul Laurendeau