Grève sur le site ArcelorMittal de Gandrange
Des salariés de l’usine ArcelorMittal de Grandrange se sont mis en grève mardi sans même attendre le rejet, en appel, de la demande faite par la CGT de suspendre le plan social concernant le site.
L’ordonnance de référé du tribunal de Thionville (Moselle) qui avait débouté le 22 avril la CGT de sa demande , a été confirmée mardi par la cour d’appel de Metz, a-t-on appris auprès de Me Ralph Blindauer, avocat du syndicat.
Les salariés de l’aciérie, promise à fermeture début 2009, ont débrayé le matin même, “sur la qualité du plan social“, a précisé à Reuters l’avocat. La direction de l’usine n’étant pas présente sur le site, le standard a confirmé à Reuters que le portier d’accès était bloqué par un piquet de grève.
“Ils sont une trentaine qui bloquent la porte de l’usine“, a précisé Edouard Martin, représentant de la CFDT au Comité d’entreprise, qui y voit une action de la CGT menée à l’occasion de l’arrêt de la cour d’appel et de l’assemblée générale d’ArcelorMittal.
Les grévistes demandent des garanties pour les salariés dont les postes seront supprimés alors que, selon Edouard Martin, la direction s’est engagée auprès de l’intersyndicale CFDT-CFE CGC, à fournir des réponses à ces questions, la semaine prochaine.
La CGT invoquait devant le tribunal un vice de procédure en estimant que les quatre Comités hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) de l’usine devaient être consultés avant le comité d’entreprise du 4 avril qui a entériné la fermeture de l’aciérie et du train à billettes.
Le tribunal avait estimé en revanche qu’il n’y avait pas matière à référé et que la consultation des CHSCT pouvait encore avoir lieu avant la fin de la négociation sur le plan de sauvegarde de l’emploi.
La direction a, depuis, convoqué les quatre comités le 20 mai, a précisé Me Blindauer, qui se dit néanmoins “tenté” par un pourvoi en cassation, moins pour son intérêt pratique que pour obtenir sur le sujet une jurisprudence au plus haut niveau.
ArcelorMittal prévoit la suppression de 595 emplois sur 1.100 à Gandrange. Cette réduction d’effectifs, touchant les activités jugées non rentables, serait compensée par la création de 124 nouveaux postes.
Les salariés perdant leur emploi à Gandrange et ne pouvant bénéficier de mesures d’âge se verraient proposer un reclassement au sein d’un autre établissement du groupe en Lorraine et au Luxembourg.
Le président Nicolas Sarkozy s’est personnellement investi sur ce dossier, promettant, lors d’une visite à Gandrange le 4 février, de tout faire pour éviter la fermeture des deux installations.
Le gouvernement a finalement dû se contenter de la promesse de nouveaux investissements du groupe sidérurgique sur le site et en Lorraine.
L’Express, 13 mai 2008
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