Grèves à répétition chez Capgemini
Entre 850 et 2 000 salariés de Capgemini et de Sogeti ont participé à un nouveau mouvement de grève à Paris et en province. Ils revendiquent une « politique salariale digne de ce nom ».
Paris, Grenoble, Toulouse, Nantes, Clermont… Hier, jeudi 15 mai, un peu partout en France, des salariés de Capgemini et de Sogeti se sont mis en grève, quelques heures, pour dénoncer la politique salariale menée par la SSII et pour défendre leur pouvoir d’achat. Pour la direction, sur les 21 000 salariés de l’UES (union économique et sociale), 850 personnes se sont mobilisées. Côté syndicats, on estime que le nombre de grévistes se situe plutôt dans une fourchette comprise entre 1 800 et 2 000 et qu’il est équivalent à celui constaté lors des journées du 28 mars et du 1er avril derniers.
A Paris, devant la tour Coeur Défense, plusieurs manifestants ont exprimé leur raz le bol. « A partir du moment où vous êtes recruté, vous n’êtes plus augmenté, souligne un ingénieur d’étude. Mon salaire n’a pas bougé depuis 2001. »
« Capgemini semble être une bonne carte de visite pour les jeunes diplômés mais, lorsqu’ils veulent améliorer leur salaire ou leurs conditions de travail, ils préfèrent partir », poursuit un autre informaticien. « Et pourtant, en 2005, précise-t-il, la SSII a signé un accord de GPEC [gestion prévisionnelle des emplois et compétences], mais très peu d’entreprises du groupe s’empressent de l’appliquer. »
« Il n’y a toujours pas, à notre connaissance, de base de données fiable sur les compétences de chaque salarié », précise un délégué du personnel.
Un tel conflit intervient après un échec des négociations entre la direction et l’intersyndicale. Au mois d’avril, la direction a fait plusieurs propositions, dont certaines sont appliquées depuis le 1er mai 2008. Elle a ainsi augmenté de 7 à 8 euros les tickets-restaurant, de 3 % les indemnités kilométriques et de 2 % les forfaits liés aux frais de déplacement des non-cadres.
Elle a également amélioré un accord signé en 2006 avec quatre organisations syndicales. Ce dernier prévoyait une augmentation automatique de 1,5 % pour toutes les personnes qui touchaient moins de 42 834 euros et qui n’auraient pas été augmentées dans les trois dernières années. Elle a ramené cette période à deux ans. « L’accord, assez innovant, octroyait aussi une augmentation forfaitaire de 500 euros pour 2 % des salaires les plus bas. Nous avons décidé de porter ce chiffre à 4 % », souligne un porte-parole de Capgemini.
Autant de mesures jugées insuffisantes par les syndicats. « Pas une seule d’entre elles ne peut bénéficier à la majorité des salariés, qui ne se retrouve pas dans le système d’augmentation au mérite. La direction n’a jamais voulu parler de l’augmentation collective immédiate et pérennisée que nous revendiquons », déplore un délégué du personnel.
01.net, 16 mai 2008
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