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Nantes : Les sans-papiers s’organisent

S’inspirant du mouvement parisien, une trentaine d’hommes ont contacté, à Nantes, le syndicat. Avec l’espoir, eux aussi, d’être régularisés.

Le déclic leur est venu de Paris. D’un coup, ils ont pris espoir. Espoir d’être régularisés, de ne plus travailler dans l’ombre. Comme ces travailleurs parisiens de ce restaurant de Neuilly, de cette entreprise de traiteur de Colombes ou de cette société de haute couture.

Depuis deux mois, des salariés sans papiers plantent des piquets de grève un peu partout en Ile-de-France, soutenus par la CGT. Une soixantaine de personnes ont été régularisées. Au total, l’organisation syndicale a déposé près de 1 000 dossiers dans les préfectures de la région parisienne.

A Nantes, encouragés par ce mouvement collectif, entre 30 et 40 sans-papiers ont sollicité la CGT. « Ça m’a vraiment étonné qu’ils nous contactent spontanément. Ces salariés ont vraiment la trouille d’être expulsés. Ils ne veulent pas apparaître au grand jour », affirme Michel Bénéteau, l’un des secrétaires de l’union départementale. Autant dire que la prudence est de mise et la moindre action minutieusement préparée. « Il faut être vigilant. Dans les dossiers de régularisation, il y a toutes les informations. À Paris, le mouvement ne s’est pas fait dans l’improvisation. »

Et Paris n’est pas Nantes. La situation locale est différente. Ce que confirme le Gasprom, association d’aide aux migrants. « Ce sont des personnes très isolées, seules dans des petites sociétés. A-t-on la capacité de lancer une grève ? », s’interroge Cédric Gratton. Ces salariés usinent dans des restaurants, des sociétés de nettoyage, de sécurité et, surtout, dans le bâtiment.

La plupart reçoivent des fiches de paie mais, selon le Gasprom, les employeurs ne sont pas tous informés de leur situation. « Il faut impliquer les employeurs mais aussi les donneurs d’ordre qui font travailler les sous-traitants du bâtiment », ajoute Michel Bénéteau.

La CGT et le Gasprom veulent préparer le terrain avant de lancer la moindre action. D’autant que des employeurs peu scrupuleux n?ont pas intérêt à ce que soit régularisée une main-d’oeuvre à pas chère. Une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine. « Avec ce qui se passe à Paris, certains reprennent espoir. Mais attention, avoir l’aide d’une organisation comme la CGT, c’est un atout fort mais ce n’est pas la panacée. »

Ouest-France, 16 mai 2008

mai 16, 2008 - Posté par xxx | 1) Luttes de classes, 5) Anti-racisme et droit des immigré(e)s, France | | Pas encore de commentaires

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