La Réunion : La tension monte au GHSR
Aux mêmes causes, les mêmes effets. Comme la semaine dernière, hier les syndicats du groupe hospitalier Sud Réunion ont bloqué la tenue du conseil d’administration pour empêcher le vote du budget et l’examen du plan de retour à l’équilibre qui prévoit une cinquantaine de licenciements. Un préavis de grève a été lancé par FO pour la semaine prochaine.
Face-à-face houleux hier matin au groupe hospitalier Sud Réunion (GHSR) entre la direction et les syndicats qui ont empêché pour la deuxième fois la tenue du conseil d’administration qui devait statuer sur le budget et sur le plan de retour à l’équilibre de l’établissement qui affiche un déficit de 9,4 millions d’euros. Pour les représentants du personnel, il est toujours hors de question de se prononcer sur un plan social qui prévoit une cinquantaine de licenciements tant que le rapport définitif de l’inspection générale des affaires sociales (Igas) n’est pas arrivé. La CFDT, la CFTC, FO et la CGTR sont au moins d’accord là-dessus. Pour l’heure, seulement les syndicats CFTC et FO se sont positionnés clairement contre les suppressions de postes envisagées par la direction et qui doivent concerner “des agents administratifs et techniques recrutés de façon irrégulière” précise le directeur du CHR Michel Calmon. “Si demain on titularise ces emplois irréguliers, c’est le personnel soignant qui pourrait cette fois être touché et cela est inacceptable”, poursuit-il. Et de préciser au passage que le rapport provisoire de l’Igas évalue à 232 agents le sur-effectif du GHSR.
UN PLAN “INACCEPTABLE”
“Est-ce que le GHSR peut fonctionner avec 232 agents de moins, bien sûr que non mais c’est oui avec 52 agents de moins dans les secteurs administratif et technique”, affirme Michel Calmon sous les huées du personnel du GHSR venu prêter main-forte à leurs représentants syndicaux. La “bronca” redouble encore quand le Dr Trébuchet président de la commission médicale d’établissement assure que l’hôpital ne pourrait pas fonctionner avec 52 soignants de moins. Pour lui “c’est un problème de choix entre les soignants et ceux qui ont été recrutés illégalement”. “Le plan de retour à l’équilibre est inacceptable, on ne peut pas accepter les licenciements quels qu’ils soient”, dit Alix Hoarau pour FO. Son syndicat a déposé dans la journée d’hier un préavis de grève pour lundi prochain. Il devrait être rejoint par la CFTC et un “collectif” des administratifs dont le porte-parole assure vouloir “montrer que les médecins se trompent et que l’hôpital a besoin de tous ces administratifs”.
Les ouvriers d’AstraZeneca Dunkerque bloquent l’usine
Alors qu’un plan de sauvegarde de l’emploi se dessine pour 2009, un mouvement de grève illimité a été entamé hier matin sur le site dunkerquois du groupe pharmaceutique AstraZeneca. Les salariés réclament des conditions de départ « à la hauteur des profits de l’entreprise » qui va se séparer de 150 à 200 personnes.
Des pneus, des barrières et une production totalement à l’arrêt depuis hier, 5 heures. Le site dunkerquois du groupe anglo-suédois AstraZeneca, qui emploie 600 personnes et produit notamment le Nexium – médicament préconisé dans le traitement des ulcères – vient de rentrer dans un conflit social dur et pour l’heure illimité. « On ne lâchera pas tant que la direction ne prendra pas en compte nos revendications », martèle David Lemaire, délégué FO.
Faisant suite à un accord conclu entre le groupe et le producteur de générique indien Ranbaxy, qui va entraîner une délocalisation de 25 % de la production en Inde dès 2009, avec suppression de 150 à 200 emplois à Dunkerque, les salariés entendent rappeler à leurs dirigeants « que le groupe a fait un milliard de chiffre d’affaires en 2007 ». Après une rencontre avec la direction, hier après-midi, l’intersyndicale (FO, CGT, CFDT) n’est pas satisfaite de la réponse. « On nous a dit ” On ne peut pas donner l’argent qu’on n’a pas” », ajoute Michel Baert (CGT). Les salariés réclament des départs volontaires avec trente mois de salaire, primes comprises, une augmentation de salaire de 100 E et l’assurance que les partants retrouveront un emploi. « On espère toutefois que le Plan de sauvegarde de l’emploi qui se dessine intégrera ces conditions », note M. Baert. Un nouveau rendez-vous est prévu cet après-midi avec la direction.
La Voix du Nord, 20 mai 2008
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