Travailleurs français ou immigrés, avec ou sans papiers, une seule classe ouvrière !
Mardi dernier, 300 travailleurs sans-papiers de la Région Parisienne se sont mis en grève. Suivis par d’autres en cours de semaine. Ils rejoignent ceux qui ont lancé ce mouvement de grève depuis le 15 avril.
Avec l’occupation de leur entreprise de nettoyage dans le 11ème arrondissement de Paris, ce sont également des femmes travailleuses sans-papiers qui entrent dans la lutte. En province le mouvement commence à se développer : à Lyon, Nantes, Rouen ou dans les Alpes-Maritimes, plusieurs dizaines de travailleurs sans-papiers s’organisent.
Suite à la première vague de grève des salariés sans-papiers, sur près de 1 000 dossiers déposés, le gouvernement n’a pour l’instant accordé que quelques 150 régularisations. Et le ministre de l’immigration de répéter qu’il n’y aura « pas de régularisation massive » . L’amplification du mouvement pourrait le contraindre à changer de ton.
Sans-papiers et donc sans droits, perpétuellement sous la menace d’une d’expulsion, à la merci des patrons et de leur chantage, ces ouvriers manifestent aujourd’hui au grand jour. Qu’ils travaillent dans les cuisines de restaurants huppés ou dans un supermarché, dans le nettoyage ou le BTP, ils sont nos voisins et bien souvent nos collègues directs, travaillant dans la même entreprise que nous, par le biais de la sous-traitance. Mais le patronat profite de leur situation pour les payer moins que le SMIC ou bafouer de nombreux droits collectifs. Comme le dit une employée de nettoyage originaire du Mali : « Sans papier, on est poings et pieds liés face au patron, on ne peut pas refuser ce qu’il demande. Régulièrement, mes supérieurs me demandent d’en faire plus, sans être mieux payée, et si je refuse, on dit que je n’ai pas de papiers ».
Les patrons en profitent aussi pour faire pression sur nos salaires à tous, pour battre en brèche les droits de tous les travailleurs. Ce sont nos garanties collectives qu’il entend briser : multiplication du travail précaire, licenciements, restructurations… C’est aussi pour cela que la grève des sans-papiers nous concerne tous, français ou immigrés.
Val-de-Marne : Reprise à Bruneau-Pégorier-Catering
En grève depuis le 23 avril, 100 des 575 salariés de l’entreprise Bruneau-Pégorier-Catering, implantée sur la plate-forme aéroportuaire de Roissy-CDG (Val-de-Marne), a finalement repris le travail à la fin de la semaine dernière.
A l’appel des syndicats FO et CGT, les grévistes de cette filiale de Servair, qui prépare des plateaux repas pour les compagnies aériennes, demandaient une revalorisation de leur salaire, un rattachement à la convention collective des transports aériens et le 14è mois. La direction s’est engagée sur le déblocage par anticipation de l’intéressement et de la participation, et a reporté à l’année prochaine la discussion sur la convention collective.
Par ailleurs, le tribunal de grande instance de Meaux (TGI), en Seine-et-Marne, département où se trouve le siège social de l’entreprise, a rendu son délibéré le 19 mai. Le TGI avait été saisi par les grévistes le 7 mai pour dénoncer l’embauche d’intérimaires pendant la grève. Il a demandé des preuves supplémentaires aux grévistes qui, de ce fait, n’ont pas donné suite à leur recour.
L’Usine Nouvelle, 26 mai 2008
Grève de 24 heures mardi chez Tectéo à Liège
Les travailleurs du gestionnaire de réseau d’électricité Tectéo se croiseront les bras durant toute la journée de mardi, à Liège, et mèneront des actions de sensibilisation de 9 à 10 heures en divers lieux de la région. Une autre journée de grève est prévue le mardi 3 juin. Le personnel se rendra alors à Bruxelles pour manifester son mécontentement devant la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG).
Cette grève intervient dans le contexte de la libéralisation de l’électricité. Tectéo (ex-ALE) n’étant plus vendeur d’électricité mais gestionnaire de réseau, elle est désormais contrôlée par la CREG. “Or la commission refuse tous les statuts inhérents aux employés de l’ex-ALE, où les fonctionnaires étaient nommés après 5 ans. Avec ces nouvelles conditions, les congés de maladie, par exemple, doivent être à charge de l’employeur et non plus de la mutuelle“, explique Gilbert Lieben, secrétaire régionale CSGP, ultra majoritaire chez Tectéo. “La CREG rejetant une série de coûts, la direction de Tectéo refuse de nommer des employés, si bien que le processus de nomination est à l’arrêt depuis quatre ans et que les conditions de travail sont de plus en plus précaires“, dénonce-t-il.
Un autre point attise la colère des employés: “du côté de Voo, la marque d’Internet et de téléphonie dépendant de Tectéo, la direction est en train de réengager du personnel de chez Brutele, dans le cadre de la fusion des opérateurs. Cela crée un paradoxe entre les deux branches de la société et entretient un malaise dans le personnel“, regrette le responsable syndical.
Les ouvrières poursuivent la grève chez Kings Land
Au Cambodge, les travailleuses de l’usine textile Kings Land sont en grève depuis décembre 2007 pour protester contre leurs conditions de travail et dénoncer le licenciement de militants syndicaux. Elles poursuivront le mouvement jusqu’à ce que le respect de leurs droits fondamentaux soit garanti par le directeur de l’usine.
Depuis le 17 décembre dernier, 600 des 700 ouvrières de l’usine Kings Land sont en grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail et dénoncer le licenciement de militants syndicaux. Une centaine d’ouvrières a continué le travail et la direction a recruté une cinquantaine de personnes en renfort, enfreignant ainsi la loi sur le travail qui interdit de telles pratiques.
Le syndicat démantelé
C.CAWDU, une fédération syndicale du textile active au Cambodge et partenaire d’Oxfam-Solidarité, a instauré un système de représentation syndicale au sein de Kings Land en juillet 2006. Il existait auparavant un syndicat fantoche, payé par la direction de l’usine, qui ne défendait pas les droits des travailleuses. C’est pourquoi celles-ci avaient demandé à C.CAWDU de fonder une véritable cellule syndicale au sein de l’usine. Plus de 570 ouvrières adhérèrent très rapidement au mouvement, mais des mesures de la direction destinées à contrecarrer la mise en place du syndicat suivirent sans délai. Dix-neuf représentants et membres du syndicat furent licenciés.
Aucun dialogue possible
C.CAWDU a, à plusieurs reprises, réclamé un entretien avec la direction. Pour y parvenir, l’organisation a utilisé tous les moyens légaux à sa disposition. Le directeur refusa toute rencontre. Pire encore, il utilisa son influence auprès des autorités pour faire approuver le licenciement des leaders syndicaux. Après avoir épuisé tous les moyens pour tenter d’entrer en discussion avec la direction, les ouvrières ont finalement lancé un mouvement de grève.
Dunkerque : La grève continue chez AstraZeneca
Les salariés de l’usine AstraZeneca de Dunkerque (Nord) ont voté lundi matin la poursuite de leur mouvement lancé le 19 mai dernier, à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-CFDT. Environ 65 % des 650 salariés du site sont en grève. Ils réclament 100 euros d’augmentation salariale et le maintien des 150 emplois menacés par une délocalisation de 25 % de la production en Inde.
Selon Yannis Senicourt, délégué CGT de l’usine, la direction leur a proposé vendredi, « 65 euros bruts, soit 50 euros nets, et une négociation sur la base d’un ancien projet de licenciement qui avait été fait pour les ingénieurs avec 24 mois de salaire » pour les salariés concernés. Le personnel n’a pas accepté et attend de nouvelles propositions de la direction. Lundi matin, des représentants des trois syndicats étaient convoqués en référé devant le tribunal de grande instance de Dunkerque, saisi par la direction, pour répondre du blocage du site.
L’inquiétude des salariés de l’usine nordiste est justifiée. Début mai, le groupe a annoncé avoir perdu devant l’Office européen des brevets (EPO) son brevet protégeant le Symbicort, produit par le site. Ce médicament vedette est prescrit dans le traitement de la bronco-pneumopathie chronique obstructive. Il a rapporté au laboratoire britannique 1,58 milliard de dollars en 2007, dont 1,34 milliard en l’Europe. En octobre dernier AstraZeneca a aussi perdu la licence principale du Symbicort pour l’asthme en Europe. Il conserve toutefois le brevet de l’appareil agréé le « Turbuhaler » jusqu’en 2019.
Sans-papiers : La CGT espère 200 régularisations dans la semaine
La CGT a estimé lundi que la situation des travailleurs sans papiers en grève “se débloque un peu“, après le lancement d’une deuxième vague de grévistes mardi dernier, et espère atteindre le chiffre de “200 régularisations effectives” dans la semaine.
“La situation se débloque un peu“, a déclaré à l’AFP Raymond Chauveau, responsable de la CGT-Essonne.
“Il faut rester très, très prudents, mais on espère atteindre 200 régularisations effectives, c’est-à-dire avec récépissés de régularisations, dans la semaine“, a-t-il précisé.
La CGT, à l’origine avec l’association Droits Devant!! d’une première vague de grèves en Ile-de-France depuis le 15 avril, avait déploré la semaine dernière que seules 70 régularisations aient été prononcées sur les 1.000 dossiers déposés fin avril dans cinq préfectures d’Ile-de-France. Cette lenteur avait conduit les associations à lancer une deuxième vague de près de 400 grévistes.
Des dossiers de régularisation pour ces nouveaux grévistes sont en train d’être déposés, “entreprise par entreprise“, a précisé Raymond Chauveau, sans pouvoir en donner le nombre.
“Les préfectures nous prennent plus au sérieux“, s’est-il réjoui. “Les patrons de la deuxième vague ne rechignent pas à constituer les dossiers. Un des seuls endroits où ça bloque, c’est au Bistro Romain (des Champs-Elysées, ndlr)”, a-t-il souligné.
Grève des salariés des hôpitaux en Guinée-Bissau
Les principales structures sanitaires de la Guinée-Bissau sont paralysées ce lundi par un mouvement de grève organisé par le Syndicat des travailleurs de la santé (STS), a-t-on appris de source syndicale.
Selon le président du syndicat, Domingo Sami, le mouvement qui va durer quatre jours a été déclenché pour réclamer le paiement de 3 mois d’arriérés de salaires et de primes de services.
« Nous assurons toutefois le service minimum au niveau de l’hôpital national Simon Mendes à Bissau. Le mouvement touche pratiquement toutes les structures sanitaires du pays », a ajouté le syndicaliste.
Les grévistes qui menacent de déclencher un autre mouvement de grève dans les semaines à venir pour contraindre le gouvernement à satisfaire leurs doléances, se disent toutefois ouverts au dialogue avec leurs autorités pour trouver une issue à la crise cyclique qui affecte le secteur de la santé.
Les fonctionnaires bissau-guinéens sont parmi les plus mal payés de la sous-région avec des salaires variant entre 15.000 et 130.000 Fcfa par mois alors que le sac de riz de 50 Kg coûte entre 14.000 et 15.000 Fcfa, notent les spécialistes.
APA, 26 mai 2008
Intervention policière contre les travailleurs des impôts
La police est intervenue lundi matin devant plusieurs Hôtels des impôts de Paris et de province touchés depuis le 15 mai par des mouvements de grève, pour empêcher les grévistes de pénétrer les locaux et les tenir un peu à l’écart.
«Des agents des impôts d’une vingtaine de sites observent depuis une dizaine de jours une grève reconductible dans toute la France et, ce matin, sur l’ensemble des sites en grève, le ministère (du Budget) a envoyé la police, ce qui n’était pas arrivé depuis 1989», a déclaré à l’AFP Philippe Craste de la CGT Paris Impôts et Trésor, présent dans le piquet de grève de l’Hôtel des Impôts du 12ème arrondissement à Paris.
«Nous condamnons fermement cette intervention», a-t-il ajouté, précisant que cela se passait dans le calme, la police laissant le public et les agents non grévistes rentrer dans l’Hôtel des Impôts.
Selon Hervé Mazure, du Snui (syndicat national unifié des impôts), des interventions policières du même type ont notamment eu lieu à Carpentras, Avignon ou Marseille lundi matin.
Les grévistes, réunis à l’appel des syndicats CGT, Snui, Sud et Unsa, dénoncent la fusion des Impôts et du Trésor, qui «entre dans le cadre de la politique massive de suppressions d’emplois et de sites» voulue par le gouvernement et va aboutir «à une perte de qualité et de technicité» du travail des agents, a affirmé M. Craste.
«Au final, on encourage une fiscalité axée sur le rendement et pesant avant tout sur les salariés et les PME», a-t-il ajouté.
Luttes pour les salaires en Europe
La grève victorieuse des salariés de Dacia, la filiale de Renault en Roumanie qui fabrique la Logan, a été suivie avec sympathie par de très nombreux travailleurs en France. Cette solidarité s’est notamment exprimée dans le succès des collectes organisées par les syndicats dans les usines du groupe.
Dans toute l’Europe, des prix qui s’envolent, des salaires qui stagnent…
La grève de Dacia souligne aussi à quel point les salaires sont le problème numéro un dans toute l’Europe. Les prix s’envolent partout, avec une inflation qui atteint pour le mois de mars 3,5 % sur un an pour la zone euro mais par exemple 16,6 % en Lettonie, 13,2 % en Bulgarie, 6,6 % en Slovénie ou 4,6 % en Espagne. Sans parler de l’augmentation des produits alimentaires et des transports qui augmentent en moyenne de 5 à 6 %, avec des pointes à 20, voire 40 % pour le gaz en Lituanie. Dans les pays de l’est de l’Europe, les prix se sont mis aux normes de l’ouest et le coût de la vie n’est souvent pas bien différent de celui de la France ou de l’Allemagne. Il n’y a que les salaires qui restent « low cost ». Sur l’ensemble de l’Europe, ils ont progressé de 2 % en moyenne sur la même période, soit presque deux fois moins vite que l’inflation ! D’après les chiffres de la Confédération européenne des syndicats, il y aurait entre 25 et 30 millions de travailleurs qui gagnent moins de 50 % du salaire moyen européen et, entre 2002 et 2007, la part des salaires dans le PIB de l’Europe a diminué de 6,35 %.
…et des luttes à l’ordre du jour
Dans ces conditions, la revendication des travailleurs de Dacia, qui revenait à environ 70 % d’augmentation de salaire, n’est qu’un juste rattrapage et la condition de ne pas sombrer dans la misère. Leur grève a d’ailleurs eu un écho immédiat en Roumanie même où les ouvriers de l’usine Arcelor-Mittal de Galati ont manifesté et fait deux jours de grève pour obtenir le doublement de leur salaire avant que leur mouvement ne soit jugé illégal.
Cambodge : Impossible de vivre avec le salaire minimum
Le syndicat CCAWDU (Coalition of Cambodian apparel workers’ democratic union), a mené une enquête sur le pouvoir d’achat des ouvrières, fin 2007.
Le résultat est sans appel : il est impossible de boucler une fin de mois avec un salaire moyen de 66,80 dollars par mois, obtenu en travaillant sept jours sur sept et douze heures par jour. Et pourtant le salaire mensuel minimum est seulement de 50 dollars, pour 48 heures de travail hebdomadaire. Ont été pris en compte dans ce calcul les frais de nourriture, de logement (en dortoir de 6 à 10 personnes), de transport, de santé et d’achats divers (vêtements, savon…).
Un minimum de 76,68 dollars est alors requis. Somme pourtant impossible à gagner en travaillant sans repos, douze heures par jour.
Si ce rapport met en valeur la faiblesse des revenus, qui ne permettent pas aux travailleurs de vivre décemment, il faut souligner également qu’en plus ces ouvrières versent une part de leur subsides à leur famille.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

