L’avocate Uçar jugée pour avoir dit « Ca suffit ! » en kurde
L’avocate Canan Uçar est actuellement jugée à cause de son discours prononcé à l’occasion du rassemblement organisé lors de la Journée Mondiale de la Femme le 8 mars à Izmir. Selon la justice, elle aurait fait de la « propagande pour organisation terroriste » en utilisant le mot «êdî bes » (ça suffit !).
Me Uçar a déclaré : « Aucun pays en ce bas monde ne peut interdire deux mots signifiant « ça suffit ! » au prétexte qu’une organisation l’utiliserait aussi. Cette interdiction ne peut être comprise ou reconnue par qui que se soit. Car cette organisation précise également « république démocratique » et maintient cette revendication. Il faudrait alors interdire également les mots « république démocratique » ? Cela est important, si l’on veut montrer au monde cette mentalité risible qui dirige aujourd’hui la République Turque. ».
Me Uçar a précisé qu’elle avait eu une réunion avec son comité de préparation, ajoutant : « Lors de cette réunion, nous avons tous conclu à l’unanimité que cette interdiction est incompréhensible et totalement inacceptable. C’est pourquoi, lors de notre rassemblement, nous avons brandi des pancartes portant les mots « ça suffit ! » en différentes langues comme l’anglais, le chinois, et le français, ridiculisant ainsi cette interdiction. Dans mon discours, j’ai seulement parlé de la décision de la Haute Cour de Van. Je n’ai rien dit d’autre. Après ce discours, l’assistance a crié le slogan : « Êdî bes ! ». Et le procureur, pensant que je suis responsable des slogans prononcés par les gens, m’accuse de propagande pour organisation terroriste ! Ce procès est indigne ! ».
Colombie : une « démocratie » meurtrière !
À l’occasion de la libération d’Ingrid Betancourt, la plupart des médias ont peint la Colombie d’Uribe de couleurs démocratiques qui ont peu de chose à voir avec la réalité. Il y a en Colombie une longue tradition de violence. À plusieurs reprises, au dix-neuvième et au vingtième siècle, et encore aujourd’hui, les classes possédantes ont préféré noyer dans le sang les mouvements revendicatifs des classes populaires, plutôt que de satisfaire leurs revendications.
Le fondateur des FARC, Marulanda, mort en mars dernier, était lui-même un ancien membre des milices paysannes réprimées entre 1946 et 1957, une période qu’on a appelé « la Violence », où 300 000 personnes furent massacrées pour que les propriétaires terriens puissent continuer de prospérer.
Mais les militants regroupés autour de Marulanda, et les paysans qu’ils entraînaient, entendaient continuer de résister aux expulsions de paysans. Ils essayèrent de maintenir des zones indépendantes du pouvoir central. Celui-ci essayait de les détruire mais l’armée n’y suffisait pas, d’où les renforts des hommes de main des possédants, les groupes paramilitaires. Entre 1964 et 1966, Marulanda et ses compagnons mirent sur pied les FARC. Leur programme était essentiellement celui d’une réforme agraire, dont les paysans avaient toujours été privés. Dans les régions où ils s’implantèrent, ils offraient une protection aux paysans chassés de leurs terres par les milices des propriétaires terriens.
La bourgeoisie terrienne s’était enrichie avec le café mais, avec la chute des cours, la cocaïne devint très attractive. Dans les années 1970, les FARC finirent par s’accommoder du développement croissant de la culture de la coca, que les narco-trafiquants, alliés des grands propriétaires, transformaient en cocaïne. Ils commencèrent par prélever un impôt sur les paysans qui pratiquaient cette culture dans les régions sous leur contrôle, en échange de différents services publics (construction de routes ou assainissement de l’eau) se comportant dans ces zones comme le ferait l’État (et parce que l’État colombien n’en était pas capable). Mais trente ans plus tard, les FARC sont devenus un des intermédiaires dans le trafic de la drogue, même s’ils n’en sont pas les principaux bénéficiaires.
Une étude montre l’ampleur des violences conjugales
Les violences conjugales sur les femmes majeures dénoncées en 2007 représentaient un quart du total de violences volontaires constatées en France, et elles semblent plus fréquentes en région parisienne, dans le nord, le sud et outre-mer, écrit l’Observatoire national de la délinquance (OND) dans une étude publiée mardi.
En 2007, 47.573 faits de ce type ont été enregistrés par la police et la gendarmerie, soit 31% de plus qu’en 2004, précise l’organisme.
Cette hausse ne s’explique pas par une augmentation du phénomène mais par un plus grand nombre de plaintes favorisé par des campagnes publiques et une évolution de la législation qui a durci la répression de ces faits et étendu leur définition.
Les violences exercées par un ancien conjoint sont en effet depuis 2006 considérées comme violences conjugales au même titre que celles exercées par un conjoint.
L’OND, remarquant que ces faits font traditionnellement l’objet de peu de plaintes, a affiné l’étude en utilisant l’enquête dite de “victimation” faite par l’Insee auprès des femmes de 18 à 60 ans, réalisée par questionnaires auprès d’un échantillon de plusieurs milliers de femmes.
Il arrive ainsi au chiffre de 410.000 femmes déclarant en 2007 avoir subi des violences de leur conjoint ou ex-conjoint en 2005 et 2006, soit 2,3% des femmes de cette tranche d’âge. Donc, seuls environ 21% des faits donneraient lieu à une plainte, conclut l’OND.
Pour les faits dénoncés à la police et la gendarmerie, c’est la Creuse qui enregistre le plus faible nombre de cas par rapport à sa population féminine (6,1 pour 10.000 femmes). La Seine-Saint-Denis est celui qui détient le record inverse avec 50,1 faits pour 10.000 femmes.
La moyenne nationale étant de 18,7, trois autres départements sont en-dessous de 10 (Vendée, Maine-et-Loire, Ain). Les départements enregistrant des taux supérieurs à 20 sont les Bouches-du-Rhône (25,3), les départements d’outre-mer et du nord comme le Pas-de-Calais (23,2%).
Les travailleuses domestiques sont confrontées à de graves abus
L’Arabie Saoudite devrait mettre en œuvre des réformes judiciaires en matière de droit du travail, de l’immigration, et de justice pénale afin de protéger les travailleuses domestiques contre de sérieux abus des droits humains qui dans certains cas s’apparentent à de l’esclavage, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport paru aujourd’hui. Les employeurs ne sont souvent pas punis après avoir commis des abus tels que des mois ou des années de salaires non payés, des séquestrations, et des violences physiques et sexuelles, alors que des travailleuses domestiques sont emprisonnées ou fouettées sur de fausses accusations de vol, d’adultère, ou de « sorcellerie ».
Le rapport de 133 pages, « As if I Am Not Human : Abuses against Domestic Workers in Saudi Arabia » (« Comme si je n’étais pas un être humain : Abus contre des travailleurs domestiques asiatiques en Arabie Saoudite »), conclut deux années de recherches et est fondé sur 142 interviews avec des travailleuses domestiques, des hauts fonctionnaires du gouvernement, ainsi que des recruteurs de main d’œuvre en Arabie Saoudite et dans les pays d’origine de la main d’œuvre.
“Dans les meilleurs des cas, les femmes migrantes en Arabie Saoudite bénéficient de bonnes conditions de travail et de bons employeurs, et dans les pires elles sont traitées comme des quasi-esclaves. La plupart se retrouvent à vivre entre ces deux situations”, a déclaré Nisha Varia, chercheuse senior à la division du Droit des Femmes à Human Rights Watch. “Le gouvernement saoudien devrait étendre les protections du droit du travail aux travailleurs domestiques et réformer le système de parrainage pour les visas afin que les femmes qui veulent à tout prix gagner de l’argent pour leurs familles n’aient pas à jouer avec leurs vies.”
Les ménages saoudiens emploient environ 1,5 million de travailleuses domestiques, essentiellement originaires d’Indonésie, du Sri Lanka, des Philippines et du Népal. Un nombre moins important est originaire d’autres pays d’Afrique et d’Asie. Alors qu’il n’existe pas de statistiques fiables sur le nombre exact de cas d’abus, le Ministère saoudien des affaires sociales et les ambassades des pays qui envoient la main d’œuvre accueillent chaque année des milliers de travailleuses domestiques porteuses de plaintes contres leurs employeurs ou contres leurs recruteurs.
La grève des enseignants nigérians gagnera d’autres secteurs
Alors que les enseignants nigérians entament ce vendredi leur 12ème journée de grève, certaines indications laissent penser que d’autres travailleurs pourraient se joindre au mouvement si le gouvernement refuse d’accéder à la demande des enseignants pour une échelle des salaires spéciale d’ici la fin de cette semaine.
Mais le gouvernement affirme avoir entamé des discussions avec les enseignants mécontents pour mettre fin à cette grève, qui a entraîné la fermeture des écoles publiques et de certains établissements privés.
Rendus furieux par le refus du gouvernement de mettre en application l’”Echelle de rémunération des enseignants” (TSS), la Confédération générale des travailleurs nigérians (NLC) a menacé jeudi d’appeler ses affiliés à se joindre à la grève d’ici la semaine prochaine, tout en exhortant les enseignants à ne pas renoncer.
“Vous devez continuer la lutte. Les autres syndicats sont prêts à se joindre à vous, donc n’abandonnez pas la lutte“, a lancé le vice-président de la NLC, Promise Adewusi, à l’endroit des enseignants à Lagos.
Les analystes estiment que si les autres syndicats, notamment la puissante union des travailleurs du pétrole, se joignent à la grève, elle pourrait avoir un fâcheux effet sur l’économie et contraindre le gouvernement fédéral à satisfaire la demande des enseignants.
Campagne contre les meurtres et lapidations de femmes au Kurdistan
Le 7 avril 2007, le meurtre par lapidation de Doa Khalil Aswad a montré aux yeux du monde entier le degrés de violences et d’atrocités dont son victimes les femmes et les jeunes filles du Kurdistan.
Récemment encore, un rapport montrait que cette violence machiste et les meurtres commis “au nom de l’honneur” ne sont malheureusement pas des phénomènes isolés : selon une source médicale de Sulaymaniya, au moins quatorze femmes ont été victimes de morts violentes pendant les dix premier jours du mois de mai 2008, sept d’entre elles se seraient suicidées (conséquences de l’oppression dont elles sont victimes, la même source a enregistré également onze tentatives de suicide par immolation par le feu) et sept autres ont été tuées “dans des circonstances violentes et non-élucidées“, vraisemblablement victimes de meurtres “d’honneur”, cette forme particulière d’assassinat de femmes pour maintenir un véritable totalitarisme patriarcal. En décembre 2007, les chiffres officiels parlaient de 27 victimes de meurtres d’honneur en quatre mois pour la région autonome kurde d’Irak. Pour montrer jusqu’où peut aller cette volonté de tuer les femmes qui n’apparaissent pas assez conforme à l’ordre social patriarcal et tribal, on peut mentionner l’attaque par un groupe d’hommes armés d’un refuge pour femmes le 11 mai 2008 à Sulaymaniya.
Depuis le meurtre de Doa, plusieurs autres jeunes filles ont été assassinées par leurs familles par lapidation, comme Shwbo Rauf Ali le 12 mai 2008 et des fillettes comme Sara Jaffar Nimat, qui n’avait que onze ans.
Le meurtre de Kurdistan Aziz, jeune fille de 16 ans, exécutée par lapidation le 17 ou 18 mai dernier, montre que si les femmes et filles kurdes sont menacées et trop souvent assassinées par les hommes de leurs familles, elles n’ont aucune protection réelle ni aucun soutien de la part des autorités régionales kurdes. Pire, dans l’exemple de Kurdistan Aziz, le département de police sensé combattre les violences domestiques a livré la jeune fille à ses bourreaux. La complicité active de fonctionnaires de police corrompus liés au PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) à Sulaymaniya ou la passivité complice des autorités liée à l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan) à Erbil montrent à quel point les autorités régionales kurdes et les politiciens des deux principaux partis nationalistes kurdes refusent de mettre en place une protection adéquate pour les femmes et jeunes filles menacées de meurtres “d’honneur”.
Hôtels de Montréal : Le mouvement de grève s’étend
Les employés syndiqués de l’hôtel Delta de Sherbrooke se prononçent à leur tour vendredi après-midi sur un mandat de grève à déclencher au moment jugé opportun.
Ils doivent décider, en assemblée générale, s’ils accordent à leur syndicat affilié à la Fédération du commerce de la CSN le mandat de constituer une banque de 72 heures de débrayage.
Entre-temps, les 102 travailleurs syndiqués de l’hôtel Holiday Inn Sinomonde, de Montréal, ont décidé de poursuivre vendredi leur grève entamée jeudi. Le moment du retour au travail est toujours indéterminé.
La Fédération du commerce déplore la lenteur des négociations dans les 41 hôtels du Québec avec lesquels elle négocie.
Parmi les revendications des employés d’hôtellerie figurent des augmentations de salaire de 5 pour cent, pour chaque année d’un contrat de trois ans.
La Presse Canadienne, 11 juillet 2008
Grève générale au Pérou
La grève générale de 24 heures lancée mercredi par la Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP, gauche) contre la hausse des prix, a donné lieu à des blocages de routes, des manifestations, à l’incendie du siège d’un gouvernement régional et à l’interpellation de 200 manifestants, indique-t-on de sources officielles.
La grève, lancée par la CGTP a été “un succès au niveau national“, a déclaré son dirigeant, M. Mario Huaman.
Le président Alan Garcia (droite), tout en estimant que la grève n’avait pas été mobilisatrice, a reconnu mercredi soir qu’il y avait “une insatisfaction d’un grand secteur de la société péruvienne“.
Le mouvement a surtout touché les régions pauvres du Sud et de l’Est du pays andin.
L’incident le plus grave s’est déroulé à Puerto Maldonado (sud-est) où des milliers de paysans ont pris d’assaut le siège du gouvernement régional, pillant et mettant le feu au mobilier.
Les habitants de cette région pauvre de forêts et de jungles ont blessé plusieurs policiers à coups de flèches. Ils protestent contre une loi permettant aux compagnies minières d’exploiter les terres appartenant aux communautés indigènes.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

