Catastrophe aérienne en Espagne : Course aux profits et complicité des pouvoirs
Le crash de l’avion MD 82 de la Spanair à Madrid le 20 août dernier avec ses 154 morts a provoqué un émoi considérable en Espagne et dans le monde, y compris en France. Il apparaît que cet accident n’a rien à voir avec la fatalité, et qu’il met en cause en premier lieu la compagnie concernée, mais aussi bien d’autres compagnies d’aviation, le constructeur et la complicité de fait des États.
L’avion avait ce jour-là de graves dysfonctionnements visibles par tous. C’est sur l’ordre impératif des responsables de la compagnie que l’avion a néanmoins décollé alors que plusieurs passagers réclamaient de descendre. Immédiatement un journal espagnol, El Mundo, a rendu public le témoignage d’un ancien pilote qui dénonçait la politique d’économie à tout prix des dirigeants de cette compagnie.
Quatre jours plus tard, à nouveau, un des avions MD 82 de Spanair a été obligé de se poser en catastrophe.
La seule mesure immédiate n’aura pas été d’arrêter les dirigeants et de leur demander des comptes : non, le gouvernement espagnol s’est contenté d’annoncer… une enquête, que chacun prédit longue et obscure. Quant à l’Europe, rien.
Le danger potentiel de cette série d’avions de la firme Mac Donnell Douglas, contrôlée par Bœing, est connu dans le monde entier de tous les intéressés. Rien que depuis l’année 2000, il y a eu, sans compter le dernier en date, six accidents majeurs ayant provoqué 598 morts. En avril 2008, les autorités de l’aviation civile américaine ont été obligées d’interdire de vol 179 avions de cette série appartenant à la compagnie American Airlines, à cause de défectuosités sur les trains d’atterrissage, provoquant l’annulation de milliers de vols. En juillet dernier, elles ordonnaient la remise en état impérative de 670 autres appareils de cette série, détenus par diverses compagnies, à cause, entre autres, des risques de fractures des ailes et des structures des appareils.
Faute de place, un enfant tchèque sur deux n’ira pas à la maternelle
Le lundi 1er septembre ne sera pas jour de rentrée pour des milliers de petits Tchèques en âge d’aller à l’école maternelle : les inscriptions d’un enfant sur deux ont dû être refusées. Après avoir fermé pendant quinze ans les écoles et les crèches en grand nombre, les municipalités n’ont en effet pas réagi à temps au mini-baby-boom que connaît le pays depuis 2000.
La natalité s’étant effondrée dans les années 1990 à la suite de la chute du stalinisme, les structures d’accueil collectives ont disparu, par mesure d’économie mais aussi par idéologie. Pour faire le contraire des bureaucrates qui vantaient l’éducation collective, on a promu le congé maternel pendant trois et même quatre ans. Mais, comme le souligne la démographe Jitka Rychtarikova, “la plupart des femmes d’aujourd’hui veulent retrouver plus tôt leur emploi, pour des raisons financières et de vie sociale”.
Conscient des difficultés que rencontrent les parents pour placer leurs enfants dans les écoles maternelles et les crèches, le gouvernement doit présenter au Parlement, en septembre, des mesures pour y remédier. Ne pouvant obliger les communes à ouvrir des établissements – les anciens sites ont été vendus et en construire de nouveau s’avérerait trop coûteux -, le gouvernement souhaite notamment soutenir fiscalement les initiatives privées et les entreprises voulant créer des structures d’accueil pour les enfants de leurs salariés.
Deux grévistes de la faim hospitalisés
Deux sans-papiers grévistes de la faim à la Maison de l’Amérique latine, à Ixelles, ont été conduites aux urgences samedi dans l’après-midi vu leur état de santé préoccupant.
Ces deux grévistes, deux femmes d’origine sud-américaine, ont été embarquées par les services de la Croix Rouge vers l’hôpital d’Ixelles. “Ces personnes sont actuellement en observation et subissent différents examens“, a indiqué samedi le Dr Bernadette Denef, médecin-chef des hôpitaux Iris-sud. “Elles pourront quitter l’hôpital lorsque leur état de santé sera jugé satisfaisant“.
Les deux femmes participaient au mouvement de grève de la faim entamé il y a 55 jours par les sans-papiers à la Maison de l’Amérique latine, à Ixelles. Selon Jean-Marie Piersotte, membre du comité de sans-papiers de la place des Martyrs, il reste à présent 11 grévistes de la faim à la Maison de l’Amérique latine. Septante-cinq autres personnes font par ailleurs le jeûne sur le site de l’ULB, où le mouvement dure là depuis 49 jours.
“On ne comprend pas la ministre (de l’Immigration et de la politique d’asile, ndlr) Annemie Turtelboom“, martèle M. Piersotte, par ailleurs ancien permanent national de la CNE (Centrale Nationale des Employés, organisation syndicale affiliée à la CSC). “Peut-être croit-elle que ces gens bluffent, mais ils sont en train de se sacrifier“.
7sur7, 30 août 2008
Varsovie : Manifestation pour la défense des retraites
A l’avant-veille de son 28e anniversaire, le syndicat Solidarité est descendu dans les rues de Varsovie, vendredi 29 août, pour réclamer “un travail digne, une retraite digne, une vie digne”. La manifestation, une des plus grandes organisées par le syndicat depuis plusieurs années, a rassemblé 50 000 personnes venues de toute la Pologne selon les organisateurs, et 18 000 selon la police.
En appelant à ce rassemblement, Solidarité a voulu mettre la pression sur le gouvernement, qui doit déposer, dans le courant du mois de septembre, un projet de loi sur la réforme des retraites. Ce texte prive de retraites anticipées plusieurs corps de métiers – cheminots, enseignants, artistes, journalistes… – ou propose à la place des préretraites moins généreuses.
Selon l’avant-projet de loi, les préretraites doivent être attribuées aux personnes ayant travaillé au moins quinze ans dans des conditions particulièrement difficiles ou nuisibles pour la santé. Elles doivent être attribuées cinq ans avant le passage normal à la retraite, soit 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes.
Avant le début de la manifestation, le président de Solidarité, Janusz Sniadek, a appelé la foule à lutter pour “un travail effectué en sécurité, bien organisé et rémunéré décemment, qui vaudra par la suite une retraite honnête qui n’obligera pas les personnes âgées à se tourner vers l’assistance sociale”. La manifestation, plutôt calme, s’est achevée devant le siège du gouvernement par le lancer de quelques pétards et grenades fumigènes, et aux cris de “voleurs, voleurs”.
AUGMENTER LE SALAIRE MINIMUM
Les manifestants ont également réclamé le départ du ministre de l’économie, Waldemar Pawlak, et ont adressé une pétition au chef du gouvernement, le libéral Donald Tusk, dans laquelle ils réclament notamment une hausse du salaire minimum (1 126 zlotys, soit 341 euros), le respect du dialogue social et le maintien du système actuel des préretraites.
Tout au long du cortège, les syndicalistes, drapeau blancs et rouges de Solidarité à la main, ont par ailleurs présenté un chariot de supermarché rempli de biens que l’on peut acheter en Pologne avec le salaire minimum.
Colombie : Trois syndicalistes assassinés durant le mois d’août
La Confédération syndicale internationale est une fois de plus amenée à se rendre à l’évidence : les assassinats et les tentatives de meurtre, les attentats et les menaces de mort incessantes visant le mouvement syndical se poursuivent sans trêve en Colombie. La CSI dénonce et condamne catégoriquement les trois nouveaux assassinats de syndicalistes survenus en ce mois d’août et qui portent à 38 (34 hommes et 4 femmes) le nombre total de syndicalistes assassinés au cours de 2008.
Luis Mayusa Prada, membre du sous-comité exécutif de la CUT (qui réunit les organisations colombiennes affiliées à la CSI, la CGT et la CTC), a été assassiné le 8 août, dans la ville de Saravena. Manuel Erminson Gamboa Melendez, vice-président de l’Association paysanne pour la défense de Putumayo et membre du comité exécutif national de la Fédération syndicale nationale unitaire de l’agriculture et de l’élevage, également affiliée à la CUT, est tombé sous une pluie de balles, le 13 août, à Puerto Asis. Son cadavre portait sept impacts de balles. Le 23 août, José Omar Galeano Martinez, président de la Fédération colombienne des vendeurs de billets de loterie (FECOLOT) a lui aussi été victime d’un assassinat.
La CSI dénonce ces crimes et condamne le fait que le gouvernement ait jusqu’à présent manqué d’adopter des dispositions protégeant l’exercice des libertés syndicales en Colombie. Dans une lettre adressée au président Uribe , la CSI a exhorté le gouvernement colombien à ouvrir une enquête exhaustive sur chacun des crimes qui ont été commis et à déployer tous les moyens nécessaires pour garantir le respect des droits syndicaux des travailleuses et travailleurs, en particulier ceux consacrés par les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT).
« Le mouvement syndical colombien a un rôle très important à jouer au sein de la société », a affirmé Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. « Un rôle que l’actuel climat de violence l’empêche de mener à bien. »
CSI, 29 août 2008
Besancenot : “L’ouverture du capital de La Poste est une privatisation”
Le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, a levé le voile jeudi sur le projet de changement de statut de l’établissement public, qui devrait devenir une société anonyme dès janvier 2010, avec l’ouverture de son capital un an plus tard. “L’État restera très largement majoritaire“, déclare Jean-Paul Bailly qui refuse de “parler de privatisation” dans la mesure où la mission de service public de La Poste empêche l’État, selon lui, de descendre en dessous de 50 % du capital. Pour le président de La Poste, la réforme n’en est pas moins nécessaire pour faire face à la libéralisation totale du courrier en 2011 et à la consolidation du secteur en Europe. “Ne pas évoluer, c’est prendre un risque ! Les grandes manoeuvres ont déjà commencé et il est invraisemblable que La Poste ne fasse pas partie du mouvement.“
Le Premier ministre François Fillon a tenté de rassurer les syndicats de La Poste : “La transformation du statut de La Poste devra pleinement respecter le caractère public de l’entreprise, la poursuite et le renforcement de ses missions de service public et le statut des personnels.” Lepoint.fr a demandé son point de vue au plus médiatique des postiers, le dirigeant emblématique de la Ligue communiste révolutionnaire, Oliver Besancenot.
Lepoint.fr : Le gouvernement réaffirme qu’il ne veut pas toucher au caractère public de La Poste. Cette mise au point vous rassure-t-elle ?
Olivier Besancenot : Bien sûr que non ! Le gouvernement s’est inscrit dans une logique de libéralisation et d’application de la directive européenne de mise en concurrence totale des activités de marché postales. C’est l’ouverture du capital en perspective, c’est-à-dire la privatisation. Concrètement, les bénéfices dégagés par La Poste ces dernières années ne seront pas investis sous forme de salaires ni en qualité de services, mais au profit de quelques actionnaires qui vont aller jouer tout cela au “casino de la bourse” pour éventuellement gagner de l’argent – voire en perdre, dans le contexte de crise financière internationale.
Lepoint.fr : Le gouvernement peut-il faire autrement que de permettre à La Poste de changer de statut et d’ouvrir son capital afin de faire face à l’ouverture totale à la concurrence du marché en 2011 prévue par cette directive européenne ?
O. B. : Une directive européenne ne vient pas dans le dos des gouvernements ! Elle a été adoptée sur la base d’un mandat donné par une réunion du Conseil des ministres européen. C’est donc bien les gouvernements nationaux, y compris le nôtre, de gauche soi-disant, qui ont, à l’époque, mandaté la Commission pour libéraliser La Poste. Ce qu’un gouvernement demande de faire, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas revenir dessus ensuite. On ne sortirait pas de l’Europe pour autant, d’autant plus qu’il y a une alternative pour un service public européen : on pourrait imaginer une coopération immédiate de tous les opérateurs publics pour faire un premier pas vers un service public postal européen.
À Romainville, la lutte s’organise
Les soutiens syndicaux et politiques aux seize grévistes d’Urbaser Environnement, en Seine-Saint-Denis, se multiplient.
À leur neuvième jour de grève, les travailleurs sans papiers du centre de tri de Romainville voient se multiplier les soutiens syndicaux et politiques. Hier matin, les élus communistes de Paris et de Seine-Saint-Denis se sont rendus sur place. Marie-George Buffet et Arlette Laguiller étaient sur les lieux dans l’après-midi. Olivier Besancenot ce matin.
Depuis le 19 août, seize sans-papiers occupent le plus grand centre de traitement de déchets en France pour exiger leur réintégration et l’obtention de cartes de séjour . « Cette affaire interpelle les élus sur les pratiques de délégation du service public, indique Ian Brossat, président du groupe communiste au conseil de Paris. On ne peut pas laisser faire n’importe quoi quand on délègue. En plus à des entreprises qui se font un paquet de thunes. »
L’affaire n’est pas simple. Ce site de tri des déchets est une délégation de service public, attribuée par le Syctom (syndicat intercommunal en charge du traitement et de la valorisation des déchets ménagers). Durant des années, Veolia a géré le site, embauchant des salariés en situation irrégulière, pour la plupart intérimaires. Le 22 juin, Urbaser récupérait le marché. Cette multinationale espagnole, qui signe là son premier contrat en France, s’est engagée à garder les effectifs à la date de sa prise de gestion. Mais refuse catégoriquement de réintégrer les intérimaires sans papiers mis à l’index par Veolia. « En fait on est dans un cas de plan social, explique Jean-Charles Schmidt, de la CGT. Mais comme ce sont des intérimaires, ils n’ont pas été licenciés, Veolia a simplement mis fin à leur mission. »
Mercredi soir, la CGT rencontrait le directeur général du Sytcom pour demander la réintégration de l’ensemble des salariés en lutte, quel que soit l’employeur (Veolia ou Urbaser). Jusqu’à présent, Urbaser s’engage à embaucher deux salariés en CDI et quatre en contrats d’intérim. Impossible, tranche Jean-Charles Schmidt, « dans la mesure où le préfet de Seine-Saint-Denis refuse d’accorder leur régularisation aux intérimaires ». Quant aux négociations avec l’ancien employeur, Veolia, elles commencent à peine.
En attendant, l’occupation du site s’organise. Le Secours populaire a fourni des couvertures aux grévistes qui dorment sous un barnum. « Je viens tous les jours leur apporter de quoi manger, raconte Olivier Tripelon, de Lutte ouvrière. La situation ici est surprenante, on imagine les sans-papiers plongeurs dans les restaurants, pas travaillant pour un service public. »
Vers la grève chez Boeing
Le syndicat des ouvriers mécaniciens de Boeing, qui représente 27.000 employés, rejette le projet de contrat collectif proposé par la direction du groupe et conseillera à ses adhérents de voter en faveur d’une grève le 3 septembre. Si la majorité des deux tiers, nécessaire pour déclencher un arrête de travail, est atteinte, un tel mouvement social pourrait coûter jusqu’à trois milliards de dollars par mois à Boeing.
Le syndicat des ouvriers mécaniciens de Boeing a rejeté le projet de contrat collectif proposé par la direction du groupe et a fait savoir qu’il conseillerait à ses adhérents de voter en faveur d’une grève la semaine prochaine.
Les membres de l’International Association of Machinists (IAM), le plus grand syndicat de Boeing, doivent voter le 3 septembre, jour où doit expirer l’actuel contrat, en vigueur depuis trois ans.
“Nous votons en faveur d’un rejet et recommandons de dire ‘oui’ à la grève“, a déclaré Connie Kelliher, porte-parole de l’IAM.
Une majorité des deux tiers est nécessaire pour déclencher un arrêt de travail. Le cas échéant, le mouvement pourrait commencer dès le 4 septembre.
Sachant que l’IAM représente 27.000 employés, un tel mouvement social pourrait coûter jusqu’à trois milliards de dollars par mois à Boeing.
Boeing a déploré le rejet de l’IAM en réaffirmant qu’il n’avait pas l’intention de formuler d’autre proposition.
Le projet soumis aux salariés prévoit notamment une revalorisation des salaires et des primes d’un montant total de 34.000 dollars supplémentaires sur trois ans. Sous la pression de l’IAM, Boeing a renoncé à supprimer la couverture médicale, en cas de retraite anticipée, des employés embauchés après le 1er janvier 2010.
Le Point, 30 août 2008
Luttes de classes en Estrie
Quatre conflits de travail perdurent en Estrie, imputables à des employeurs “qui agissent de façon rétrograde, qui refusent même de s’asseoir à la table de négociations“, estime Jean Lacharité, président de la CSN-Estrie.
Ses propos ont été accueillis par une salve d’applaudissements de la part de quelque 80 syndiqués qui formaient une ligne de piquetage jeudi sur le chemin Bel Horizon, face à la carrière de Construction DJL.
“Il y a 110 syndicats CSN en Estrie, et on apprécie la centaine d’employeurs qui se comportent bien. Mais on va apprendre aux quatre rétrogrades qu’un syndicat, c’est fait pour être respecté, et que les employeurs doivent respecter leurs employés. On va les dompter, ceux-là“, a ajouté M. Lacharité.
Les années 70
De mémoire, le président ne peut citer une autre période où autant de conflits ont perduré aussi longtemps en Estrie. “Ça rappelle les années 70“, commente-t-il.
Les employés de la Scierie Valcourt sont en grève depuis le 26 février. Ceux de Construction DJL, depuis le 26 juin. Au Domaine Fleurimont, c’est depuis le 8 juillet. Enfin, les employés du Coq Rôti sont en lock-out depuis le 19 juillet.
Des figures pacifistes radicales, comme Cindy Sheehan, mère d’un soldat tué en Irak, et l’ancien combattant du Vietnam Ron Kovic ont harangué la foule sur les marches du Parlement du Colorado, protestant contre la position de Barack Obama sur la guerre en Irak, trop modérée à leurs yeux.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

