Révolte au CRA du Mesnil-Amelot
Le Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, a été le théâtre d’incidents, samedi 2 août, après que deux incendies se soient déclenchés alors qu’une manifestation de soutien aux sans-papiers avait lieu devant le bâtiment. Selon la préfecture de Seine-et-Marne, “des retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie” de deux chambres différentes en fin d’après-midi. “A la suite de l’intervention rapide des gendarmes et des pompiers, les dégâts se limitent à trois matelas brûlés”, ajoute la préfecture.
Les autorités accusent “une vingtaine de manifestants” appartenant à l’association SOS Sans-papiers, qui manifestaient devant le centre, d’avoir incité les détenus à se révolter. “En début d’après-midi, nous avons organisé une manifestation pacifique en soutien aux sans-papiers retenus à l’intérieur. Ceux-ci ont commencé à manifester, puis les policiers sont intervenus pour les en empêcher”, a répondu un représentant de l’association, sous couvert d’anonymat. Il affirme que des blessés sont retenus à l’intérieur du CRA, ce que ni la préfecture, ni la gendarmerie confirment.
Ismaël R., un Congolais retenu dans le centre du Mesnil-Amelot, explique à LibéOrléans que les sans-papiers n’ont fait “que crier avec les manifestants présents à l’extérieur”. “Alors, les policiers nous ont demandé d’arrêter et ont voulu nous faire rentrer sur le terrain de foot. Nous avons refusé, puis un incendie a éclaté. Les policiers ont alors insisté violemment, jusqu’à nous gazer et tabasser l’un des jeunes émeutiers”, affirme-t-il. Interrogé par Reuters, le même Ismaël R. ajoute qu’un nombre indéterminé de pensionnaires ont entamé une grève de la faim illimitée pour protester contre l’attitude des forces de l’ordre et demander la libération “de la totalité des retenus qui sont, dans leur grande majorité, des travailleurs sans-papiers présents sur le territoire depuis plusieurs années”.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

