Pakistan : Cinq femmes enterrées vivantes
La Commission Asiatique des Droits Humains (Asian Human Rights Commission, AHRC) a été informée depuis une lointaine zone de la province du Baloutchistan que cinq femmes y ont été enterrée vivante, en particulier par le plus jeune frère de Sadiq Umrani, ministre de la province et célèbre dirigeant du Parti du Peuple du Pakistan (PPP), le parti au pouvoir. De plus, la police n’a toujours pas arrêtés les coupables et ce plus d’un mois après les faits.
Détails de l’affaire :
La tribu Umrani est essentiellement concentrée dans les districts de Jarabad et de Naseerabad de la province du Baloutchistan, à environ 300 kilomètres de la ville de Quetta, la capitale de la province. Sadiq Umrani, ministre de l’habitat et de la construction de la province, a été élu à l’assemblée du Baloutchistan lors des élections du 18 février 2008 pour la circonscription de Dera Marad Jamzali, district de Naseerabad.
L’enterrement de femmes vivantes a eut lieu dans un village éloigné, Baba Kot, à 80 kilomètres de la ville d’Usta Mohammad, dans le district de Jafferabad. On pense que c’est à cause de l’influence du ministre et de son frère que ces faits n’ont pas été reportés dans les médias.
Selon les informations obtenues, ces cinq femmes sont Fatima, épouse d’Umeed Ali Umrani, Jannat Bibi, épouse de Qaiser Khan, Fauzia, fille d’Ata Mohammad Umrani, et deux autres filles, qui avaient entre 16 et 18 ans. Elles se trouvaient au domicile de monsieur Chandio, dans le village de Baba Kot, et devait partir pour le tribunal civil d’Usta Mohammad (district de Jafarabad) où trois de ces filles devaient épouser un homme de leurs choix. Leurs décisions de se marier au tribunal civil est le résultat de plusieurs jours de discussion avec les anciens de la tribu qui refusaient de leur accorder le droit de se marier. Les noms des deux plus jeunes victimes ne sont pas connus à cause du fort contrôle des leaders tribaux dans cette région.
Québec : Menace de grève à l’hôtel Loews Le Concorde
Les syndiqués de l’hôtel Loews Le Concorde de Québec menacent de débrayer dès mercredi prochain, à deux jours du spectacle de Céline Dion sur les Plaines d’Abraham, s’ils ne parviennent pas à s’entendre avec l’employeur au plus tard mardi.
La centrale CSN, qui représente les 360 salariés de l’hôtel, a servi cet avertissement à la direction new-yorkaise de l’établissement vendredi à Québec lors d’une conférence de presse.
Alors que les règlements s’accumulent depuis quelques jours dans les hôtels de la province, les négociations restent difficiles au Loews Le Concorde, où le syndicat exige une hausse importante de la rémunération des employés.
En plus du 13 pour cent d’augmentation sur quatre ans consenti dans l’ensemble des établissements visés par la négociation, les travailleurs du Loews demandent un boni de 10 pour cent à titre de rattrapage salarial.
Le déclenchement d’une grève mercredi prochain dans cet hôtel de plus de 400 chambres aurait des conséquences majeures, alors que Québec se prépare à accueillir des milliers de visiteurs pour le spectacle de Céline Dion, le 22 août.
La Presse Canadienne, 15 août 2008
Les nouveaux chevaliers yéménites de l’ordre moral
Au Yémen, pays conservateur, certains rêvent d’Arabie saoudite. Ou du moins, de sa police des mœurs.
«Le Yémen est le pays de la foi et de la sagesse. Mais avec la mondialisation, notre pays a subi une invasion d’immoralité », affirme cheikh Hamoud al-Tharihi, installé sur son divan. Pour lutter contre cette « invasion », un groupe d’ulémas yéménites a mis en place un « comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice », dont cheikh al-Tharihi est vice-président. Le président du comité est Abdel Majid al-Zindani, un religieux qui affirme avoir trouvé un traitement contre le sida et est accusé par les États-Unis de soutenir le terrorisme.
Dans la ligne de mire de ces nouveaux chevaliers de l’ordre moral : les restaurants qui vendent de l’alcool, les hôtels « diffusant des films sexuels », les pubs et autres night-clubs. Autant d’institutions « en guerre contre Dieu », selon un document officiel publié par le comité. « Les ulémas du Yémen veulent immuniser la société contre cette vague de vice que la société ne connaît pas », affirme cheikh al-Tharihi, en allumant une cigarette.
Pour ce faire, le comité a, dans un premier temps, laissé entendre qu’il souhaitait la mise en place d’une police du vice et de la vertu. Une idée qui semble largement rejetée aussi bien au sein de la population que par la société civile et les instances politiques.
« Toutes les maisons ont leur toilette. Dans toute société, il y a des gens mauvais. Mais globalement, au Yémen, il y a plus de gens bons que de gens mauvais », estime Amer Toueity, 32 ans, vendeur d’antiquités dans le Vieux Sanaa. « Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle police, mais simplement que la police actuelle fasse son travail », ajoute-t-il. « Demander aux gens d’être vertueux, c’est bien, mais pas par la force », renchérit Yahya Joman, un commerçant de 48 ans, en fourrant une feuille de qat dans sa bouche. « Danser, chanter, tout cela fait partie de notre vie. Si on veut nous interdire cela, ça ne passera pas », assure-t-il.
Belle journée pour mourir…
C’était une belle journée. Diana avait pu poser un jour de congé pour passer un peu de temps avec son nouveau petit ami. Employée au rayon « charcuterie » d’un supermarché de Figueras, le mois d’août est pour elle et ses collègues un mois difficile : en raison de l’affluence de touristes, le magasin ouvre tous les dimanches jusqu’à 15 heures, ce qui ne laisse plus beaucoup de temps pour les loisirs. En ce beau lundi d’août, Diana et ses amis, tous employés du même magasin, se rendent à La Jonquera, histoire de changer d’air. Durant le voyage, elle a encore reçu plusieurs textos de Juan Carlos, son ex, qui n’arrête pas de la relancer. Ils sont pourtant séparés depuis près d’un an, et leur histoire n’avait duré que quelques mois. Mais il faut croire que Juan-Carlos était très accro. Elle a peur, elle sait qu’il peut être violent. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle l’a quitté. Trop de soirées qui tournaient mal, trop de brandy et de vin rouge, trop de gifles… Elle se dit qu’elle n’a pas quitté son Honduras natal pour vivre l’enfer d’une relation violente.
De retour à Figueras, ses amis la laissent devant chez elle. Demain il faut se lever tôt, alors elle demande à son petit copain de rentrer « bien sagement » chez lui. Ils se retrouveront demain au magasin et demain soir, promis, il pourra venir coucher chez elle.
A peine a-t-elle ouvert la porte de son appartement qu’elle se fait violemment pousser à l’intérieur : Juan-Carlos l’attendait quelques marches plus haut, tapi dans l’ombre. Elle tombe à terre. Se relève. Se protège comme elle peut. Mais Juan-Carlos s’est assis. Il est saoul, comme souvent en fin de journée. Il pue l’alcool et la transpiration. Il la dégoûte. Mais elle se dit qu’en discutant, une fois de plus, elle parviendra à le calmer, et il rentrera chez lui. Elle n’a jamais osé prévenir la police : sa situation administrative est en cours de régularisation. Naïvement, elle a peur de tout compromettre en portant plainte contre lui. Diana a 20 ans.
Juan-Carlos est calmé désormais. Il pleure. Il lui crie sa solitude, son malheur, ses angoisses. Il pensait avoir trouvé la femme de sa vie. Il avait tellement cherché… Il ne boira plus, c’est promis. Et puis c’est qui ce jeune con qui lui tourne autour ? Il fait mieux l’amour que moi, c’est ça ?
Tunisie : Gréve à la SOTETEL, une première depuis sa création…
Les employés de la SOTETEL, (Société Tunisienne d’Entreprises de Télécommunication), ont entamé une grève depuis le 24 juillet 2008 jusqu’à ce jour. Une grève considérée comme première depuis la création de cette société.
En effet, 470 employés, qui ont déjà une bonne carrière dans cette société variant entre 5 et 25 ans d’emploi, sont toujours des contractuels. Ils demandent leurs titularisation suivant l’article 6-4-3 et l’article 17 du code de travail.
Nous avons parlé avec ses employés ainsi qu’avec des sources syndicales. Ils affirment qu’ils veulent négocier leurs problèmes avec les membres de l’administration qui sont déjà absents, notamment le directeur Général ainsi que le directeur des ressources humaines. En fait, un grand désaccord règne ces jours entre les deux parties (les personnels et les membres de l’administration).
Les employés ont manifesté leurs colère par des affiches collés à l’entrée de la société autour des thèmes suivants : « Abus de pouvoir », « mauvaise gestion des ressources humaines et matérielles ». « Une absence de modèle managérial cohérent et d’un système d’information », « absence de directeur Général et directeur ressources humaines » etc..
Ils ont dévoilé qu’ils ne veulent que la régularisation de leurs situations entre autre la titularisation d’un certain nombre d’employés, contractuels depuis 25 ans.
Tunisie Affaires, 15 août 2008
La révolte des « sans-papières »
Depuis le 15 avril, des dizaines de femmes de ménage sans papiers se battent pour leur régularisation. Avec plus de difficultés que leurs collègues masculins.
Elles s’occupent de nos enfants, les récupèrent à l’école, les emmènent au parc, veillent sur nos vieux parents, préparent les repas, dépoussièrent nos appartements… Nounous, femmes de ménage ou aides à domicile, les travailleuses dans le secteur de l’aide à la personne sont un maillon indispensable de notre société où les structures sociales, crèches ou maisons de retraite, font défaut. Indispensables et pourtant indésirables. Beaucoup d’entre elles, en situation irrégulière en France, sont traquées et expulsées.
90 demandes de régularisation
Femmes, immigrées, non déclarées, travailleuses à temps partiel, dans des métiers non qualifiés… Les femmes sans papiers alimentent en nombre les bataillons de travailleurs pauvres. La vulnérabilité de la clandestinité accroît encore leur précarité. Impossible de savoir combien elles sont. Invisibles dans les statistiques, isolées, les « sans-papières », comme elles se sont elles-mêmes baptisées, ont décidé de sortir de l’ombre. Profitant du mouvement de grèves et d’occupations des travailleurs sans papiers, déclenché mi-avril pour obtenir des régularisations par le travail, 90 femmes ont déposé, avec le soutien des associations Droits Devant ! !, Femmes Égalité, et de la CGT, des demandes de régularisations dans les préfectures d’Île-de-France. Longtemps cantonnées aux rôles d’épouses ou de mères, les femmes sans papiers accèdent enfin à un nouveau statut : celui de travailleuses. « Jusqu’à présent, les femmes sans papiers étaient prises en compte lorsqu’elles étaient mères d’enfants scolarisés ou victimes de violences, constate Ana Azaria, présidente de Femmes Égalité. Les considérer comme travailleuses est beaucoup plus offensif, cela permet de s’affirmer. »
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

