Grève à la maternité du CHU de Bordeaux contre le manque d’effectifs
Le personnel de la maternité du CHU de Bordeaux a observé lundi un mouvement de grève pour protester, selon les syndicats, contre un manque d’effectifs qui “ne permet pas d’assurer correctement le travail“.
Le mouvement a été suivi par environ 90% du personnel, selon les syndicats, près de 50% selon la direction.
“Nous demandons une quinzaine de postes dans l’immédiat afin de garantir la sécurité des patientes, des bébés et du personnel“, a expliqué à l’AFP Annie Carraretto, déléguée CGT, précisant que le service compte une centaine de sage-femmes et près de 120 auxiliaires de puériculture ou aide-soignantes.
“Pour le moment nous avons l ‘baraka, mais, un jour, on aura un souci car on est toujours sur le fil du rasoir”, affirme une sage-femme gréviste qui n’a pas souhaité communiquer son identité.
Afin de faire entendre leurs revendications, une centaine de sage-femmes, aides-soignantes, auxiliaires de puériculture et agents des services hospitaliers se sont rassemblés avec des pancartes demandant la “sécurité pour les mamans et les bébés” et “du personnel au pays des bisounours” devant la deuxième maternité de France, qui assure 4.300 accouchements chaque année.
Quand le capitalisme affame la planète
En cinq ans, le nombre d’êtres humains souffrant de la faim dans le monde a progressé de 75 millions. L’envolée des prix des céréales explique cette augmentation.
Dans son rapport sur l’État de l’insécurité alimentaire dans le monde en 2008, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) fait un bien sombre constat. La faim dans le monde progresse. Au total, 923 millions d’êtres humains en sont victimes. Soit 75 millions de plus que pour la période 2003-2005 pendant laquelle la sous-alimentation a recommencé à croître, après une longue stagnation de près de quinze années. En part de la population mondiale, la tendance est la même. Entre 1992 et 2003, la proportion de personnes souffrant de la faim avait régressé de 20 % à 16 %. Depuis, la courbe s’est inversée. Cette proportion atteint 17 % en 2007.
La région Asie-Pacifique et l’Afrique subsaharienne sont les zones les plus touchées. Elles comptabilisent 89 % des personnes souffrant de la faim. Sur les 75 millions d’êtres humains supplémentaires concernés en 2007, 41 millions vivent en Asie-Pacifique et 24 millions en Afrique subsaharienne. La recrudescence de la faim n’épargne pas pour autant l’Amérique latine et les Caraïbes, le Proche-Orient et l’Afrique du Nord. Même si dans ces régions, elle est moindre.
Principal coupable : l’envolée des prix des denrées alimentaires. Selon la FAO, plusieurs facteurs expliquent le phénomène. Certains liés à l’offre. Ainsi les principaux producteurs de céréales (Chine, États-Unis, Inde et Union européenne) ont modifié leur politique agricole, provoquant une diminution des stocks. Le rapport entre les stocks et l’utilisation des céréales à l’échelle mondiale est estimé pour 2007-2008 à 19,4 %. Il était légèrement supérieur à 23 % en 2004-2005. La FAO note que « des stocks en baisse participent à une plus grande volatilité des prix sur les marchés mondiaux en raison des incertitudes quant aux disponibilités en cas de baisse de production ». Or celle-ci a bien eu lieu. En 2005, la production céréalière mondiale a reculé de 3,6 %. En 2006, de 6,9 %. Avant de se rétablir en 2007.
Mal-logés : 5 manifestants blessés par la police
Cinq manifestants, quatre femmes et le porte-parole de l’association Droit au logement (Dal), Jean-Baptiste Eyraud, ont été blessés dimanche après-midi pendant une manifestation à Paris, près du pont des Arts, lors d’une bousculade avec la police, a annoncé le Dal.
La préfecture de police a démenti formellement toute violence contre les manifestants. Elle a précisé qu’elle avait interpellé “un individu qui tentait de forcer un barrage de police” et que cet homme “devra répondre de violence et outrage contre des agents de la force publique“.
De son côté, M. Eyraud a déclaré à l’AFP: “Trois femmes ont été évacuées par les pompiers, une autre par le SAMU, et moi, qui vais sans doute avoir le poignet plâtré à cause de coups de matraque et bouclier, les secours ont refusé de m’embarquer expliquant: on n’est pas un taxi, j’irai donc à l’hôpital par mes propres moyens“.
Les manifestants (300 selon les organisateurs, 180 selon la police) avaient déployé une banderole “Un toit, un droit” sur le pont, et ont voulu échapper à un encerclement par les gardes mobiles.
Selon la police, cette manifestation n’avait pas été déclarée.
Les militants de Dal, qui manifestent régulièrement à Paris, veulent être reçus à l’hôtel Matignon par le Premier ministre et demandent l’”application de la loi de réquisition” pour les mal-logés.
Les Cairotes harassées par le harcèlement
Egypte : Malgré une condamnation judiciaire inédite, les Egyptiennes restent victimes d’agressions sexuelles.
C’était l’été et Noha Rushdie marchait dans la rue. A hauteur d’un minibus, la jeune femme a vu le bras du chauffeur passer par la fenêtre et lui empoigner violemment les seins. Sans être banale, la scène est loin d’être exceptionnelle. C’est même une triste réalité pour une majorité des femmes qui vivent au Caire et l’ont au moins vécu une fois. D’ordinaire, elles explosent de colère, sans pouvoir faire plus. Noha Rushdie, elle, ne s’est pas arrêtée là. Cette réalisatrice, âgée de 27 ans, a forcé le conducteur à sortir, et l’a forcé à se rendre au commissariat voisin. Il y a quelques semaines, Sherif Gomaa, 28 ans, est ainsi devenu le premier homme à être condamné pour harcèlement sexuel en Egypte. Trois ans de travaux forcés, une peine pour l’exemple qui a sidéré le pays.
«A la maison».
Pour le Centre égyptien des droits de la femme, ce verdict est un pas important. L’été dernier, il publiait un rapport indiquant que 83 % des femmes égyptiennes se disent victimes de harcèlement sexuel dans la rue. L’ONG s’est lancée dans une campagne médiatique après un fait divers qui a suscité la polémique en 2006. Lors d’un jour férié, une foule d’hommes surexcités avaient attaqué sans distinction des femmes circulant en ville. «Voilées ou pas, vieilles ou jeunes, ils leur ont sauté dessus en essayant de les toucher partout», ont rapporté des témoins à Libération. Ce ne sont pas tant les faits eux-mêmes, pas spécifiques à l’Egypte, qui ont provoqué le scandale, que l’absence de réaction de la police et des autorités, dans un pays où le moindre mouvement de foule est d’ordinaire sévèrement réprimé. Le scandale a pris de l’ampleur quand le ministère de l’Intérieur a violemment nié que l’incident ait pu avoir lieu, accusant des blogueurs qui avaient dénoncé les faits, films à l’appui, de chercher à nuire à la stabilité du pays. Un crime relevant de la loi d’urgence.
La polémique a mis en évidence un courant ultraconservateur en pleine expansion dans la société. «Ces femmes qui traînent dans la rue, elles le cherchent, non ?» note Ahmed Zayed, vendeur dans une pharmacie. Cet homme de 25 ans estime que la place des femmes est «à la maison». Partisan des cafés «pour femmes seulement», qui commencent à voir le jour dans la capitale, il est interloqué quand on lui demande s’il se sent proche des Frères musulmans. «Je suis moderne, et religieux sans excès. Je dis ça pour leur bien : les femmes doivent être mises à l’écart de la violence de la société.»
Nord-Pas de Calais : Journal de grèves
“Je vous laisse une demi-heure. Si vous ne reprenez pas le boulot, je reviens avec quelque chose » [1]. menace le DRH de Sieto à Somain, près de Valenciennes. Devant la fermeté des 180 salarié-es, il se torche avec le droit de grève et revient avec 14 lettres de licenciement.
Les smicard-es de cette usine sous-traitante de Toyota se mettent en grève le 20 novembre, pour harcèlement moral et physique de l’encadrement et non versement des primes promises. Durant cinq jours, la direction tente tous les coups bas : « On va vous faire pleurer », prévient le DRH. « On n’est pas des chiens » rétorquent les ouvriers. Au 4ème jour, la direction embauche des intérimaires en remplacement, la grève se durcit, l’usine est bloquée. Le lendemain, les licenciements sont annulés et les primes seront versées.
Chez Norzinco, à Anzin, les 34 salarié-es se retrouvent à la rue après avoir bouffé du plomb et de l’amiante toute leur vie. Malgré un mois de grève en novembre, l’usine ferme à la fin du mois. Les patrons ? Glencore et ses actionnaires voraces, à travers le groupe Métaleurop, qui se prénomme désormais joliment « Recyclex ».
À Lille, Douai, St Omer, Douvres…
En cette fin d’année, de nombreux arrêts de travail se succèdent. Mi-novembre, les salarié-es de la Continentale Nutrition de Boulogne croisent les bras. Ils refusent les conditions de travail et la remise en cause des 35 heures. Au même moment près de St Omer, les employé-es de la papeterie Cascades bloquent l’usine et enclenchent une grève le lendemain pour éviter la suppression de dizaines d’emplois. Le 18, des cégétistes de Calais vont soutenir les dockers anglais de Douvres en lutte. Le 28, caissières et manutentionnaires du Lidl de Calais débrayent pour soutenir un collègue menacé d’avertissement : « Va te faire f… » aurait-il dit au chef [2]. Des débrayages ont aussi eu lieu chez le transporteur NTL (Noyelles Godault), à la Compagnie de transport CAT (Douai), à Total (Dunkerque), chez le fabricant d’étiquettes CCL (Avelin), dans les entreprises de transport de la métropole lilloise, etc.
Les grèves et les manifs ont aussi été nombreuses dans l’éducation nationale et dans le secteur public. Fin novembre, le personnel de la logistique et de la maintenance du CHRU occupent la plateforme de stockage de l’hôpital durant cinq jours. Les CRS les délogent et blessent un salarié. Quelques jours plus tard, les services restauration du CHR se mettent en grève contre les suppressions de postes à venir. Parallèlement, les urgentistes de la région entament une grève illimitée. Des journées de grève également à l’ANPE contre la fusion ANPE-UNEDIC, à l’AFPA contre le démantèlement de l’organisme de formation, ainsi qu’à La Poste, la SNCF, chez Transpole, etc.
Tarascon : Reprise à Linpac après trois mois de grève
Le groupe britannique débloque 9 millions d’euros pour financer le plan accompagnant la fermeture du site.
A la veille de Noël, après trois mois de grève, les 127 salariés de l’usine Linpac de Tarascon (Bouches-du-Rhône) ont trouvé un accord avec la direction sur le plan social accompagnant la fermeture du site.
Le groupe britannique a accepté de débloquer 9 millions d’euros pour financer le plan social et les diverses mesures d’accompagnement liées à l’opération. Le plan de sauvegarde de l’emploi, qui avait été jugé insuffisant par le tribunal de grande instance de Tarascon à la mi-novembre, a été amélioré, selon l’accord signé à la sous-préfecture d’Arles par les représentants du personnel et la direction de Linpac Packaging Provence.
Cet accord devra être validé le 6 janvier en comité d’entreprise. La cellule de reclassement sera active durant douze mois et les indemnités financières seront améliorées pour les salariés licenciés, avec notamment cinq mois de salaire brut pour chaque salarié. Les jours de grève seront payés ainsi que les mois de janvier et de février.
Grève des infirmiers au Cameroun
Des hôpitaux publics sont paralysés depuis deux jours par une grève des infirmiers, suite au mouvement de débrayage lancé par le Syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (SYNPEMS), a-t-on constaté.
A l’hôpital Laquintinie (Central) de Douala où la grève est très suivie, 280 infirmiers ont décidé d’arrêter le travail, exigeant la régularisation de leur situation, notamment leur intégration dans la fonction publique.
La situation devient de plus en plus intenable dans les hôpitaux, a constaté le correspondant d’APA, puisque les infirmiers ont décidé de mettre fin au service minimum auxquels ils étaient astreints depuis vendredi.
Visiblement déterminés, les organisateurs de la grève ont demandé à partir de lundi que les « infirmiers temporaires restent chez eux», une démarche qui complique la situation des usagers dont beaucoup reconnaissent que la détérioration. (…)
Selon des témoignages, sur quelque 400 infirmiers en service à l’hôpital central de Douala qui compte un millier de lits, 280 sont des temporaires.
Premier jour de Pôle emploi: Près de 19% de grévistes
Quelque 18,9% du personnel de Pôle emploi, regroupant désormais l’ANPE et les Assedic, étaient en grève lundi, a indiqué la direction à l’AFP, le syndicat SNU faisant état d’un mouvement suivi à 15% chez les anciens employés Assedic et à 30% chez les ex-ANPE.
“Il y a 18,9% de grévistes hors départements d’outre-mer“, a déclaré un porte-parole, affirmant ne pas avoir dans l’immédiat de données sur des sites fermés.
L’appel à la grève est “relativement peu suivi“, avait déclaré plus tôt à l’AFP Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi après un entretien avec le Premier ministre François Fillon. “Cela prouve que les gens de Pôle emploi croient à cette réforme et ont envie d’avancer“, selon lui.
De son côté, l’un des principaux syndicats du nouvel organisme, le SNU, a indiqué à l’AFP qu’environ 30% des anciens agents de l’ANPE et 15% des anciens employés des Assedic étaient en grève lundi à la mi-journée.
La dernière grève commune ANPE-Assedic contre cette fusion avait eu lieu le 27 novembre 2007 et avait mobilisé 60% des 14.000 salariés des Assedic et 25% des 30.000 de l’ANPE. Le 1er décembre 2008, 48% des agents de l’ANPE avaient fait grève à l’appel de leurs huit syndicats, selon la direction.
Hausse record du nombre de chômeurs en novembre
Au cours des douze derniers mois, le nombre de chômeurs a augmenté de 161 000.
Novembre a battu un triste record : en un mois, 64 000 personnes sont venues grossir les rangs des demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1, la catégorie qui correspond à la définition la plus usuelle du chômage selon Pôle Emploi (l’ex-ANPE et Assedic regroupés). Jamais depuis 1991, la France n’avait connu une telle hausse mensuelle. Impossible de comparer avec la période antérieure : 1991 marque l’année du changement de mode de calcul des chômeurs par l’ANPE.
L’Hexagone comptait fin novembre près de 2,1 millions de chômeurs. Leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis le mois de mai, enregistrant sept hausses mensuelles consécutives, une brutale accélération du rythme en août et le franchissement de la barre symbolique des deux millions de sans-emploi en octobre.
Dans le détail, les données de novembre sont particulièrement inquiétantes. Alors que l’on recense une hausse du chômage de plus de 3 % dans toutes les tranches d’âge, sur un an, les jeunes payent encore le plus lourd tribut (14,3 % de sans-emploi en plus). Plus alarmant encore, les entrées au chômage pour cause de licenciement économique ont fait un bond de 13,1 % au cours des trois derniers mois. Et le pire est à venir puisque les plans sociaux annoncés depuis la rentrée prendront surtout effet en 2009.
En outre, les entreprises continuent à se séparer de leurs salariés précaires. Les entrées au chômage suite à la fin d’un CDD ont augmenté de 6,9 % au cours des trois derniers mois, et celles pour fin de mission d’intérim de 18,2 %. « Le marché du travail est devenu plus flexible. Résultat, dès que la conjoncture fléchit, le chômage augmente. Avec une moyenne, entre juin et novembre, de près de 28 000 chômeurs en plus chaque mois, nous sommes désormais sur les rythmes de 1993 », fait remarquer Éric Heyer, directeur adjoint à l’OFCE. (…)
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

