Alfa Services : Le tribunal ordonne l’expulsion des grévistes
Le tribunal de Bobigny a ordonné mercredi l’expulsion des locaux de l’entreprise de nettoyage du bâtiment Alfa Services, au Bourget (Seine-Saint-Denis), des 30 sans-papiers en grève depuis juin pour leur régularisation, a-t-on appris auprès de l’avocate des sans-papiers.
“Très déçus” mais “déterminés“, les immigrants, Maliens et Sénégalais, ont décidé “de s’installer à l’extérieur des locaux“, “sur le trottoir“, lorsque le jugement leur aura été signifié, selon Cheikhou Ba, de la CGT.
“Face au blocage, il faut maintenant régulariser“, “il revient aujourd’hui à l’Etat de permettre une sortie digne de ce conflit“, a réagi le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, dans un communiqué où il réitère sa demande de “délivrance d’autorisations provisoires de séjour leur permettant de rechercher un nouvel employeur“.
Le juge des référés du tribunal de grande instance avait été saisi par Arlindo Carvalho, le gérant de la PME, qui invoquait une entrave à la liberté du travail d’autres salariés en raison de l’occupation jour et nuit des locaux.
Le tribunal “a donné droit aux demandes de l’employeur et ordonné l’expulsion de tous les grévistes avec une astreinte de 50 euros par jour de retard et par personne“, a indiqué à l’AFP Me Houria Amari, qui avait contesté lors de l’audience, le 17 décembre, la réalité de l’entrave et dénoncé “la mauvaise foi” du gérant.
Canton de Vaud : Les employés refusent la nouvelle grille salariale
Les documents modifiant les contrats de travail viennent de parvenir aux employés de l’Etat de Vaud. Qui réagissent.
La nouvelle grille salariale de l’Etat ne fait pas que des heureux. De nombreux fonctionnaires, qui viennent de recevoir le document modifiant leur contrat de travail, s’apprêtent à faire recours. Ils ont quarante jours.
Pour les aider, la Fédération des sociétés de fonctionnaires (FSF) a organisé des permanences cette semaine. «Nous avons reçu énormément de coups de fil, témoigne Martial de Montmollin. Il y a aussi passablement de monde qui est venu dans nos locaux.» Président de la FSF, il précise qu’il «y a un gros mécontentement dans le personnel administratif. Cette fonction est victime d’incohérences flagrantes.» Les secrétaires qui possèdent toutes le même titre ont des degrés de responsabilités qui varient. Ces différences ne sont pas prises en compte dans la nouvelle grille Defco-Sysrem.
Les psychologues en orientation scolaire font aussi grise mine. «Pour cette catégorie, ce sont des centaines de milliers de francs qui sont perdus sur une carrière», relève Martial de Montmollin. La FSF n’entend toutefois pas mener des actions de lutte. «Nous sommes toujours en négociation», indique le président.
Accusation de “terrorisme” pour solidarité contre un mariage forcé
Les agences de presse et les journaux parisiens se sont jetés sur ce fait divers qu’ils voulaient croustillant « Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête sur l’enlèvement le 7 décembre à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) d’une jeune Turque par deux personnes soupçonnées d’appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a-t-on appris jeudi de source judiciaire. La jeune femme, âgée de 21 ans, a été enlevée le 7 décembre dans l’après-midi dans une rue de Pierrefitte-sur-Seine par un homme et une femme armés, a précisé cette source, confirmant une information du (journal) le Parisien », et, après force détails, la dépêche de la très sérieuse Agence France Presse (AFP : 11-12-2008 à 11:29, parue dans Paris Obs.com) poursuit : « Le parquet de Bobigny s’est dessaisi au profit du parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste. L’enquête sur cet enlèvement a été confiée aux policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) ». Vous avez bien lu : une source judiciaire confirme qu’il s’agit d’un enlèvement par deux personnes armées et vise immédiatement le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme étant le commanditaire.
Personne, bien évidemment, n’a cru sérieusement à cette thèse, mais il était tentant se faire porter, une fois de plus, « le chapeau » au PKK qu’on veut diaboliser à tout prix, les démentis ne réparant jamais complètement les effets de la désinformation ; la priorité n’a donc pas été de porter secours à cette jeunes femme, ni de dénoncer une pratique encore trop courante en Turquie, celle des mariages forcés, car c’est de cela qu’il s’agit. Grâce à l’action de militants kurdes, Cemile Demir -c’est son nom- a réussi à fuir sa famille qui l’avait mariée de force à un cousin, un homme violent de surcroit, et à se réfugier en Belgique ; très en colère, son père, résidant à Paris, qui voulait la renvoyer en Turquie, monte la fable de l’enlèvement par le PKK. !
Mobilisation des lycéens demain
Les syndicats lycéens appellent à une nouvelle journée d’action avec des manifestations jeudi pour l’ouverture de “vraies discussions avec l’ensemble du monde” éducatif et contre les suppressions de postes. Cette mobilisation aura valeur de test pour la suite d’un mouvement qui n’a cessé de prendre de l’ampleur avant les vacances de Noël, conduisant Xavier Darcos à reporter sa réforme du lycée et à annoncer la reprise “à zéro” des négociations sur ce dossier.
La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) et l’Union nationale lycéenne (UNL) se montrent d’ailleurs très prudentes. “Je pense qu’il y aura des choses un peu partout de manière assez dispersée. Ce sera une première journée de mise en bouche pour la suite. On verra demain“, a déclaré mercredi à l’Associated Press Coralie Caron, l’une des porte-parole de la FIDL.
A Paris, un rassemblement est prévu à 14h à proximité du métro Sèvres-Babylone, non loin du ministère de l’Education. Outre ce rassemblement, des actions et des assemblées générales sont également attendues dans les lycées parisiens, selon la FIDL.
Ailleurs en France, les syndicats lycéens annoncent des manifestations à Douai, Quimper, Rennes, Metz, Dax, Grenoble, Lyon, Marseille, Strasbourg, Le Mans, Nantes, Nancy, Poitiers ou encore Lorient. “Dans la rue, on ne s’attend pas à une mobilisation de l’ampleur de celle du 18 décembre. Mais on pourrait avoir des surprises en province“, avance Coralie Caron.
Hhôpital Edouard Herriot à Lyon : Un mois de grève
Des infirmiers et aides-soignants des urgences de l’hôpital Edouard Herriot à Lyon sont en grève depuis le 8 décembre, afin de réclamer des effectifs supplémentaires, pour assurer l’accueil des patients dans leur service, a-t-on appris auprès des grévistes et de la direction.
Les grévistes réclament l’embauche de cinq brancardiers et le remplacement des personnels paramédicaux en congé maternité ou longue maladie.
“Les infimiers sont occupés à faire les soins urgents, les aides-soignants passent leur temps à accompagner les patients en brancard vers les salles d’examen, et personne ne peut s’occuper des malades qui patientent aux urgences,”, a souligné Grégory Taveau, infirmier gréviste non syndiqué.
“On est à la limite de la maltraitance“, a-t-il déploré, expliquant que des patients à qui personne n’avait le temps de proposer le bassin se souillaient, et restaient sales plusieurs heures, et que personne ne pouvait renseigner les malades.
Les salariés de France Télévisions manifestent devant le Sénat
Des dizaines de salariés de France-Télévisions, un peu moins de 200 travaillant notamment pour France 2 et France 3, se sont rassemblés, mercredi, devant les grilles du Sénat, à Paris, pour dénoncer le projet de loi de réforme de l’audiovisuel public en examen à la Haute assemblée.
Après avoir dénoncé le fait que la mesure principale du texte, la suppression de la publicité, était déjà en vigueur depuis le 5 janvier, les sénateurs communistes Jacques Ralite, Jean-François Voguet, et la sénatrice du Nord, Marie-Christine Blandin (Verts), ont quitté l’hémicycle pour être au côté des manifestants afin d’exprimer leur solidarité.
“On sent qu’il y a de la friture au sein de la majorité présidentielle au Sénat. Sarkozy a eu tort de supprimer la pub à la télé avant de leur dire un mot“, affirme Jacques Ralite.
“Nous avons la rage, nous avons été humiliés ! C’est deux jours après son entrée en vigueur que le Sénat est convoqué à donner son avis. C’est inique“, a protesté Marie-Christine Blandin qui espère un “sursaut des centristes avec la gauche” pour voter contre ce texte. “La messe n’est pas dite”, souligne-t-elle.
“Le service public va être confisqué par l’Elysée si cette loi assassine est votée par les sénateurs. Nous avons un grand espoir en eux“, a déclaré, pour sa part, Dominique Pradalié, du SNJ (Syndicat national des journalistes) de France 2.
“Aujourd’hui il y a une marge de manoeuvre et une possibilité de faire évoluer ce texte de loi, notamment sur la redevance et la révocation du président de France Télévisions, a martelé Carole Petit, du SNJ de France 3. Plusieurs amendements ont déjà été déposés en commission.”
Orléans : Grève des éboueurs
Les éboueurs de l’agglomération d’Orléans sont en grève depuis douze jours pour obtenir une prime mensuelle de 100 euros, a-t-on appris aujourd’hui auprès des grévistes.
Le mouvement, déclenché le 26 décembre, est suivi par 90% des salariés statutaires ainsi que par une partie du personnel du service d’assainissement, selon la CGT.
Les éboueurs bloquent en partie des dépôts mais n’empêchent pas totalement leurs collègues intérimaires de travailler.
Huit bennes sur 30 étaient en circulation aujourd’hui mais les ordures commencent à s’amonceler dans le centre ville. Six communes de l’agglomération, dont Orléans, sont concernées par ce mouvement de grève.
Les éboueurs, qui gagnent 1.300 euros au bout de 20 ans d’ancienneté, se disent déterminés à poursuivre leur action jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction.
“On perd entre 50 et 55 euros par jour selon l’ancienneté, mais on savait que cette grève serait dure. Il n’est pas question de céder“, a déclaré à la presse Gilles Paturance, délégué CGT.
Ziad Medoukh, professeur de français, témoigne depuis Gaza, ville où nous l’avons joint hier par téléphone.
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