Egypte : Forte amende pour avoir dénoncé des conditions de travail
Le Réseau arabe pour les informations sur les Droits de l’homme (ANHRI) a condamné l’amande prononcée par un tribunal égyptien contre le blogger, Mohamed Mabrouk, laquelle amende comporte une somme de 2.500 livres égyptiennes, ainsi qu’une somme additionnelle de 40.000 livres égyptiennes à verser sous forme d’indemnisation pour la société “Trust Chemicals Company”.
Le tribunal des flagrants délits a rendu public le verdict en réponse à une plainte pour diffamation déposée par la société en Juin 2008.
La société a intenté le procès contre Mabrouk, qui a accusé l’entreprise de jeter des substances dangereuses dans un lac et dans le Canal de Suez, à travers son blog dénommé “El Hakika“.
Selon ANHRI, Mabrouk avait prétendu que les conditions de travail dans la société seraient “si dures que les ouvriers ont organisé une grève sur le tas contre les cas de renvois des travailleurs et avaient aussi exigé d’avoir des copies de leurs contrats“.
“La société a simplement fourni les photocopies des documents demandés par le tribunal, étant entendu que la légalité du texte sur lequel repose le procès est douteuse“, a indiqué une déclaration de l’organisation des droits de l’homme basée au Caire.
“A noter en outre que le procès a été intenté sur la base de l’Article 3 de la loi des procédures criminelles avec l’indifférence totale à l’égard de l’Article 60 de la loi pénale, selon lequel la loi ne couvre pas les actes entrepris de bonne intention. Cette affaire constitue une infraction à l’esprit de l’accord international sur les droits civils et politiques ainsi qu’à l’Article 47 de la constitution égyptienne, garantissant tous les deux le droit à la liberté d’expression“, ajoute ANHRI.
“Le groupe de droits de l’homme espère bénéficier du soutien du pouvoir judiciaire pour défendre le droit de la critique légitime et la liberté d’expression, confirmant de nouveau le besoin de changer les lois qui restreignent ces libertés. C’est l’épée qui était, jusque-là, suspendue au- dessus de la tête de chaque leader d’opinion en Egypte“, a poursuivi la déclaration de l’organisation.
Pour se défendre, Mabrouk a soutenu que ses écrits sont compatibles avec les conditions requises pour que des citoyens puissent critiquer un incident factuel dans l’intérêt public.
ANHRI a indiqué que le verdict prononcé était “excessivement dure“, ajoutant qu’il constitue une ” violation inacceptable de la liberté d’expression“.
Afrique en ligne, 25 janvier 2009
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