Après six semaines de grève, des sans-papiers du Bourget durcissent le ton
Des sans-papiers d’une entreprise de nettoyage du bâtiment occupée depuis six semaines au Bourget (Seine-Saint-Denis) par une trentaine d’africains réclamant leur régularisation ont dénoncé vendredi, devant un chantier parisien, les “négriers des temps modernes” qui les emploient, a constaté une journaliste de l’AFP.
Soutenus par la CGT, les sans-papiers ont décidé de “mettre la pression” sur leur employeur Alfa Services par des actions plus visibles sur des chantiers où leur société intervient, selon eux comme “sous-traitant de sous-traitant“.
Après avoir distribué jeudi des tracts devant les futurs locaux de l’état-major de la police de Seine-Saint-Denis à Bobigny, ils ont fait de même vendredi matin devant une résidence de logements neufs en construction (groupe Vinci) dans le 13e arrondissement.
Depuis le 16 juin, ces sans-papiers réclament des promesses d’embauche pour 14 ouvriers licenciés en mai pour cause de faux-papiers, une augmentation de salaire de 5% et de meilleures conditions de travail.
A une trentaine, encore salariés ou licenciés, ils campent depuis cette date dans la courette du pavillon abritant le siège, désormais déserté, d’Alfa Services. Selon les sans-papiers, Alfa Services employait avant le conflit 45 personnes, “dont au moins 36 sans-papiers” sénégalais et maliens.

Selon le quotidien Arabophone Assabah, la police Espagnole des frontières a multiplié ces dernières semaines ses agressions envers les citoyens Marocains qu’ils soient MRE ou résidant au Maroc. La goutte d’eau fut l’arrestation du parlementaire Marocain Yahya Yahya qui a d’ailleurs faillit provoquer un grave incident diplomatique entre les deux pays voisins !
Le temps d’une journée, une partie des grévistes de Nanterre sont venus à Allonnes (Maine-et-Loire) pour demander à leur patron que les salaires soient versés et que 9 de leurs camarades soient aussi régularisés.
Dans les Alpes-Maritimes, quelque 4 000 étrangers travailleraient de façon pérenne, mais sans papiers et clandestinement alors qu’ils réclament leur régularisation, selon la CGT. Une « hypocrisie » que quelques-uns d’entre eux ont dénoncée hier sur le marché d’Antibes.
Trois mois après le début des grèves de salariés réclamant leur régularisation, une quarantaine d’entreprises sont toujours occupées en Ile-de-France. La CGT, qui organise ces mouvements, annonce 600 régularisations, pour le moment, sur les 1 500 dossiers déposés.
Des milliers de couples franco-étrangers sont aujourd’hui privés du droit de mener une vie familiale normale en raison du durcissement constant des lois sur l’immigration et des pratiques administratives.
Une centaine de sans-papiers occupant un bâtiment de l’ULB ont décidé d’entamer une grève de la soif dès le début du Kern qui se tient dimanche, indique l’Union de défense des personnes sans papiers (UDEP) dans un communiqué.
Alors que chaque jour nous montre la réalité de la barbarie capitaliste, ce site a pour objet de suivre l’actualité du point de vue de la classe ouvrière. En effet, alors que le capitalisme ne nous offre que toujours plus de guerre, de chaos, de misère et d’atrocités, nous pensons que seule l’organisation des travailleuses et des travailleurs est capable d’offrir un autre futur à l’humanité.

