La résistance à la chasse aux travailleurs sans-papiers avance à Rennes
En Bretagne, le mercredi 8 octobre dernier, 10 ouvriers sans-papiers, de nationalités turque et brésilienne, ont été interpellés au cours d’un contrôle simultané de 15 chantiers du bâtiment. L’opération a été conduite par 200 policiers, gendarmes et agents de l’Urssaf selon Ouest-France. L’Urssaf a officiellement pour mission de veiller au bon recouvrement des ressources de la Sécurité sociale. Or, visiblement, le travail des agents de l’Urssaf est aussi instrumentalisé pour lutter contre l’immigration dite clandestine.
L’État de Sarkozy a décidé d’accentuer la lutte contre l’immigration dite clandestine. Chaque année, il fixe aux préfectures des objectifs d’expulsions : 10 000 en 2002, 25 000 en 2007, 26 000 en 2008 (dont 200 pour la préfecture d’Ille-et-Vilaine).
Dans ce cadre, la répression du travail au noir est bien utile. Chaque rafle organisée dans les entreprises permet d’arrêter plusieurs sans-papiers. Ces travailleurs, en plus d’être exploités par les employeurs, doivent travailler avec la peur au ventre car l’arrestation est généralement synonyme d’expulsion du territoire.
En France, les sans-papiers n’ont pas droit au travail. Par nécessité, beaucoup travaillent cependant. Ils sont mal payés et sans protection sociale. Beaucoup cotisent à la Sécurité sociale mais ne touchent pas de prestations sociales.
Comme si cela ne suffisait pas, l’État multiplie les opérations de rafle visant à interpeller quelques travailleurs sans-papiers. En procédant ainsi, il maintient ces travailleurs dans la précarité, dans le silence, dans la difficulté à s’organiser collectivement et à lutter. Et les employeurs en profitent… Nous ne voulons plus de ces rafles organisées par l’Etat, en particulier par les services de police, de gendarmerie et de l’Urssaf. Il faut lutter contre les patrons qui ne payent pas les cotisations sociales mais le travail de l’Urssaf ne doit pas servir à interpeller, à sanctionner, à expulser des travailleurs sans-papiers. La lutte contre le travail dit clandestin et contre la surexploitation des travailleurs sans-papiers doit passer par leur régularisation et leur droit au travail. C’est ce que nous – salariés, travailleurs, syndicalistes – exigeons. Nous avons décidé de réagir à chaque rafle et c’est pourquoi nous manifestons aujourd’hui devant l’Urssaf.
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Les sans-papiers victimes d’un racket institutionnel
Depuis des dizaines d’années, les cotisations sociales payées par les salariés sans papiers remplissent les caisses sans que ceux-ci ne bénéficient, en retour, de leurs droits.
Deux milliards d’euros par an. C’est le montant minimum que rapporte à l’État, par l’intermédiaire de l’URSSAF, des ASSEDIC, des caisses de retraite, les cotisations des quelque quatre cent mille salariés sans papiers présents sur le territoire. Le calcul a été réalisé par Droit Devant ! Survie, ou encore ATTAC, qui lancent une campagne d’information de l’opinion publique (1).
« Ce vaste racket institutionnel, sur des centaines de milliers de personnes régularisées ou toujours sans papiers ou expulsées, qui a commencé à la fermeture des frontières, en 1974, est une évidence pour les militants des associations et syndicats qui travaillent avec les sans-papiers depuis des années. Mais pour lancer une campagne d’information, il fallait que l’opinion publique soit prête à entendre, explique Jean-Claude Amara, de Droit Devant ! Depuis les actions de grève pour les régularisations des salariés lancées l’an dernier, l’idée que les sans-papiers sont très souvent des salariés déclarés, qui remplissent leur déclaration d’impôts, voire paient des impôts, ne paraît plus une aberration. En réalité, la grande majorité des sans-papiers, dans la restauration, dans le bâtiment, dans le nettoyage, ne travaillent pas au noir. Cette réalité est davantage celle des employés à la personne et essentiellement des femmes. Notre calcul est basé sur quatre cents euros de cotisations par mois pour un salaire au SMIC. Mais il faut bien se dire qu’il s’agit d’une hypothèse basse, qui ne tient pas compte des heures supplémentaires (même si elles ne sont pas toujours toutes payées), ni du fait que certains peuvent cumuler deux emplois. »
Alfa Services : Le tribunal ordonne l’expulsion des grévistes
Le tribunal de Bobigny a ordonné mercredi l’expulsion des locaux de l’entreprise de nettoyage du bâtiment Alfa Services, au Bourget (Seine-Saint-Denis), des 30 sans-papiers en grève depuis juin pour leur régularisation, a-t-on appris auprès de l’avocate des sans-papiers.
“Très déçus” mais “déterminés“, les immigrants, Maliens et Sénégalais, ont décidé “de s’installer à l’extérieur des locaux“, “sur le trottoir“, lorsque le jugement leur aura été signifié, selon Cheikhou Ba, de la CGT.
“Face au blocage, il faut maintenant régulariser“, “il revient aujourd’hui à l’Etat de permettre une sortie digne de ce conflit“, a réagi le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, dans un communiqué où il réitère sa demande de “délivrance d’autorisations provisoires de séjour leur permettant de rechercher un nouvel employeur“.
Le juge des référés du tribunal de grande instance avait été saisi par Arlindo Carvalho, le gérant de la PME, qui invoquait une entrave à la liberté du travail d’autres salariés en raison de l’occupation jour et nuit des locaux.
Le tribunal “a donné droit aux demandes de l’employeur et ordonné l’expulsion de tous les grévistes avec une astreinte de 50 euros par jour de retard et par personne“, a indiqué à l’AFP Me Houria Amari, qui avait contesté lors de l’audience, le 17 décembre, la réalité de l’entrave et dénoncé “la mauvaise foi” du gérant.
Libye : Reportage depuis le camp de détention pour migrants de Misratah
Durant la nuit, dans la cour de la prison, on entend le son de la mer. Ce sont les vagues de la Méditerranée, à une centaine de mètres du centre. Nous sommes à Misratah, 210 km à l’est de Tripoli, en Libye. Les prisonniers sont des réfugiés érythréens : 600 personnes, âgés de 20 à 30 ans, dont 58 femmes et plusieurs enfants et bébés. Arrêtés au large de Lampedusa ou dans la banlieue de Tripoli, ils sont oubliés dans cette prisons depuis deux ans, sans procès. Ce sont eux les premières victimes de l’accord italo-libyen contre l’immigration. Ils dorment par terre dans des chambres sans fenêtres, 4 mètres pour 5, entassés jusqu’à 20 personnes par chambre. Ils sont autorisés à sortir dans la cour fermée, sous le regard attentif de la police libyenne. Leur faute ? Avoir tenté de rejoindre l’Europe afin de chercher asile.
La diaspora érythréenne passe par Lampedusa et Malte. Depuis 2005 au moins 6.000 réfugiés de l’ancienne colonie italienne ont débarqué sur les côtes siciliennes, en fuyant de dictature d’Isaias Afewerki. La situation à Asmara est toujours critique. Amnesty International dénonce harcèlement et arrestations des opposants et des journalistes. Et la tension avec l’Éthiopie reste élevée, de sorte que 320.000 Erythréens sont contraints au service militaire à durée indéterminée, dans un pays qui compte 4,7 millions d’habitants. Chaque année, des milliers désertent l’armée et fuient. La plupart s’arrêtent au Soudan où il y a plus de 130.000 réfugiés Erythréens. D’autres traversent le Sahara, la Libye et enfin atteignent la Méditerranée en quête de l’Europe.
La première fois que j’ai entendu parler de Misratah a été au printemps 2007, au cours d’une réunion à Rome avec le directeur du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) de Tripoli, Mohamed al Wash. Quelques mois plus tard, en Juillet 2007, grâce à une association érythréenne, nous avons réussi à contacter téléphoniquement un groupe de prisonniers érythréens. Ils se plaignaient des conditions de surpeuplement, du manque d’hygiène, et de la précarité de leur état de santé, en particulier pour les femmes enceintes et les bébés. Ils accusaient aussi certains agents de la police de harcèlement sexuel envers les femmes. À l’époque, Amnesty International avait déjà exprimé sa profonde préoccupation pour le risque d’expulsion des Érythréens arrêtés en Libye. Le 18 septembre 2007, la diaspora érythréenne organisa des manifestations dans les principales capitales européennes en demandant leur libération.
Le directeur du camp, le colonel ‘Ali Abu ‘Ud, connaît bien les rapports internationaux sur Misratah, mais les nie : “Tout ce qu’ils vous ont dit c’est faux” dit-il fièrement. Il siège en veste et cravate, derrière un bouquet de fausses fleurs dans son bureau, au premier étage. De la fenêtre, je vois une cour avec plus de 200 détenus. Abu ’Ud a visité en Juillet 2008 certains centres d’accueil en Italie, avec une délégation libyenne. Il parle de Misratah comme d’un hôtel cinq étoiles par rapport aux autres centres de détention libyens. Et probablement a-t-il raison … Après une longue insistance, avec un collègue de la radio allemande, Roman Herzog, il nous permet de parler aux réfugiés érythréens. Nous descendons dans la cour, et nous divisons. J’interview F., un refugié âgé de 28 ans, qui a passé 24 mois de sa vie dans cette prison. Pendant qu’il parle je me rends compte que je ne suis pas en train de l’écouter. En fait, je cherche tout simplement à m’imaginer à sa place. Nous avons à peu près le même âge, mais lui est en train de jeter dans la poubelle les meilleures années de sa vie, oublié dans cette prison.
Près de 200 sans-papiers occupent une église à Zurich
Près de 200 sans-papiers occupaient vendredi une église de Zurich pour obtenir une régularisation de leur situation et une amélioration de leur prise en charge, ont indiqué à l’AFP des membres du collectif Bleiberecht (droit au séjour).
Entre 150 et 200 sans-papiers — originaires notamment d’Algérie, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan et de la Sierra Leone — occupent depuis le 19 décembre la Predigerkirche (église du prêcheur) dans la vieille ville, a indiqué une femme membre de ce collectif, sous couvert d’anonymat.
“Nous réclamons la légalisation de la situation de tous les sans-papiers présents dans l’église et une amélioration de l’accueil dans les centres de séjour“, a-t-elle précisé.
Les sans-papiers, dont certains accompagnés de leurs enfants, vivent dans l’église, dormant sur des matelas à même le sol qui sont rangés le matin pour permettre la tenue des messes. Des repas chauds sont servis deux fois par jour à l’extérieur du bâtiment, dont l’entrée est placardée d’affiches revendiquant le droit au séjour des demandeurs d’asile.
Le collectif demande également que le canton de Zurich applique la directive sur les “cas de rigueur“, qui permet à un requérant d’asile ayant vécu au moins cinq ans en Suisse de faire réexaminer son dossier après un avis négatif.
“Le canton n’applique pas cette directive“, selon une autre femme du collectif, qui a également requis l’anonymat.
“Je demande juste des papiers pour rester en Suisse et pour travailler“, explique Yacine, 27 ans. Originaire de Kabylie, cet Algérien dit craindre pour sa vie en cas de retour forcé dans son pays.
“Je reçois 10 francs suisses (environ 6 euros) par jour pour vivre et je n’ai pas d’endroit où aller alors je suis venu ici“, poursuit-il.
Retour forcé au pays pour les migrants de Russie
Par milliers, Tadjiks, Ouzbeks et Kirghiz quittent Moscou après avoir perdu leur emploi.
L’un n’est plus payé depuis cinq mois, un autre vient d’être licencié, un autre a gardé son emploi mais ne touche plus qu’un quart de son salaire, un autre encore n’est plus payé depuis trois mois… Au total, ils sont des milliers, échoués à la gare de Kazan, dans le nord de Moscou, dans l’attente d’un train qui les ramènerait au pays.
Depuis que la crise économique frappe la Russie, la gare de Kazan, d’où partent les trains pour le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan, s’est transformée en immense sas de décompression. Premiers licenciés, des milliers d’immigrés y attendent des jours, et parfois des semaines, un improbable ticket. Même rentrer au pays est devenu une épreuve : tous les trains sont maintenant complets jusqu’au 30 janvier. «Ça fait quinze jours que je suis là, confie Idibek, un jeune maçon ouzbek, j’ai perdu mon travail, et j’attends qu’un ticket se libère. Les policiers nous tolèrent, si on leur donne un petit billet de temps en temps.»
Employés pour la plupart sur les chantiers, les immigrés en Russie avaient de toute façon pour tradition de rentrer chez eux l’hiver, pour les fêtes du nouvel an, quand les journées sont trop courtes et trop froides à Moscou. Mais cette année, avec le ralentissement ou le gel de la plupart des chantiers, le mouvement tourne à la fuite en masse. Accélérée peut-être aussi par un regain d’agressions racistes, pour faire «place aux Russes».
Contrat.
«Sur le chantier où je travaille, ça fait cinq mois que les salaires ne sont plus versés», raconte Oïbek, un jeune Ouzbek en rade dans la gare de Kazan.Djoumakhon Touraev, Tadjik de 47 ans, raconte une histoire semblable : «Moi, c’est depuis août que mon patron ne verse plus mon salaire, qui devait être de 15 000 roubles [370 euros, ndlr]. En novembre, quand nous sommes allés nous plaindre auprès de la direction, elle nous a donné quinze minutes pour ramasser nos affaires et décamper du chantier, où nous habitions aussi. Pendant une semaine, avec ma brigade d’une vingtaine d’hommes, nous avons dormi dans la rue. » Comme la plupart des immigrés en Russie, Djoumakhon n’avait pas de contrat de travail en règle : «En mai, le patron nous a retenu 14 000 roubles [345 euros, ndlr], soi-disant pour nous enregistrer, mais nous n’avons jamais obtenu le moindre papier. De toute façon, tous les chefs mentent. Ils nous disent : “Revenez demain” ou “Si vous n’êtes pas contents, vous n’avez qu’à porter plainte au tribunal”.» Dans les locaux de l’association Loi et migrations, cachés dans un recoin du stade olympique de Moscou, les plaintes d’ouvriers floués par leurs patrons se sont multipliées ces derniers mois. «Avec la crise économique, les employeurs corrects, qui paient régulièrement leurs ouvriers, doivent licencier. Quant à ceux qui ont toujours pour principe de tromper leurs ouvriers, ils invoquent maintenant la crise pour ne pas payer», résume Soulaïmon Chokhzoda, conseiller de Loi et migrations.
Les 88 de Man BTP voient le bout du tunnel
Sans-papiers : Les travailleurs de cette agence d’intérim parisienne pour le bâtiment ont déposé mardi dernier leurs dossiers de régularisation en préfecture.
Il a fallu faire venir un diable à roulettes pour porter les deux cartons. Au-dessus, un plaisantin a posé un casque de chantier, attaché par une corde. Histoire de rappeler que les dossiers qui sont rangés là sont ceux de travailleurs du bâtiment. 65 dossiers : ceux des intérimaires de l’agence Man BTP en lutte depuis le 3 juillet. Plus de 150 jours de grève et d’occupation pour obtenir leur régularisation ! Plus encore que les autres travailleurs sans papiers, les « 88 de Man BTP » (dont 65 dépendent de la préfecture de Paris), comme on les appelle maintenant, ont dû se battre pour que leurs droits soient reconnus.
Obtenir des CDI des donneurs d’ordre
Le ministère avait relégué les intérimaires aux oubliettes, les excluant de l’article 40 de la loi du 20 novembre 2007 et de la circulaire du 7 janvier 2008, qui prévoient les conditions de régularisation des travailleurs sans papiers sur demande de leur employeur. Il a fallu attendre le vendredi 12 décembre pour que le ministère transmette enfin les critères communs aux préfectures, y compris ceux des intérimaires.
Pour en arriver à ces deux cartons sur ce diable à roulettes, les intérimaires de Man BTP ont mené une lutte tous azimuts. Ils ont occupé leur agence d’intérim boulevard Magenta, puis les sièges des plus importants donneurs d’ordre du bâtiment : Vinci, Eiffage, Bouygues, mais aussi de la fédération patronale de l’intérim (Prisme). À chaque action, leur revendication reste identique : obtenir des CDI des donneurs d’ordre pour qui ils travaillent souvent depuis des années comme intérimaires, afin de bénéficier de la régularisation par le travail. Ces actions ont payé : les 88 ont obtenu des promesses d’embauche (28 à Vinci, un à Eiffage, quatre à Rabot-Dutilleul, les 52 restants ont l’engagement de Man BTP de leur fournir suffisamment d’heures pour rentrer dans les critères du ministère).
La question des Roms en Italie
Source : site du Partito Comunista Internazionalista (Battaglia Comunista). Traduction par Notes Internationalistes de Rom — Alcune considerazioni sulle vergogne della borghesia italiana, paru dans le BC informa du 31 mai 2008.
La question des Roms – Quelques considérations sur la honte de la bourgeoisie italienne
1. La Droite peut bien changer d’habits mais elle ne peut pas changer ses habitudes. Sitôt de retour au pouvoir, le gouvernement Berlusconi a déclenché une incroyable campagne de répression à l’encontre de la population Rom à Naples, Milan, Florence et en de nombreux autres lieux à travers l’Italie. La répression, le démantèlement des camps et les arrestations ont permis d’alimenter un climat de chasse aux sorcières à leur endroit, le tout accompagné d’une proposition de loi sans précédent sur la «sécurité» dans le nouveau paysage politique, également sans précédent, avec une autre formation politique qui tient encore à se déclarer être la Gauche. [1]
2. Mise à part cette question des nouveaux habits couvrant de vieux péchés, l’opération anti-roms a un objectif évident — créer un climat de peur et d’insécurité sociale comme marchepied pour préparer la prochaine étape, qui est le passage aux questions que l’ensemble de la classe ouvrière doit vraiment redouter — la précarité, le chômage, les salaires de famine, l’inflation et l’insécurité face à l’avenir.
3. La politique sociale du nouveau gouvernement est une politique de prévention. Elle prépare une nouvelle période de larmes et de sang pour le monde du travail. Le nouveau président de la Confindustria, la confédération du patronat, l’a déjà admis et Berlusconi s’y est déjà engagé. Mais quoi de mieux qu’une manœuvre de diversion pour détourner les regards du public sur les attaques planifiées. Il est plus aisé de gloser contre les Roms et les sans-papiers qui peuvent être arrêtés et expulsés du pays que de chercher du travail, alors même que lorsqu’on en trouve, il est souvent précaire et mal rémunéré.
4. Ce nouvel exemple de nettoyage ethnique nous rappelle que, comme tous les autres, il est la conséquence du capitalisme. Les Roms sont synonymes de marginalisation et de faim et vivent dans une pauvreté que la société préfère ignorer. Mais, lorsque cela fait son affaire, la classe capitaliste choisit la criminalisation et la répression plutôt que de tenter de les intégrer, pour la bonne et simple raison que cela serait trop onéreux et, qu’en ces temps difficiles, le capital a vraiment autre chose à faire.
Violences, misère et discriminations : Le quotidien des femmes rroms de Serbie
Mariages précoces, viols, maltraitance, discrimination à l’école et au travail… Voilà le quotidien de nombreuses femmes rroms en Serbie. Cette violence n’existe pas qu’à l’intérieur du cercle familial. Les ONG Bibija, Eureka et Ženski prostor, à l’origine d’enquêtes sur le sujet, accuse aussi la police de contribuer à la situation catastrophique de ces femmes, faute d’intervention. Trop souvent, les femmes rroms refusent également de dénoncer leurs agresseurs.
Elles sont battues, mais vivent toujours avec leurs agresseurs. Les femmes de nationalité rrom victimes de violences se résignent souvent à cette situation. Aujourd’hui, trente femmes rroms se trouvent dans deux foyers sécurisés. Les autres ont peur d’être stigmatisées par leur famille et leur communauté. S’en aller serait une honte. Les retiennent aussi la dépendance économique, l’absence de biens, d’un autre endroit où elles pourraient se réfugier, et enfin le grand dilemme « de ne pas séparer la famille ».
« Souvent, la police n’intervient pas quant il s’agit de femmes rroms »
La violence au sein du couple est le problème de beaucoup de femmes en général. Dans le cas des femmes rroms, ce mal s’aggrave par une méfiance réciproque entre elles et la police. Les femmes rroms sont nombreuses à ne pas dénoncer leurs oppresseurs, et si elles le font, la police n’intervient pas. Ce qui, indique le rapport des ONG, entraîne dans certains cas l’aggravation des mauvais traitements.
Dix Rroms sur un total de soixante-trois ont dit qu’elles étaient quotidiennement victimes de violence psychique et physique dans la famille, et ont demandé l’aide de la police. Cette dernière est intervenue efficacement dans quatre cas seulement. L’Etat abandonne les victimes à leurs agresseurs, et/ou ne dépose pas de plainte contre eux.
Selon le témoignage de femmes rroms, les membres de la police (MUP) refusent souvent de les protéger. Dans certains cas, eux aussi les maltraitent.
D’après Vera Kurtićiz, de l’organisation Ženski prostor, il n’est pas rare que la police n’intervienne pas quand elle s’aperçoit qu’il s’agit de femmes de nationalité rrom.
Contre la casse du service d’accueil des demandeurs d’asile : Rassemblement le 12 novembre
Les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et les centres d’accueil d’urgence des demandeurs d’asile (CAUDA ou AUDA) hébergent des personnes persécutées dans leur pays et les aident à préparer leur dossier d’asile. Pour pouvoir entrer dans ces centres, les demandeurs d’asile doivent venir de pays qui ne sont pas considérés comme “sûrs” (c’est-à-dire des pays sensés “respecter les droits de l’homme”) et qui ne font pas partie de l’Union européenne (car considérés de fait comme sûrs). La liste de ces pays sûrs qui a été établie par l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) comprend seize pays dont la Géorgie (pays qui après la guerre de l’été dernier et les purifications ethniques est toujours au bord de l’explosion, sans parler de la dictature maffieuse de Saakachvili), le Mali (où 91% des femmes subissent l’excision) ou le Sénégal (où en février 2008 une vingtaine d’hommes avaient été arrêtés à Dakar pour la seule raison qu’ils auraient été homosexuels), etc. Cette liste de pays sûrs est un des exemples des différentes législations, tant françaises qu’européennes, qui remettent en cause le droit à l’asile politique.
En plus, l’Etat français supprime petit à petit les budgets alloués à l’accueil d’urgence pour arriver d’ici quelques mois à une suppression totale au motif qu’il y aurait moins d’arrivée de personnes demandant l’asile. Dans le Doubs, après un premier plan social au CAUDA (Centre d’Accueil d’Urgence des Demandeurs d’Asile) de l’Hygiène Sociale du Doubs début 2008 (cinq suppressions de postes), ce sont maintenant six postes qui sont menacés à l’ADDSEA (deux au CADA La Fayette à Besançon, deux au DLHD de Pontarlier et deux au CADA Albert Camus de Bethoncourt). Au CADA La Fayette, des salarié(e)s sont menacés de licenciement. Et au CAUDA de l’Hygiène Sociale du Doubs aussi, des emplois sont menacés.
Si nous assistons très clairement à la liquidation, par le gouvernement, de l’accueil d’urgence des réfugiés, c’est aussi l’ensemble du dispositif d’accueil et d’accompagnement des réfugiés et demandeurs d’asile qui est attaqué. Aujourd’hui déjà, les financements ne sont pas accordés pour des besoins aussi vitaux que la nourriture ou la santé. Pour 2009, le budget national de l’ensemble du ministère de l’immigration enregistre une baisse de 15,7%, baisse d’autant plus inquiétante que si ce budget prévoit une hausse de l’enveloppe concernant entre autres les Centres de Rétention Administrative et les expulsions (436 millions contre 414 l’an dernier), le budget « accueil et accès à la nationalité », lui, subit une diminution drastique (77,8 millions contre 195 millions dans le budget 2008).
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