Solidarité Ouvrière

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Germaine Tillion, le décès d’une femme de combats

Résistante et ancienne déportée, Germaine Tillion est décédée, hier, dans sa 101 e année. Cette pionnière de l’ethnologie était également une opposante viscérale à tous les totalitarismes.

Chercheuse, enseignante et militante des droits de l ’ Homme, Germaine Tillion aura fait de la lutte pour la connaissance et la J ustice , le combat de toute sa vie. « Ce qui m’a rendue lucide, c’est l’ethnographie. Elle m’a rendue dès le départ respectueuse de la culture des autres », expliquait à la fin de sa vie cette ethnologue, décédée hier à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) dans une famille d’intellectuels, elle n’a que 27 ans quand elle part dans le massif montagneux des Aurès (sud-est algérien) pour mener ses observations sur la population berbère chaouïra. Elle y effectuera quatre missions jusqu’en 1940. Dès son retour en France, Germaine Tillion, révulsée par le discours du maréchal Pétain annonçant l’armistice, co-fonde le « Réseau du Musée de l’Homme », le tout premier mouvement de Résistance. « J’ai vomi - ce n’est pas une image - dans les dix minutes qui ont suivi le discours de Pétain. A l’époque, expliquait-elle, je n’étais pas communiste. Ni anticommuniste. J’étais antihitlérienne, d’emblée. »

Dénoncée, elle sera arrêtée en août 1942, avant d’être déportée à Ravensbrück où sa mère Emilie ne survivra pas. Ce violent chagrin, Germaine Tillion le portera toute sa vie.

Une opérette à Ravensbrück
Au camp, elle continue à observer et s’emploie à disséquer « l’incroyable société » où elle est plongée. Elle se fait également « l’animatrice d’une sorte d’opération survie », réussissant à écrire, cachée dans une caisse, une opérette cocasse sur l’enfer des prisonnières, pour distraire ses compagnes. Joué pour la première fois l’an dernier, au Châtelet, « Le Verfügbar aux enfers » est diffusé actuellement au musée de Bretagne, qui consacre une exposition à l’ethnologue (*). «Si j’ai survécu, je le dois à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et, enfin, à la coalition de l’amitié », décrit-elle dans « Ravensbrück », un ouvrage magistral.

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avril 21, 2008 Publié par xxx | 8) Culture, France | | Pas de commentaire

Arrestation de Jamyang Kyi, chanteuse féministe tibétaine

Jamyang Kyi a été arrêtée par la police chinoise le 1er avril et a disparu depuis le 7 avril. On ignore son lieu de détention.

Jamyang Kyi a été arrêtée le 1er avril et a disparu depuis le 7 avril. On ne sait pas quelles charges sont retenues contre elle, et on ignore son lieu et ses conditions de détention ; il y a toutefois de fortes raisons de craindre qu’elle soit torturée.

Présentatrice à Qinghai Télévision depuis vingt ans, Jamyang Kyi est aussi une chanteuse populaire au Tibet depuis la sortie de son premier album en 1997, “Message du coeur“. Elle a deux filles : l’aînée, 17 ans, est scolarisée à Pékin et la cadette, 5 ans, vit à Xining (Qinghai).

Née en 1965 en Amdo, province traditionnelle du nord-est tibétain maintenant incorporée à la province chinoise du Qinghai, Jamyang Kyi est issue d’une famille rurale de la préfecture autonome tibétaine de Tsolho (chinois : Hainan). Elle n’avait encore jamais eu maille à partir avec la police. Mais, d’après Radio Free Asia, les services de sécurité chinois ont interrogé ces dernières semaines des Tibétains qui se sont déjà rendus à l’étranger. Or, Jamyang Kyi avait été invitée en mars 2006 à New York, où elle avait chanté dans le cadre de concerts de musique tibétaine, en compagnie de chanteurs tibétains exilés, motif qui peut avoir contribué à son arrestation.

Une des premières bloggeuses de langue tibétaine

Outre ses activités de chanteuse (elle a enregistré plusieurs albums et DVD depuis le début des années 1990, dont “Karma” et “Amant lointain“), elle avait entrepris depuis 2005 de composer de courts essais sur le sort des femmes tibétaines, issus de son expérience de journaliste et de son histoire personnelle. Plusieurs de ses textes ont été publiés dans “Les Nouvelles du Qinghai” en tibétain, occasionnant de nombreux coups de fil et de lettres à la rédaction du journal. En effet, elle abordait dans ses écrits des problématiques controversées : les mariages forcés, les unions inter-ethniques, notamment entre Tibétaines et musulmans, l’éducation des enfants tibétains dans les villes chinoises, mais aussi le sort de femmes en général.

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avril 18, 2008 Publié par xxx | 2) Féminisme, droits des femmes et luttes anti-sexiste, 7) Répression, 8) Culture, Chine | | 2 commentaires

“Persépolis” autorisé au Liban

Les autorités libanaises sont revenues jeudi sur la décision d’interdire la diffusion au Liban du film d’animation “Persépolis“, après de vives critiques dans les milieux politiques et culturels, a annoncé la Sûreté générale dans un communiqué.La Sûreté générale, qui avait interdit “Persépolis“, a précisé que c’est le ministère de l’Intérieur, dont elle dépend, qui a “décidé d’autoriser la diffusion du film au Liban“.

Mercredi, le général Wafiq Jizzini, directeur de la Sûreté générale, avait déclaré à l’AFP avoir interdit le film car “des responsables chiites ont estimé que le film s’attaquait à l’Islam et à l’Iran“.

Le bureau de la censure (qui relève de la Sûreté) a jugé que si le film était visionné, il allait créer des tensions avec l’Iran“, a déclaré M. Jizzini.

Une source gouvernementale s’exprimant sous le couvert de l’anonymat avait également déclaré à l’AFP que le film avait déplu au chef de la Sûreté, considéré comme un proche du Hezbollah.

Il est clair que le général Jizzini est proche du Hezbollah et ne veut pas autoriser ce genre de film qui, selon lui, donne une image de l’Iran plus mauvaise que sous le Chah“, a estimé cette source.

Mais la Sûreté générale a nié dans un communiqué “l’existence de motivations personnelles, politiques ou confessionnelles derrière la décision d’autoriser ou de ne pas autoriser un film en général“, selon le communiqué publié jeudi.

L’interdiction du film, critiqué par les autorités iraniennes pour sa peinture de la Révolution islamique, avait suscité une vive polémique dans les milieux politiques et culturels au Liban, qualifiant la mesure de “terrorisme intellectuel“.

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mars 28, 2008 Publié par xxx | 6) Leur société, 8) Culture, Liban | | Pas de commentaire

Quel sera l’impact de la grève des scénaristes sur les scénaristes eux-mêmes ?

Les scénaristes de cinéma et de télévision sont en grève depuis le 5 novembre. Leur lutte contre les studios et réseaux de télé gigantesques sur la question d’une rémunération convenable pour le matériel diffusé sur Internet et autres médias est acerbe.

Les scénaristes ont droit à ce qu’ils demandent — en fait, ils ont droit à beaucoup plus. L’industrie cinématographique et télévisuelle est contrôlée par une couche parasitaire corporatiste dont le rôle est de décider ce que la population des Etats-Unis et du monde devrait voir et écouter afin de s’assurer que d’immenses profits continuent d’affluer vers une poignée de conglomérats. Pour remplir cette fonction rétrograde de philistin, ils reçoivent d’énormes montants et vivent royalement.

Comme l’a un jour noté Brecht en parlant des couches dirigeantes, « Peut-être ont-elles besoin d’être ainsi, mais elles n’ont pas besoin d’être. »

Un programme rationnel et socialement progressiste pour la grève des scénaristes doit débuter par la prémisse que les moyens de production et de distribution de cinéma, de télévision et d’autres médias doivent être arrachés de l’étau de GE, Time Warner, Disney, News Corp., Viacom et les autres et devenir propriété du public et sous son contrôle. Atteindre un tel objectif n’est pas chose facile. Une rupture politique avec le Parti démocrate, une identification consciente avec les luttes de la classe ouvrière internationale et la construction d’un mouvement socialiste sont nécessaires.

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janvier 30, 2008 Publié par xxx | 6) Leur société, 8) Culture, USA | | Un commentaire

“It’s a Free World !” : travail, morale, tout est flexible

L’héroïne du nouveau film de Ken Loach se prénomme Angie. C’est une belle blonde, généreuse en décolleté, blouson de cuir noir et moto, à l’inlassable combativité. Elle incarne un nouveau type de personnage dans l’oeuvre de ce cinéaste des petites gens et des travailleurs maltraités.En 1985, Ken Loach a réalisé un film sur les mineurs en grève contre Margaret Thatcher qui s’intitulait Which Side Are You On ? (Dans quel camp êtes-vous ?). Pour ce défenseur forcené des combats de la classe ouvrière, il n’y a jamais eu d’ambiguïté.

Il fut du côté des travailleurs de Riff-Raff (1991), émigrés de régions économiquement sinistrées vers la capitale et condamnés aux emplois temporaires, sans protection sociale. Du côté des licenciés de Raining Stones (1993), soumis aux files d’attente de l’aide sociale. Du côté de Joe, le chômeur de longue durée de My Name is Joe (1998), condamné aux jobs au noir. Ou de Maggie, chanteuse de pub cabossée par la vie (Ladybird, 1994), qui se bat pour récupérer les enfants que lui ont retirés les services sociaux. Rien de changé dans It’s a Free World ! : nous sommes passés de l’ère Margaret Thatcher à l’ère Tony Blair, mais le cinéaste, plus que jamais acharné à dénoncer les injustices et réveiller les consciences, est toujours solidaire des exploités. A ce détail près, qui rend son propos plus complexe : son film montre comment une victime du système devient à son tour un rouage de l’exploitation dans ce que l’on appelle “le miracle anglo-saxon”.

Angie est un pur produit de la politique libérale, vouée à l’énergie d’entreprendre, au culte des affaires et de l’individualisme. Elle est formatée pour se tailler coûte que coûte une place au soleil, peu regardante sur les moyens. Au monde de son père, un docker qui a connu l’apogée du syndicalisme, a succédé celui de l’argent roi, le règne de la compétitivité et du chacun pour soi. Avec l’invention d’un concept dévastateur : celui de la flexibilité, qui favorise la précarité des emplois.

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janvier 1, 2008 Publié par xxx | 8) Culture, Grande-Bretagne | | Pas de commentaire