Emeutes et état d’urgence à Erevan
Des scènes de pillage se sont produites samedi soir dans le centre d’Erevan, où le président arménien Robert Kotcharian a décrété l’”état d’urgence” après des heurts entre manifestants de l’opposition et policiers.
“Je déclare l’état d’urgence dans la ville d’Erevan du 1er au 20 mars“, a annoncé le chef de l’Etat dans un communiqué diffusé par son service de presse.
Il s’agit de “mettre fin à la menace à l’ordre” public et de “défendre la loi et les droits de la population“, a-t-il expliqué.
Dans le même temps, des magasins, dont les vitrines ont été brisées, ont été vidés de leur contenu et des dizaines de voitures ont été incendiées en marge de la manifestation, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les policiers avaient, quant à eux, complètement disparu des artères sur lesquelles les désordres avaient lieu.
Huit d’entre eux ont été blessés par balle, dont certains grièvement, a annoncé la police.
“Le pouvoir est entièrement responsable de ces affrontements. Nous avions dit que pour que la situation se règle pacifiquement, il fallait que Levon Ter-Petrossian (le chef de l’opposition placé aujourd’hui en résidence surveillée par les autorités, ndlr) puisse aller parler à ses partisans“, a réagi le porte-parole de Levon Ter-Petrossian, Arman Moussinian.
“L’état d’urgence, c’est tout ce que voulait le pouvoir“, a-t-il encore dit.
“Désormais, le président, c’est le peuple !“, s’est exclamé un des manifestants, Arsen Nikaelian, sur une avenue de la capitale arménienne en proie à des scènes de pillage. “On a été forcé d’agir comme ça“, a-t-il ajouté.
Environ 20 millions de personnes ont des revenus insuffisants pour subvenir aux besoins de leur famille dans les pays de la CEI, a indiqué vendredi Vladimir Chtcherbakov, secrétaire de la Confédération générale des syndicats (VKP) au cours du sixième congrès de la VKP. “Aujourd’hui, environ 20 millions de personnes ont des revenus insuffisants pour faire vivre leur famille dans les pays de la CEI. Cela suscite de vives inquiétudes, en particulier concernant le faible niveau des salaires dans les logements communaux dans les exploitations des villages, dans le domaine des sciences, de l’éducation, de la santé et dans autres branches budgétaires. Pour beaucoup d’entre eux, les ouvriers des entreprises qui gagnent 300 ou 400 dollars par mois sont riches“, a déclaré M. Chtcherbakov.
Zara, âgée de 20 ans, qui habite à Yérévan, sait qu’elle est exploitée par ses employeurs, mais déclare aussi qu’elle ne peut rien faire contre cela.
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