Les queers défendent leurs droits
Svetlana Djurković, présidente de l’association « Queer » (en anglais : étrange, curieux, singulier) de Sarajevo depuis 2002, est une des rares personnes en Bosnie-Herzégovine à s’être mobilisée pour la défense de la liberté d’orientation sexuelle. Dans les pays des Balkans, ce genre d’associations ne courent pas les rues. Svetlana Djurković nous explique ce que signifie et implique être « queer » en Bosnie-Herzégovine.
Née à Zagreb en 1974, Svetlana a grandi à Sarajevo. En 1991, elle partait aux États-Unis pour un échange universitaire qui devait durer dix mois, mais la guerre qui a éclaté dans son pays natal a fini par prolonger ce séjour de… dix ans ! Diplômée en anthropologie et en sciences sociales, Svetlana a toujours été intriguée par les questions se rapportant au nationalisme, aux conflits ethniques et à la création d’une identité nationale. De retour en Bosnie depuis septembre 2002, elle s’occupe toujours de la question de l’identité, « mais d’une autre manière »…
En effet, elle a fondé en 2002, avec un ami, l’association « Queer », qui existe officiellement depuis février 2004. Sur le modèle européen et américain, cette association s’occupe de la promotion des droits de la personne, par le biais de la protection de la culture et de l’identité des personnes LGBTTIQ (lesbiennes, gays, bissexuelles, transsexuelles, transgendres, intersexuées, queer).
CdBIH : Comment est née l’association « Queer » ?
Svetlana : Dès mon retour en Bosnie en 2002. Il y avait deux personnes au départ, mon collègue Bratić et moi. Je savais qu’il n’y avait pas d’association de ce genre ici. Moi, j’avais déjà milité en Amérique. À Washington, j’ai pris part dans le projet « Femmes en noir », qui était lié au conflit israélo-palestinien. Puis, j’ai travaillé avec les réfugiés de Bosnie. Pendant un temps, j’ai travaillé dans une école aussi. Cependant, j’avais envie de m’occuper de cette question. Six mois avant de rentrer, j’ai quitté mon travail, et je me suis mise à prendre les coordonnés de tous les gens qui étaient liés à ce sujet, d’une manière ou d’une autre.
A Tuzla, la prostitution fleurit depuis le début de la guerre en 1992, sous un modèle désormais classique dans les Balkans. Pour une fois, quelques responsables ont été arrêtés, mais ce trafic implique tellement de gens, pour certains haut-placés, que l’éradication des réseaux n’est pas une mince affaire.
Les psychiatres évoquent des désordres psychiques graves, conséquences directes de la dernière guerre. La moitié des habitants des villes de Bosnie-Herzégovine assiégées durant la guerre présenteraient tous les symptômes des syndromes post-traumatiques. La santé mentale de toute la nation se trouve sérieusement mise en danger, mais le système de santé est débordé, et la plupart des gens ne sont même pas conscients de leur état !
Les employés du secteur de la santé se sont mis en grève pour demander l’uniformisation des salaires dans toute la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Les malades semblent pour l’instant prendre leur mal en patience et soutenir les grévistes.
Alors que chaque jour nous montre la réalité de la barbarie capitaliste, ce site a pour objet de suivre l’actualité du point de vue de la classe ouvrière. En effet, alors que le capitalisme ne nous offre que toujours plus de guerre, de chaos, de misère et d’atrocités, nous pensons que seule l’organisation des travailleuses et des travailleurs est capable d’offrir un autre futur à l’humanité.

