Grève des infirmiers au Cameroun
Des hôpitaux publics sont paralysés depuis deux jours par une grève des infirmiers, suite au mouvement de débrayage lancé par le Syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (SYNPEMS), a-t-on constaté.
A l’hôpital Laquintinie (Central) de Douala où la grève est très suivie, 280 infirmiers ont décidé d’arrêter le travail, exigeant la régularisation de leur situation, notamment leur intégration dans la fonction publique.
La situation devient de plus en plus intenable dans les hôpitaux, a constaté le correspondant d’APA, puisque les infirmiers ont décidé de mettre fin au service minimum auxquels ils étaient astreints depuis vendredi.
Visiblement déterminés, les organisateurs de la grève ont demandé à partir de lundi que les « infirmiers temporaires restent chez eux», une démarche qui complique la situation des usagers dont beaucoup reconnaissent que la détérioration. (…)
Selon des témoignages, sur quelque 400 infirmiers en service à l’hôpital central de Douala qui compte un millier de lits, 280 sont des temporaires.
Cameroun : Appel à trois jours de grève d’avertissement
A Tous Les Présidents et Secrétaires Généraux des Organisations Syndicales du Cameroun
Yaoundé, le 29 Décembre 2008
Chers Camarades,
La Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC) vient de déposer sur la table du Gouvernement un préavis de grève d’avertissement de (03) trois jours qui court du Mardi 30 décembre 2008 au Mardi 6 janvier 2009 inclus dont copie.
Aussi, permettez-nous de vous lancer un vibrant appel pour que chacune de vos organisations se joignent à nous pour une action collective face à ce Gouvernement dont la principale mission a toujours été de diviser les travailleuses, les travailleurs et leurs organisations syndicales pour mieux violer leurs droits et l’ensemble des libertés consacrées par les conventions internationales qu’il a pourtant librement ratifié.
Camarades,
Les marches et les sit-in ont fait leur temps et n’ont produit aucun résultat. Les exemples sont légion. Il est aujourd’hui temps que nous arrêtions ensemble un plan d’action autour d’une grève générale. Une action qui peut aller au-delà des centrales syndicales, et qui associe les composantes de la société civile pour que le gouvernement se mette au service des populations. Nous devons dire non à l’agonie des travailleuses et des travailleurs.
Face à la malheureuse situation que connaisse l’ensemble des forces vives de notre pays, l’histoire ne nous pardonnera pas notre inertie face à la demande sociale qui est vraiment lancinante et face à ce que nous considérons comme une misère sociale des populations.
Lutte des ouvriers des constructions navales et industrielles du Cameroun
Les activités ont été perturbées lundi et mardi au Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC), puisque des personnels qui observent un mouvement de grève pour exiger la régularisation de leur statut social ont décidé de bloquer l’accès à l’entreprise.
Plus de deux cents travailleurs, constitués en majorité des temporaires ayant effectué pour d’aucuns plus trois ans travail sans être embauchés, ont décidé d’observer un débrayage, suite à la décision de la direction générale de se séparer d’eux « sans autre forme de procès ».
Munis de pancartes, où on pouvait lire, « nous demandons à être recrutés ou indemnisés », «les stagiaires sont embauchés pour une durée de six mois et non pour trois ans », «nous luttons pour notre avenir parce que nous sommes dans nos droits », les manifestants ont pu être délogés chaque fois, avec l’intervention des forces de l’ordre.
Selon des manifestants, ces derniers auraient pu être embauchés depuis un an, ceci après avoir suivit la formation ainsi que des tests psychotechniques au cours d’une séance de sélection organisée par l’entreprise.
« Au terme de cette formation, nous étions supposés être embauchés, ou du moins signé un contrat de travail. Mais suite aux perturbations qu’a connu l’entreprise, nous nous retrouvons aujourd’hui sans emploi, et pire, la direction refuse de nous payer quelque indemnité que ce soit », ont souligné les manifestants.
Les grévistes qui ont affiché leur détermination jusqu’à ce que « justice soit faite », ont déclaré avoir épuisé toutes les voies du dialogue.
Grève des releveurs de l’AES SONEL
Une grève des releveurs paralyse depuis quelques jours les activités de l’AES SONEL, la société américano-camerounaise chargée de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation de l’énergie électrique au Cameroun, a constaté mercredi APA à Douala.
Les releveurs qui demandent leur intégration comme employés de AES SONEL après « plus de quatre années comme temporaires », ont décidé de se mettre en grève.
«Nous sommes fatigués d’entendre les mêmes promesses alors que concrètement, rien n’a changé. Pourtant, après une période d’essai de trois mois renouvelable une fois, nous devions déjà être engagés conformément à la législation du travail au Cameroun », ont souligné les grévistes.
Cette grève qui tend à se durcir pourrait avoir de grosses conséquences dans les prochaines semaines, avec un risque de voir les recettes diminuer, puisque de nombreux abonnés pourraient ne pas recevoir leur facture de consommation du mois d’août.
Les tentatives de conciliations menées par les syndicats, en occurrence, la Confédération générale des travailleurs (CGT-Liberté), la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (CSTC) et l’Union des syndicats libres du Cameroun (CSTC), n’ont rien donné.
ASECNA : Grève des aiguilleurs du ciel de 17 pays
Les aéroports des 17 pays membres de l’ASECNA observent depuis le 29 juillet dernier à 13 heures, un mouvement de grève paralysant l’ensemble du trafic aérien pour protester contre les mauvaises conditions de travail et de traitement généralisés dans les différentes antennes nationales. Ce mouvement de grève débuté dans l’antenne de Niamey, au Niger, fait suite à un préavis déposé à la tutelle depuis le 30 juin dernier et devrait se poursuivre jusqu’au 31 juillet prochain.
Les avions sont au hangar dans les 17 pays membres de l’Agence pour la sécurité et la navigation aérienne (ASECNA), dont les agents ont entamé un mouvement de protestation général suite à la non satisfaction des points de revendications déposées à la tutelle depuis le 30 juin dernier.
A la crise institutionnelle s’ajoute une crise sociale. Depuis le 29 juillet dernier à 13 heures, les tarmacs des 17 pays membres sont paralysés suite au mouvement de protestation parti de l’aéroport de Niamey, au Niger, pour dénoncer la violation généralisée des droits des agents de l’ASECNA dans les différentes antennes nationales.
Cette grève est consécutive au dépôt d’un préavis de grève par la Fédération des associations professionnelles de contrôleurs aériens de l’Asecna (FAPCAA) auprès de la tutelle depuis le 30 juin dernier. La FAPCAA y exigeait la satisfaction de cinq points de revendication.
Les agents protestent contre les sous-effectifs, l’insuffisance de la formation et de la protection juridique, les difficiles conditions de travail ou encore le non-paiement de certaines indemnités.
Ils réclament notamment le relèvement du niveau d’accès à la formation initiale au Diplôme d’études universitaires générales scientifiques. Cette revendication a par ailleurs fait l’objet d’une résolution des ministres de tutelle en 2003 mais n’est toujours pas mise en œuvre.
Quand l’homophobie alimente la propagation du VIH
La persistance, voire la recrudescence, des violences à l’encontre des membres de la communauté gay en Afrique menace les efforts déployés pour lutter contre le VIH non seulement au sein de ce groupe, mais aussi de la population générale, ont averti des activistes lors d’une récente rencontre à Limbé, au Cameroun.
Au cours de cette rencontre, qui a réuni début juillet de nombreux activistes de la lutte contre le sida dans les pays d’Afrique francophone dans le sud-ouest du Cameroun, à l’initiative de l’organisation non gouvernementale française AIDES et de ses partenaires africains, l’extrême vulnérabilité des membres de la communauté gay face au VIH sur le continent a été soulignée par les participants.
En moyenne, d’après les estimations, les taux d’infection au VIH sont quatre à cinq fois supérieurs chez les MSM (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, en anglais) qu’au sein de la population générale, avec des pics dans certaines zones.
A Bamako, la capitale malienne, des tests de dépistages effectués auprès de quelques centaines de MSM ont révélé un taux d’infection d’environ 37 pour cent, selon ARCAD-SIDA, une association malienne de soutien aux personnes vivant avec le VIH/SIDA. Les données officielles établissent le taux national d’infection de la population à 1,3 pour cent.
Au Sénégal, une enquête menée en 2005 a montré que 21,5 pour cent des MSM de la capitale, Dakar, étaient infectés au VIH, comparé à un taux national de prévalence estimé par les autorités à 0,7 pour cent.
Pourtant, a rappelé le rapport « Off the map » de l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC), une organisation américaine de défense des droits des homosexuels, réalisé en 2007, « la vulnérabilité des hommes et femmes ayant des relations sexuelles avec des personnes du même sexe n’est due à aucune prédisposition biologique, mais est le résultat d’un ensemble de violations des droits [humains] et d’inégalités sociales qui augmentent le risque d’infection au VIH ».
Kienké : Grève à la Socapalm
En grève, les ouvriers dénoncent des conditions de travail et de vie indignes.
C’est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) – filiale d’un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail. En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.
Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s’entasse avec ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s’enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres, pour rentrer dans un des sept campements d’ouvriers installés au cœur de la plantation.
Cameroun : Au moins 100 morts victimes de la répression
Des défenseurs des droits de l’homme camerounais ont accusé mercredi le gouvernement de Yaoundé d’avoir caché le véritable bilan des émeutes de la semaine dernière, qui serait, selon une organisation, d’au moins 100 morts.
Le ministre de la Communication, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, a assuré mardi sur les ondes de Radio France Internationale que 17 personnes avaient trouvé la mort dans ces événements et a accusé les ONG des droits de l’homme d’exagérer le bilan.
Mais Madeleine Affite, coordinatrice pour la province du Littoral de l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), a affirmé mercredi que le bilan véritable était supérieur. La province du Littoral comprend la capitale économique, Douala, et plusieurs autres villes qui ont connu ces émeutes, déclenchées à la suite d’une grève des chauffeurs de taxi pour protester contre les prix des carburants.
L’ordre régne au Cameroun !
“L’ordre régne dans le sud” titrait le 29/2 le quotidien gouvernemental “Cameroon Tribune” après que le calme soit revenu, en apparence, à Douala. Aujourd’hui le même “ordre” et le même “calme” semblent régner sur tout le pays : l’ordre des bourreaux et le calme des cimetières.
Selon “News Info” du premier mars :
Nouveau Bilan des Violence : plus d’une centaine de morts déjà
Crise sociale et politique au Cameroun : un nouveau rapport publié par la « Maison des Droits de l’Homme », à Douala, évalue le nombre de morts à plus d’une centaine. Des politiques réclament déjà une « Commission Internationale Indépendante d’Enquête » pour faire la lumière sur les violences des derniers jours qui ont endeuillé de nombreuses familles.
Le Bilan des massacres des forces de répression du régime néocolonial contre les populations civiles au Cameroun ne cesse de s’alourdir d’heures en heures. En dehors des tueries de présumés manifestants dans les rues, des enlèvements nocturnes ont lieu dans des domiciles et des personnes arrêtées sont conduites vers des destinations inconnues.
Dans un nouveau Bilan rendu public ce 1er Mars à Douala par Mme Madeleine Afité, la coordonnatrice de la Maison des Droits de l’Homme à Douala, le nombre des victimes de la folie meurtrière du gouvernement camerounais est extrêmement lourd et s’élèverait provisoirement à plus d’une centaine de morts, des milliers d’arrestations et un nombre inconnu de personnes enlevées et dont les familles sont sans nouvelles depuis plusieurs jours. des la situation est très critique et le Bilan.
A Douala, les violences ont cédé la place à la peur et l’amertume
“Le calme est revenu. Mais on se barricade quand même à double tour“, explique Paul en ouvrant les nombreux cadenas posés sur sa porte ; son quartier, Village, à la périphérie de Douala, a été particulièrement touché par les violences de cette semaine au Cameroun.”On a peur“, se justifie ce quadragénaire.
Après la vague d’affrontements entre forces de l’ordre et bandes de jeunes, provoquée par la hausse des prix du carburant et des produits de première nécessité, la situation revient peu à peu à la normale.
Le marché de Village rouvre timidement. Situé sur la route qui relie Douala, le poumon économique du pays, à Yaoundé, la capitale administrative, il attire normalement une grande activité.
Dans une ruelle, un menuisier taille du bois, tandis que le trafic de taxis et de moto-taxis, complètement à l’arrêt depuis le début de la semaine, est redevenu dense.
Quelques voitures renversées et calcinées gisent encore le long des trottoirs. Les stations-service de la zone, toutes complètement dépecées et saccagées, sont hors d’état de fonctionner.
“Des bandes de vandales qui venaient d’autres quartiers ont profité du mouvement de grève pour tout casser et se servir“, raconte Flore, une mère de famille. “On les a vus traverser le quartier, transportant des bouteilles de gaz ou des ordinateurs sur la tête“.
Les derniers coups de feu tirés par les forces de l’ordre pour lever les barricades, faites de pneus enflammés, dressées par les manifestants ont été entendus vendredi à l’aube.
“Pendant quatre jours, on est resté chez nous, cloîtrés, barricadés. Partout il y avait des coups de feu, de nuit comme de jour, on n’a pas réussi à dormir“, explique Paul. “Ceux qui ont essayé de sortir ont été tués à bout portant par les forces de l’ordre. C’est comme ça qu’un de nos voisins a été tué“, assure-t-il.
Toutes nos excuses pour les problèmes techniques qui n’ont pas permis la mise à jour du site pendant presque un mois.

